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Un tiers de cyclistes en moins sur la route du travail

L’année 2020 a débuté comme une bonne « année vélo », mais cette tendance a finalement connu une baisse, qui s’est poursuivie en 2021. La baisse se confirme surtout chez les employés, qui ont souvent été obligés de travailler à domicile. Chez les ouvriers, il y a une légère augmentation.

Ces dernières années, le nombre de travailleurs cyclistes qui bénéficient d'une indemnité vélo spécifique via leur employeur n'a cessé d'augmenter. Avec à chaque fois un pic pendant les mois d'été et une baisse pendant les mois d'hiver. Nous préférons toujours rouler à vélo dans des conditions météorologiques idéales. SD Worx a analysé les données concernent les travailleurs qui effectuent (partiellement) leurs déplacements domicile-lieu de travail à vélo et reçoivent à cet effet une indemnité vélo spécifique de leur employeur. Le nombre total de navetteurs cyclistes est probablement encore plus élevé.

« En 2021, nous voyons qu’un travailleur sur sept (14%) reçoit encore une indemnité vélo pour les kilomètres parcourus entre son domicile et son lieu de travail, soit une baisse d’un tiers, analyse Valérie t’Serstevens, Legal consultant chez SD Worx. Avant le coronavirus, près d’un quart (22%) des travailleurs étaient concernés. La baisse se situe chez les employés, qui ont souvent dû travailler à domicile en raison du coronavirus. Chez les ouvriers, il y a une légère augmentation, de sorte qu’ils arrivent au même niveau que les employés en 2021. »

La spécialiste perçoit une autre tendance: « Il y a plus de femmes que d’hommes qui bénéficient d’une indemnité vélo, mais les femmes reçoivent en moyenne une indemnité vélo inférieure. Cette situation s’explique de différentes façons. Les femmes sont par exemple fortement représentées dans le secteur des soins de santé, qui connaît une indemnité vélo obligatoire. Souvent, elles habitent plus près de leur lieu de travail et par conséquent, elles parcourent des distances plus courtes que les hommes. Le montant médian par cycliste et par an est passé de 73,92 € en 2019 à 91,20 € en 2020. Il est toutefois retombé à 76,80 € (pour les 8 premiers mois de 2021). L’indemnité vélo est un bel incitant pour pousser les travailleurs à utiliser le vélo. Le bénéfice réside toutefois surtout dans le fait de faire plus d'exercice physique ; un plus pour la santé. »

Aucune obligation légale n'impose à l’employeur d’indemniser les travailleurs qui roulent à vélo pour leurs efforts. L’indemnité vélo est un incitant volontaire, sauf si elle a été convenue au niveau sectoriel, comme dans le secteur des soins de santé. Souvent, l’octroi est réglé par l’employeur lui-même, au niveau de l’entreprise.

Le nombre de travailleurs qui bénéficient de cette indemnité vélo exonérée connaît un net recul depuis 2020. Le Covid-19 et le travail à domicile obligatoire lui ont mis des bâtons dans les roues. L’employeur ne peut en effet octroyer l’indemnité vélo que par kilomètre effectivement parcouru entre le domicile et le lieu de travail. Si cette indemnité ne dépasse pas 0,24 EUR par kilomètre effectivement parcouru entre le domicile et le lieu de travail, elle n’est pas soumise aux cotisations ONSS ou aux impôts.  

Fortes baisses en Brabant flamand et à Bruxelles

« Près d’un quart des travailleurs de Flandre orientale peuvent compter sur une indemnité vélo par kilomètre parcouru. À Bruxelles, nous constatons une réduction de moitié des travailleurs (de 11,8% en 2019 à 6,7% en 2021), mais la plus forte baisse concerne les travailleurs actifs dans le Brabant flamand : de 18,5% à 8,7% »,  confirme Valérie t’Serstevens. Pour les employeurs qui octroient une indemnité vélo, nous constatons que son succès est moindre en Wallonie. La part des employeurs y est inférieure à 10%. La mesure est la mieux intégrée dans les grandes entreprises; elle est la moins courante dans les entreprises de moins de 20 travailleurs.


« À Bruxelles, nous constatons une réduction de moitié des travailleurs (de 11,8% en 2019 à 6,7% en 2021), mais la baisse la plus forte concerne les travailleurs actifs dans le Brabant flamand: de 18,5% à 8,7% » précise-t-elle. Pour les employeurs qui octroient une indemnité vélo, nous constatons que son succès est moindre en Wallonie. La part des employeurs y est inférieure à 10%. La mesure est la mieux intégrée dans les grandes entreprises; elle est la moins courante dans les entreprises de moins de 20 travailleurs.

« Les allocations vélo sont actuellement moins populaires en Wallonie, mais cela pourrait bientôt changer. Le gouvernement wallon souhaite promouvoir l'utilisation du vélo pour les déplacements domicile-travail et accorde une subvention pour l'achat d'une bicyclette (d'occasion). Toutefois, ce véhicule doit être utilisée régulièrement (au moins 40% des déplacements) par le salarié pour ses déplacements domicile-travail. Il n'est donc pas exclu qu'en Wallonie aussi, une augmentation de l'indemnité vélo soit imminente, si les employeurs veulent stimuler davantage leurs navetteurs à vélo. »

« Dans une année normale, nous constatons toujours une baisse de ces chiffres à l'approche de l'hiver, conclut-elle. Le fait que cela se fasse sentir de la même manière cette année dépend de plusieurs facteurs. La météo belge a un impact, tout comme le facteur d'incertitude de COVID-19, qui rend encore beaucoup de gens prudents: si le temps est favorable, les gens peuvent sauter sur leur vélo pour des distances plus courtes plutôt que de prendre les transports publics. La manière dont les entreprises et les employés mettront en œuvre la combinaison du travail à domicile et du bureau jouera également un rôle. Pour dresser un tableau complet, il faudra attendre l'automne. »

 

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