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Une cogestion de l’entreprise avec les syndicats plébiscitée?

Pas moins de 69% des travailleurs estiment que les syndicats méritent de siéger au conseil d’administration de l’entreprise qui les emploie. C’est la conclusion la plus marquante de l’étude quadriennale sur les possibilités de participation des travailleurs au sein de leur entreprise, réalisée par Randstad à l’occasion des élections sociales.

Depuis 2004, Randstad étudie, à l’occasion des élections sociales, la manière dont le travailleur évalue en Belgique les possibilités de participer à la vie de l’entreprise qui l’emploie. Cette étude révèle à chaque fois que les syndicats, surtout là où ils sont effectivement présents, peuvent compter sur un soutien massif au sein de l’entreprise. C’est également ce qui ressort de cette cinquième étude. Les travailleurs sont globalement positifs, et par extension d’ailleurs également favorables à la concertation sociale au sein de l’entreprise.

Aucun élément n’indique que ce soutien s’affaiblira au fil du temps. En 2020, 70% des travailleurs continuent à faire confiance aux syndicats. 53% se sentent même fortement concernés par ces derniers. Et pour sept travailleurs sur dix, les syndicats devraient même siéger dans le conseil d’administration de l’entreprise. Les cadres sont encore 46% à partager cet avis. Un chiffre élevé lorsqu’on sait que ni les syndicats, ni les employeurs n’y sont favorables. La CSC, longtemps favorable à cette idée, s’en est écartée en 2015.

« Ce chiffre élevé en faveur de la concertation est peut-être l’occasion pour les partenaires sociaux d’y réfléchir à nouveau, commente Sébastien Cosentino, porte-parole de Randstad Group et expert du marché du travail. Des pays tels que la Suède et l’Allemagne démontrent que ce modèle peut parfaitement fonctionner. Encore faudrait-il que les partenaires sociaux sortent de leur zone de confort. La question est de savoir s’ils en seront capables. »

Léger recul dans la perception de ses propres possibilités de participation

La vision globalement positive des travailleurs à l’égard des syndicats et des relations sociales dans l’entreprise n’empêche pas une légère baisse de satisfaction à l’égard des possibilités de participation personnelles au sein de l’entreprise. C’est valable pour l’entreprise dans son ensemble, pour le département où l’on travaille et pour le poste de travail que l’on occupe. En 2012, le score moyen pour sa propre entreprise s’élevait à 6, pour descendre à 5,7 en 2020. Ce recul se manifeste dans tous les sous-groupes envisagés. Après le confinement, une très légère baisse a encore été observée, avec un score de 5,6. La question qui s’impose est de savoir si les possibilités de participation dans l’entreprise diminuent réellement au fil du temps, ou s’il ne s’agit pas plutôt d’attentes accrues de la part des travailleurs.

La légère baisse de satisfaction en termes de possibilités de participation n’a pas d’effet direct sur la satisfaction au travail, la motivation ni l’implication dans le succès de l’entreprise. Ces trois paramètres restent globalement stables (respectivement 6,7, 6,8 et 6,4 lors du premier sondage). Le deuxième sondage effectué après le confinement du printemps a même fait apparaître des taux de satisfactions encore légèrement supérieurs dans les trois cas (respectivement 6,9, 7 et 6,6).

Le taux de satisfaction des méthodes de participation institutionnelles (conseil d’entreprise, délégation syndicale, comité pour la prévention et la protection au travail) reste très stable par rapport à 2016 (respectivement 6,3, 6,3 et 6,4).

Le coronavirus ne change (provisoirement) pas la donne

Le premier sondage ayant été réalisé avant le déclenchement de la crise du coronavirus, la décision a été prise de réaliser un deuxième sondage en juin de cette année. Cette deuxième mesure n’a toutefois livré aucune nouvelle constatation. « Rien n’indique que les relations sociales se soient globalement dégradées au sein des entreprises pendant le confinement. Il est probable que la pression montera quelque peu en automne, lorsque le nombre de dossiers de restructuration augmentera », conclut Sébastien Cosentino.

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