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Pénuries de personnel: elles coûtent trois milliards aux entreprises belges, mais sans susciter la panique

Les entreprises privées européennes éprouvent de plus en plus de difficultés à trouver les compétences nécessaires à la poursuite de leur croissance. En Belgique, les pertes économiques ou le manque à gagner pour les entreprises induits par la pénurie de compétences sont estimés à 3,1 milliards d’euros pour 2018, indique une étude de PwC. Ils représentent une perte de 414 milliards d’euros à l’échelle des 31 pays européens analysés.

À l’heure actuelle, les entreprises trouvent peu de travailleurs qui possèdent les compétences adéquates. Toutefois, les entrepreneurs belges ne semblent pas vraiment inquiets à ce sujet. Seuls 23% des 90 répondants belges affirment que cette pénurie est problématique pour leurs activités, contre 47% en Europe occidentale, 41% aux Pays-Bas, 46% en Allemagne et 59% en France. Leur optimisme se traduit également par le fait que les entreprises privées anticipent une diminution sensible des pertes économiques induites par la pénurie de compétences à 1,9 milliard d’euros en 2019, soit une amélioration de 1,2 milliard d’euros par rapport à l’année dernière.

« L’étude montre que les entreprises privées belges affichent un optimisme supérieur à celui de leurs homologues européennes, avec des perspectives de croissance plus élevées et la conviction que, malgré le manque de personnel qualifié, elles devraient saisir davantage d’opportunités qu’en 2018, commente Philippe Vyncke, Entrepreneurial and Private Business Leader chez PwC Belgium. D’autre part, les besoins en experts numériques, en ingénieurs, en techniciens, en cadres supérieurs et en personnel auxiliaire sont plus importants en Belgique que dans les pays voisins. » Globalement, 41% des entreprises privées européennes placent les techniciens en tête de liste des profils les plus recherchés, devant les ingénieurs et le personnel auxiliaire.

Des sentiments mitigés à l’égard de la transformation numérique

64% des entreprises privées belges affirment que la numérisation constitue la clé de leur viabilité à long terme. Ce résultat s’inscrit dans la moyenne de l’Europe occidentale (65%), mais est nettement inférieur à celui des Pays-Bas ou du Royaume-Uni (85% chacun). Or, la numérisation semble encore en être à ses premiers balbutiements dans bon nombre d’entreprises privées. D’après l’étude, respectivement 77% et 79% des entreprises privées considèrent comme non pertinent l’impact de l’intelligence artificielle et de l’impression 3D. Seuls 33% des répondants estiment que la robotique est une technologie pertinente. L’Internet des objets enregistre un résultat légèrement supérieur avec 46%.

Priorités contradictoires en matière d’investissement

Malgré une prise de conscience croissante de la nécessité d’embrasser la transformation numérique, les dirigeants des entreprises privées d’Europe occidentale se disent préoccupés par un certain nombre de questions liées à la mise en œuvre des nouvelles technologies telles que les contraintes financières (47%), la charge de travail du personnel (40%), le manque d’expertise appropriée (36%), la culture/résistance au changement (33%) et les risques inhérents aux technologies/à la cybernétique (31%). Dans le même temps, 58% des entreprises privées interrogées dans les 31 pays européens ont l’intention d’allouer moins de 3% du total de leurs investissements à la numérisation au cours des cinq prochaines années – un contraste saisissant. En Belgique, près d’un quart des répondants (23%) prévoit de consacrer plus de 5% de leurs investissements à la numérisation.

Pour ce qui concerne le financement de la transformation numérique, la plupart des entreprises privées européennes (76%) affirment qu’elles financeront leurs efforts numériques en interne grâce au flux de trésorerie, ce qui soulève la question de l’impact d’une stagnation économique éventuelle. Quant aux investissements dans le cadre de leur transformation numérique, seuls 5% des entreprises privées européennes interrogées souhaitent les financer via les marchés des capitaux. Par ailleurs, 8% déclarent envisager le capital-investissement ou le capital-risque. En Belgique, aucun des répondants n’envisage un recours au capital-risque.

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