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Se recycler? Nécessaire pour les autres, mais pas pour moi!

La formation continue est surtout une réalité chez les travailleurs. Ils sont ceux qui suivent le plus de formations, ce qui est nettement moins le cas des demandeurs d’emploi et des non-travailleurs. De plus, l’apprentissage se fait principalement dans le cadre du job. Pourtant, près de la moitié de la population est d’avis que les travailleurs devraient se recycler en prévision de la transformation, voire la disparition de nombreux jobs. Mais à peine 15% estiment devoir eux-mêmes se recycler.

Il y a encore du pain sur la planche! C’est le constat que l’on peut tirer à la lecture de la nouvelle étude menée par Randstad Research auprès de 2.000 personnes. Elle révèle que les travailleurs se forment nettement plus souvent que les non-travailleurs. Ainsi, 50% des travailleurs de 18 à 65 ans ont suivi au moins une formation l’année dernière, en lien ou non avec le travail. Chez les demandeurs d’emploi, ce pourcentage passe à 35%, la moyenne de la population globale étant de 41%. Bien entendu, de fortes divergences apparaissent entre travailleurs en termes de statut, de formation de base et de classe sociale.

Pour le job actuel, pas pour la carrière

La majorité des formations suivies (70%) sont liées au travail, les 30% restants ne le sont pas. Parmi les travailleurs, le rapport est même de 77 à 23%. Le principal moteur qui pousse à suivre une formation est la volonté d’acquérir des connaissances sur un sujet précis (44%) ou de mieux exercer sa fonction actuelle (39%).

La perspective de carrière récolte un score étonnamment faible: à peine 7% indiquent suivre une formation dans le but d’augmenter leurs chances de trouver un autre emploi, 4% de monter leur propre entreprise et 3% de minimaliser les risques de perte d’emploi.

Le recyclage, c’est pour les autres

On remarquera le faible pourcentage d’interrogés jugeant utile de se recycler. Si près de la moitié de la population (45%) estime qu’il est globalement nécessaire de se recycler, à peine 15% des répondants trouvent utile de se recycler eux-mêmes.

Le principal facteur qui dissuade de suivre une formation est l’inutilité de celle-ci pour le job (50%). Le second motif invoqué est le manque de temps pour cause de tâches familiales (20%). Avec à peine 7%, le prix de la formation joue un rôle à peine significatif.

Impact de l’âge et du genre

C’est jusqu’à l’âge de 40 ans que les travailleurs se forment le plus: dans les catégories des travailleurs de 18-29 et de 30-39 ans, plus de la moitié (56-57%) suivent au moins une formation par an. Passé 40 ans, la proportion chute à 43%, ce qui reste un taux important. Ensuite, cette proportion ne baisse plus parmi les travailleurs.

Il est frappant de constater que près de la moitié (47%) des travailleurs de 60 ans et plus suivent également au moins une formation par an. Il s’agit d’un élément important à la lumière de l’allongement de carrière. C’est aussi la preuve que l’apprentissage tout au long de la vie est une réalité sur le lieu de travail. C’est nettement moins le cas en dehors du travail.

Hommes et femmes suivent à peu près autant de formations les uns que les autres, qu’ils aient un travail ou non. À noter que les hommes ont un peu plus tendance à suivre des formations à caractère professionnel (76%), les femmes optant plus souvent pour des formations sans lien avec le travail (35% contre 65% de formations à caractère professionnel).

Niveau de formation et classe sociale

Le fossé en termes de formation reste significatif sur le lieu de travail. Les cadres suivent 2,5 fois plus de formations que les ouvriers, les employés se situent à mi-chemin entre les deux statuts. La différence entre classes sociales est encore plus marquée : la classe sociale la plus élevée se forme quelque cinq fois plus que la moins élevée. Avec la volonté de décrocher un emploi, la classe sociale est la variable la plus prédictive pour suivre une formation.

Des cours de langues en hobby, pas pour le travail

Avec un score de 19%, les aptitudes personnelles (communication, techniques de présentation, assertivité,…) sont les plus populaires des formations axées sur le travail, suivies de près par les cours d’ICT (16%) et les formations en finances, comptabilité et gestion du personnel (15%). Fait marquant : parmi les formations liées au travail, les cours de langues se classent dans les derniers, avec à peine 5%.

Contrairement au taux enregistré dans les formations à caractère professionnel, les formations linguistiques ont la cote en termes de développement personnel: avec 18%, elles se classent en deuxième position parmi les formations suivies à des fins non professionnelles, après les formations lifestyle, lesquelles jouissent d’une grande popularité (27%) auprès des travailleurs comme des non-travailleurs.

Les employeurs, premiers dispensateurs de formations

Les employeurs belges sont, avec un score de 34%, de loin les premiers dispensateurs de formations pour les travailleurs. Les instituts de formation privés les talonnent avec 32%, les dispensateurs publics (FOREM/EFP et IFAPME/EPFC) et le secteur non marchand arrivant loin derrière (10%). Avec seulement 3%, les plateformes numériques ne jouent qu’un rôle marginal, alors qu’elles offrent une solution efficace aux problèmes de temps et de déplacements.

En termes de formations liées au travail, la Belgique accuse un certain retard sur ses pays voisins. Au sein de l’Europe et de l’OCDE, notre pays se situe dans la moyenne. Ce retard n’est pas dû à l’offre de formations proposées par les entreprises. En investissant significativement plus par travailleur que dans les pays voisins et comparables, les employeurs belges font mieux que la moyenne à cet égard.

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