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Un travailleur sur trois n'est pas prêt pour la digitalisation

C’est ce qui ressort de la dernière enquête de StepStone et la KULeuven: 26% des répondants estiment que leurs compétences professionnelles actuelles seront bientôt dépassées par les nouvelles technologies, tandis que 58% disent avoir besoin d'une formation et d'une orientation supplémentaires en matière de technologie pour continuer à exercer leur emploi actuel.

Lorsqu'on leur demande où se situent leurs connaissances et leurs capacités professionnelles par rapport aux progrès techniques et numériques actuels, un répondant sur trois (36%) s'inquiète du fait que ses compétences actuelles ne sont pas suffisantes. De plus, 49% ont déclaré qu'ils/elles devront effectuer des tâches dans leur profession à l'avenir pour lesquelles ils/elles ne sont pas bien formés pour le moment. Plus d’une personne interrogée sur quatre (26%) a même déclaré que ses compétences actuelles seront bientôt dépassées en raison des nouvelles technologies. De plus, 13% ont peur de ne pas être en mesure de maîtriser leur profession à l'avenir, car elle changera fortement en raison des nouvelles technologies.
 
Il est intéressant de noter que la crise sanitaire actuelle aura très probablement accéléré les développements technologiques et les processus d'automatisation en raison de l'évolution vers une économie « sans contact ». À l'été 2020, 57% des employeurs/euses belges ont déclaré qu'ils/elles investiraient dans l'augmentation de l'infrastructure numérique et technique dans les mois à venir.

C'est l'une des raisons probables pour lesquelles plus de la moitié des personnes interrogées (58%) dans le cadre de cette étude estiment avoir besoin d'une formation complémentaire en technologie pour pouvoir continuer à exercer leur métier. « Regardez par exemple l'utilisation fortement accrue de logiciels de collaboration comme MS Teams ou Slack, commente Steven Van Dalem, responsable de la Formation et du Développement chez StepStone. Avant la Covid, beaucoup d'employé·e.s de bureau n'utilisaient ces plateformes qu'une ou deux fois par semaine. Aujourd'hui, ils/elles y consacrent plusieurs heures par jour. Connaître les bases d’utilisation de ces outils n'est plus suffisant. Les gens veulent se sentir à l'aise avec les logiciels qu'ils/elles utilisent. La demande de formation est montée en flèche. »

Inquiétude des plus âgés

Comme on pouvait s'y attendre, les employé·e.s interrogé·e.s âgé·e.s de 50 à 65 ans semblent avoir un score plus élevé en ce qui concerne l'insécurité liée à leurs compétences professionnelles. Ainsi, ces employé·es semblent s'inquiéter davantage de voir leurs connaissances professionnelles actuelles devenir obsolètes et ne plus être à la hauteur des développements technologiques. De plus, les travailleur·ses manuel·les ont également déclaré être plus insécurisé·es. Il n'y avait pas de différence selon le genre ou le sexe, ce qui ne remet pas en cause le fait que d'autres facteurs modifiables peuvent influencer ces résultats.

Diminution de l’engagement

Les conséquences de cette insécurité concernant les compétences professionnelles sont claires : elle a un impact négatif significatif sur l'engagement au travail, la vie ainsi que la satisfaction professionnelle du/de la salarié·e. Plus concrètement, 27% des personnes interrogées ayant obtenu un score élevé pour l'insécurité concernant leurs compétences ont déclaré avoir des niveaux d'engagement au travail plus faibles, contre seulement 15% des employé·es ayant obtenu un score plus faible. Les résultats sont similaires en ce qui concerne la satisfaction au travail (23% pour ceux/celles qui ont obtenu un score élevé en matière d'insécurité des compétences professionnelles contre 11% pour ceux ayant obtenu un score plus faible) et la satisfaction dans la vie (8% contre 4%).

Bien qu'il n'y ait pas d'impact direct sur les performances professionnelles, une réduction du bien-être ainsi que de la satisfaction au travail et dans la vie pourrait à son tour affecter négativement les performances. Ainsi, l'effet sur les performances pourrait être indirect, par le biais du bien-être, et pourrait avoir un impact sur l'organisation.

Steven Van Dalem conclut : « Il est dans l'intérêt de tout employeur/euse d'investir dans la formation et le développement de son personnel. Bien sûr, le développement n'est pas gratuit, mais ce coût est dérisoire par rapport au coût de l'absence d'investissement dans votre personnel. Le vieil adage est toujours d'actualité: ‘Que se passe-t-il si nous formons nos collaborateurs/rices et qu'ils/elles partent?’, demande le premier manager. ‘Que se passe-t-il si nous n'investissons pas dans la formation et qu'ils/elles restent?’, répond le second. Avoir des employé·es heureux·ses et bien formé·es est toujours payant. »

 

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