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Promotions internes: encore du pain sur la planche sur le chemin de l’égalité des genres

Bien que les jeunes femmes soient mieux qualifiées que les hommes et qu’elles accèdent plus aisément au marché du travail, elles bénéficient moins que les hommes de promotions, même en tout début de carrière (lorsqu’il n’est généralement pas encore question d’enfants).

Près d’un travailleur sur quatre dit avoir bénéficié d’une promotion au cours des cinq dernières années, d’après une enquête menée par Randstad Research. Par promotion, on entend la transition vers une fonction dotée de responsabilités plus nombreuses et d’un salaire et/ou d’avantages plus importants. Chez la grande majorité d’entre eux, cette promotion a été obtenue au sein de l’entreprise (83%). La promotion ne se limite pas à quelques segments spécifiques du marché du travail, mais les écarts sont bien sûr importants d’un groupe à l’autre. Les managers ont le plus de chances de décrocher une promotion: 60% contre à peine 17% parmi les métiers élémentaires. Entre les diplômés du supérieur et du primaire, il existe également un écart, quoique moins prononcé (34 contre 22%). Celui-ci est même carrément nul entre titulaires d’un diplôme du secondaire et du primaire. La plupart des promotions se concentrent dans la tranche des 25-34 ans (38%), pour ensuite redescendre à 29%. Mais la promotion n’est pas marginale pour autant en début (-25) et, plus étonnant encore, en fin de carrière (19 et 17%).

Bien que la promotion soit clairement liée à l’âge et à l’ancienneté, il est frappant de constater que même en tout début et en fin de carrière, la promotion n’est pas un fait marginal. Ce qui veut dire que les promotions s’étalent tout au long de la carrière, même si le pic se manifeste clairement en première moitié de carrière. Passé l’âge de 35 ans, on observe déjà une tendance à la baisse. Si les carrières se rallongent, nous pourrions nous attendre également à un glissement de cet âge pic.

L’étude montre que les hommes restent davantage bénéficiaires de promotions que les femmes (33 contre 21%). Chez les haut diplômés, l’écart entre hommes et femmes n’est pas inférieur à celui constaté parmi les diplômés du secondaire et du primaire. Dans ces deux derniers groupes, 11 points de pourcentage séparent hommes et femmes, contre même 14 parmi les diplômés du supérieur. Mais la plus grande surprise vient des jeunes femmes (-25 ans), dont le décalage avec les hommes reste de 11 pp. (respectivement 14 et 25%). Un décalage qui s’accentue plus tard, sans doute après l’arrivée des enfants. Ce fossé à un très jeune âge est d’autant plus frappant que l’âge moyen auquel les femmes quittent le foyer parental est de 24 ans et que l’âge moyen auquel elles ont leur premier enfant est de 29 ans. Ce n’est donc pas au moment où les tâches ménagères s’imposent et encore moins à l’arrivée des enfants que les femmes accusent du retard par rapport aux hommes. Ce schéma s’observe déjà plus tôt dans la carrière.

D’après Randstad, il n’est pas à exclure que certaines femmes anticipent dès leur début de carrière un futur rôle mêlant foyer et travail rémunéré. Autre explication possible: les femmes continueraient à opter pour des professions dans des carrières plates. Le comportement de la direction peut également jouer un rôle. Enfin, la cause pourrait également être recherchée dans la sphère des investissements dans les réseaux et les aptitudes à la négociation.

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