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Près d’un travailleur sur dix serait confronté à du cyberharcèlement au travail

Le plus souvent, ce phénomène consiste à entraver le travail de la victime en ignorant systématiquement ses e-mails et messages ou en lui empêchant l’accès à certains e-mails et fichiers. C’est ce qui ressort d’une enquête de la KU Leuven et d’IDEWE. Les victimes se sentent plus souvent épuisées mentalement, moins impliquées et insatisfaites.

Le cyberharcèlement est un phénomène déjà bien connu chez les jeunes, mais il est également fréquent sur le lieu de travail. Les auteurs de l’enquête qui a sondé 1.001 travailleurs en Belgique entendent par cyberharcèlement tout acte négatif dans les relations de travail qui se produit par le biais de canaux numériques potentiels. Il peut être de nature personnelle (diffuser des rumeurs ou des ragots) ou professionnelle (critiquer publiquement le travail d’autrui sur internet). Une troisième forme de cyberharcèlement au travail est l’intrusion qui consiste notamment à partager sur la toile des informations personnelles d’autrui, telles que des photos.
 
Pas moins de 9% des personnes interrogées ont indiqué qu’elles étaient confrontées au moins deux fois par semaine à du harcèlement sur le plan personnel ou professionnel et qu’elles avaient été victimes d’au moins une intrusion au cours des six derniers mois. 
 
Les formes les plus fréquentes (au moins une fois par mois) de cyberharcèlement au travail sont les suivantes:

  1. Vos e-mails, vos appels téléphoniques ou vos messages sont ignorés (32%).
  2. Quelqu’un retient des e-mails ou fichiers, ce qui rend votre travail difficile (9,6%).
  3. Votre travail est critiqué publiquement par le biais des outils numériques (8,7%).
  4. Vos e-mails sont envoyés à des tiers dans le but de vous nuire (8,2%).
  5. Des rumeurs et des ragots sont répandus à votre sujet par le biais des outils numériques (7,9%).
  6. Vous êtes insulté, menacé ou intimidé par le biais des outils numériques (6,2%).
  7. Des remarques répétées sur vous ou votre vie privée sont faites par l’intermédiaire des outils numériques (5,8%).
  8. Les informations personnelles (photos, etc.) sont publiées en ligne et partagées à travers des messages (5,5%).
  9. Quelqu’un vous a usurpé votre identité en ligne (5,3%).
  10. Vos informations personnelles sont piratées et utilisées dans le but de vous nuire (5%).

L’étude a démontré un lien manifeste entre le cyberharcèlement sur le lieu de travail et plusieurs conséquences négatives. Les victimes de cyberharcèlement se sentent ainsi plus souvent épuisées mentalement, moins impliquées et moins satisfaites au travail et elles ont également davantage tendance à quitter l’entreprise. 
 
« Les conséquences du cyberharcèlement au travail ne sont pas négligeables, explique le Prof. Dr Lode Godderis d’IDEWE et de la KU Leuven. C’est la raison pour laquelle j’appelle à adopter une approche rapide, ciblée et constructive afin de contrer ce phénomène. Elle commence par l’élaboration d’une politique de (cyber)harcèlement et d’une communication sur ce que c’est, comment le reconnaître et ce que vous pouvez y faire. Les supérieurs hiérarchiques et les collègues ont aussi un rôle à jouer, par exemple en se montrant attentifs aux signes de harcèlement (en ligne) tels que des médisances, des insultes et des remarques déplacées, et en faisant clairement comprendre qu’ils ne veulent pas être complices de tels actes. » 

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