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Recul sans précédent des activités d’intérim en raison du Covid-19

Au mois de mars, le nombre d’heures d’intérim prestées a diminué de 21% par rapport au mois précédent (en données corrigées des variations saisonnières), indique Federgon. Cette baisse résulte d’une évolution négative dans les deux segments: le nombre d’heures prestées a diminué de près de 22% du côté des ouvriers et d’un peu plus de 20% du côté des employés. En à peine deux semaines, plus de 54.000 intérimaires (ETP) ont perdu leur travail.

Par rapport au mois de mars de l’année précédente, le secteur de l’intérim affiche une baisse de -24,51%. Ce chiffre résulte d’une diminution de -25,66% dans le segment des ouvriers, et de -22,96% dans le segment des employés. La baisse concerne les trois régions du pays.

Mars 2020, un mois à deux visages

Les conséquences du Covid-19 se font sentir de manière très inégale sur l’ensemble du mois de mars. Les deux premières semaines montrent une évolution relativement normale, comparable au niveau des mois précédents. À partir de l’annonce des fermetures obligatoires le jeudi 14 mars, et de l’annonce du confinement le mardi 17 mars, la situation s’est détériorée de manière drastique. Au cours de la seconde quinzaine de mars, l’activité du secteur de l’intérim a enregistré un recul très marqué d’environ 46% en volume.

Cette baisse d’une rapidité et d’une ampleur sans précédent peut s’expliquer par l’impact des fermetures obligatoires d’entreprises, mais aussi et surtout des fermetures consécutives à des chocs de demande, des problèmes d’approvisionnement ou des difficultés à appliquer les mesures de sécurité et d’hygiène dans de nombreuses entreprises. La baisse des activités d’intérim est donc synchrone avec la forte augmentation du chômage temporaire. Les deux données sont très nettement inversement corrélées.

Un impact très marqué sur le nombre d’intérimaires

La forte baisse des activités d’intérim signifie qu’en à peine deux semaines, plus de 54.000 intérimaires (ETP) ont perdu – temporairement ou définitivement – leur travail. Pour les intérimaires qui étaient en mission chez un utilisateur au moment du confinement et qui vont pouvoir normalement reprendre le travail chez ce même utilisateur lors du redémarrage, le régime du chômage temporaire pour force majeure a pu être demandé.

Les chiffres replacés dans une perspective historique

L’indice Federgon a atteint 84,95 points en mars 2020 contre 107,69 points le mois précédent. Cet indice rend compte du niveau de l’activité au cours du mois étudié par rapport au mois de janvier 2007 (base 100), en chiffres désaisonnalisés. Cela signifie que l’indice Federgon de mars 2020, qui ne reflète les effets de la baisse d’activité que pour la moitié du mois, est déjà retombé au niveau de décembre 2008, en pleine crise économique et financière. Nous pouvons d’ores et déjà conclure que les effets de la crise du Covid-19 pèseront beaucoup plus lourd que ceux de la crise du crédit de 2008.

Un secteur crucial et agile

Le secteur du travail intérimaire est un secteur crucial pour notre économie et notre marché du travail. Le travail intérimaire est l’instrument du marché du travail le plus largement utilisé et le plus approprié pour les entreprises qui sont aujourd’hui à la recherche de personnel ou qui ont besoin de flexibilité. Dans des circonstances extrêmement difficiles, le secteur a fait preuve de responsabilité et d’agilité. Le secteur est toujours resté opérationnel, mais est passé à 90% en mode digital. Au cours de cette période, le secteur du travail intérimaire est aussi le lien indispensable entre, d’une part, les entreprises dans des secteurs tels que le secteur médical et des soins de santé, la logistique, la grande distribution et l’industrie alimentaire qui, en raison de la crise du Covid-19, cherchent des renforts de personnel et, d’autre part, les intérimaires qui cherchent du travail.

Prévisions

« Les prévisions pour avril sont dans une large mesure comparable aux chiffres de la seconde quinzaine du mois de mars. Il ne semble pas qu’il soit question d’une nouvelle baisse dans l’immédiat, indique Paul Verschueren, Director Research & Economic Affairs chez Federgon. Le secteur du travail intérimaire est prêt à jouer pleinement son rôle dans la relance. À court terme, en aidant les entreprises et les secteurs à redémarrer ou à rebondir, mais aussi à plus long terme en soutenant notre économie et notre marché du travail dans le processus de transition et de transformation qui, sous l’influence de cette crise, connaîtra un coup d’accélérateur. »

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