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Acerta: Le partage des travailleurs, c’est l’avenir (proche)

Lors du tout premier débat en ligne HR Crossroads organisé par Acerta, Nathalie Muylle (ministre de l'Emploi), Wim Adriaens (VDAB), Chris Botterman (Boerenbond), Deb Vansteenwegen (KU Leuven) et Jan Van Raes (UZ Brussel) ont partagé leur vision orientée vers l’avenir du partage des travailleurs.

Le samedi 11 avril, le cabinet restreint a pris de nouvelles mesures pour remédier à la pénurie de main-d'œuvre dans les secteurs critiques. Les secteurs agricole et horticole, par exemple, doivent faire face à une énorme pénurie de main-d'œuvre. Lors du tout premier débat en ligne HR Crossroads organisé par Acerta, Nathalie Muylle (ministre de l'Emploi, de l'Economie et des Consommateurs), Wim Adriaens (administrateur délégué du VDAB), Chris Botterman (responsable des affaires sociales du Boerenbond), Deb Vansteenwegen (directrice RH de la KU Leuven) et Jan Van Raes (directeur RH de l’UZ Brussel) ont partagé leur vision orientée vers l’avenir du partage des travailleurs.

Passage rapide d’une « pénurie de main-d'œuvre » à un « excédent de main-d'œuvre »

Chez Acerta, les employeurs multiples font partie du paysage depuis un certain temps déjà. Cependant, l'apparition du coronavirus a accéléré le déploiement de ce principe. Notre société se trouve à un tournant, car avec près de 1,3 million de compatriotes en chômage temporaire, nous parlons actuellement d’un excédent de main-d'œuvre. Alors qu’il y a quelques semaines de cela, nous parlions encore de « pénurie de main-d'œuvre ».

De nombreuses entreprises mettent leurs travailleurs en arrêt et font appel au chômage temporaire pour faire face au choc du coronavirus. Parallèlement, nous constatons une pénurie dans certains secteurs cruciaux. Ce potentiel inutilisé pourrait donner un coup de main ailleurs.

De nouvelles mesures offrent de nouvelles possibilités

Nous devons donc chercher un nouvel équilibre. Les nouvelles mesures prises le week-end dernier sont un pas dans la bonne direction :

  1. À partir du 1er avril, les chômeurs temporaires ont la possibilité de travailler dans les secteurs de l’horticulture et de la sylviculture de manière temporaire, flexible et sans perte de revenu. Pour une journée de travail, les travailleurs touchent un salaire normal pour le poste occupé et conservent 75 % de l’allocation de chômage ;
  2. Un assouplissement des horaires de travail flexibles, du détachement et du travail temporaire pour faciliter la mise à disposition temporaire des travailleurs fixes d’autres entreprises pour des employeurs de secteurs critiques.

Vous voulez en savoir plus sur les nouvelles mesures ? Consultez la FAQ d’Acerta

Le Boerenbond demande de telles mesures depuis un certain déjà. « Quelque 15 000 ouvriers saisonniers sont nécessaires en avril afin de pouvoir garantir l’approvisionnement alimentaire. Avec ce cumul, nous espérons motiver les chômeurs à apporter leur pierre à l’édifice tout en bénéficiant d’un petit plus », déclare Chris Botterman, responsable des affaires sociales du Boerenbond.

Gagnant-gagnant pour toutes les parties concernées

Wim Adriaens est également satisfait des mesures. « En temps normal, les principes font rapidement surface, mais maintenant la recherche de solutions concrètes est très pragmatique. La main-d'œuvre potentielle inutilisée peut ainsi renforcer ses compétences tout en touchant un bénéfice financier. De plus, cela peut inspirer d’autres systèmes d’allocations. »

Selon Chris Botterman, tout le monde est gagnant quand il est question d’employeurs multiples : « L’ONEM économise environ un quart, le gouvernement touche un revenu supplémentaire grâce aux impôts, le travailleur gagne un petit supplément et l’employeur a suffisamment de bras pour effectuer le travail. »

Viser une employabilité durable

Cependant, ce n’est pas évident pour tout le monde de faire appel à des personnes supplémentaires. Certainement pas dans le secteur des soins de santé. Jan Van Raes : « On entend dire que le secteur des soins de santé souffre de pénurie de personnel. Le contraire est vrai : entre-temps, 3000 aide-soignants sont en chômage temporaire. Le secteur des soins de santé a plutôt besoin d’un transfert des hôpitaux vers les maisons de repos et de soins. Il faut toutefois avoir les bons profils et les bonnes spécialisations pour cela. Une formation est souvent nécessaire. »

De plus, vous risquez de voir des personnes décrocher si vous les obligez à travailler pour un autre employeur ou un autre service. Une approche motivante est beaucoup plus efficace. La KU Leuven essaie d’équilibrer l’offre et la demande. « Nos collaborateurs qui travaillent à domicile sont demandeurs pour pouvoir apporter leur pierre à l’édifice et prêter main-forte là où le besoin s’en fait le plus ressentir. En tant qu’université, nous remplissons une fonction sociale importante et nous devons étudier dans quelle mesure nous pouvons mettre cela en place et avec quels partenaires. »

Jan Van Raes exprime son inquiétude pour les personnes qui travaillent à domicile. « L’inquiétude et l’incertitude qui les rongent sont difficiles à gérer. En les occupant à nouveau, on leur donne à nouveau un sens. Ceci est bénéfique pour leur bien-être physique et mental. »

Les bons accords font les bons amis

La volonté d’aider affichée par différents groupes est frappante. D’un autre côté, il existe encore une certaine réticence. « C’est pourquoi il est important de bien intégrer ces mesures, dans le respect des conditions de salaire et de travail. En outre, nous devons continuer à suivre de près le processus, afin d’identifier ce que l’on pourra garder pour l’avenir et l’intégrer dans un cadre réglementaire. Nous sommes en tout cas curieux de voir quel succès cela aura dans les mois à venir et quelles leçons nous pourrons en tirer », déclare Chris Botterman.

Approche axée sur l’avenir par secteur

Nathalie Muylle, ministre de l'Emploi, de l'Economie et des Consommateurs, est également optimiste : « En février, nous étions un des premiers pays à assouplir le système de chômage temporaire. Cette mesure est d'application jusqu’au 19 avril et sera d’office prolongée jusqu’au 13 mai. Entre-temps, nous avons également résolu certains problèmes techniques et nous sommes prêts pour la prochaine phase où nous tenterons de mettre en relation les bonnes personnes avec les bons secteurs et employeurs. Cette demande reste particulièrement forte dans les secteurs horticole et agricole. »

Est-ce que la relance est pour bientôt ? « Personnellement, je suis plutôt favorable à une procédure automatique et un examen au niveau sectoriel pour voir ceux que nous devons redémarrer en premier et ceux qui ont éventuellement besoin d’un soutien. »

 


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La possibilité de faire travailler ses travailleurs pour un autre employeur est strictement réglementée en Belgique. Il existe toutefois des possibilités.

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