< Retour au sommaire

L’exercice d’équilibre entre travail au bureau et télétravail n'a pas encore atteint son plein potentiel

Maintenant que la recommandation de travailler à domicile a disparu (en Flandre et en Wallonie), la plupart des travailleurs passeront à nouveau plus de la moitié de leurs journées de travail au bureau. Un peu plus de six entreprises sur dix (61%) choisissent de faire revenir leur personnel au bureau au moins trois jours par semaine. Un dirigeant d’entreprise sur dix ne jure que par une présence totale sur le lieu de travail.

C’est ce qu’il ressort d’une enquête menée par Acerta en collaboration avec la KU Leuven et #ZigZagHR auprès de 280 entreprises. Néanmoins, le télétravail est désormais bien établi dans les entreprises belges et neuf entreprises sur dix sont positives quant au « travail hybride ». Le fait que 90% des employeurs optent pour le travail hybride implique également que 10% n’y adhèrent pas. La plupart d'entre eux – 9% – demanderont à leurs travailleurs de se rendre au bureau toute la semaine de travail. À l’autre extrémité du spectre, peu d'entreprises pratiquent le télétravail à 100%: 1%.

« Le travail hybride ne se prête pas à toutes les entreprises, commente Kathelijne Verboomen, directrice du centre de connaissances chez Acerta Consult. Il y aura toujours des entreprises où de nombreuses activités, sinon toutes, dépendent du lieu. Sur les 9% d'employeurs qui souhaiteraient voir leur personnel revenir complètement au travail au bureau, ce sont surtout les petites entreprises qui s’en tiennent à la forme de travail classique. » 34% des entreprises déclarent avoir une politique claire en matière de travail hybride et, là encore, ce sont principalement les grandes entreprises qui le font.

Des retours à l’« ancienne »

Dans le grand groupe (90%) qui opte pour le travail hybride, six entreprises sur dix (61%) demandent à leur personnel de travailler en premier lieu depuis le site de l’entreprise, avec le télétravail comme alternative. Concrètement, leurs travailleurs passeront au moins trois jours au bureau. 29% interprètent le travail hybride précisément à l’inverse : les personnes travaillent en premier lieu depuis leur domicile et se rendent parfois au bureau.

«  Nous préconisons le retour au bureau pour stimuler le lien entre l’employeur et ses collaborateurs, ajoute-t-elle. Ce n’est pas très grave qu’il reste deux ou trois jours de télétravail sur la semaine. L’essentiel est de remplir les journées passées au bureau d’activités à valeur ajoutée qu’il est préférable d’organiser dans les locaux de l’entreprise, comme les brainstormings, les réunions d’équipe, les entretiens individuels, etc. Il faut également se soucier des relations informelles qui ont tendance à disparaître à cause du travail à distance. »

La professeure Marijke Verbruggen, coordinatrice Work & Organisation Studies à la KU Leuven, ajoute: « Les employeurs sont conscients que les dirigeants ont déjà maîtrisé les défis plus techniques du travail hybride en équipe, mais qu’ils pourraient avoir besoin d’une formation et d’un accompagnement supplémentaires, par exemple en ce qui concerne le travail en équipe, l’encouragement d’initiative, l’autogestion par rapport au suivi, le coaching à distance. Plus le sujet est personnel, plus le site de l’entreprise est privilégié. Bien sûr, il y aura toujours des tâches qui seront mieux exécutées au bureau et d’autres qui le seront mieux depuis le domicile, mais nous constatons bel et bien que les esprits continuent de mûrir. Les possibilités ne sont certainement pas épuisées. »

Travail hybride, ce n’est que le début

« Le fait que 90 % des entreprises optent pour une forme de travail hybride est une révolution, souligne Kathelijne Verboomen. Il y a deux ans, nous n’en étions pas du tout là. Mais la concrétisation provisoire du travail hybride reste très prudente. Ce n’est que le début. Car en réalité, le travail hybride ne se cantonne pas au lieu de travail. Non seulement les gens ne travaillent plus toujours depuis le même lieu, mais ils ne travaillent pas non plus toujours au même projet ou à la même tâche au même moment. Outre le facteur lieu, il y a aussi le facteur temps : les gens travaillent parfois de manière synchrone (simultanée) et parfois de manière asynchrone, tout comme ils travaillent tantôt ensemble physiquement et tantôt séparés physiquement. Pour exploiter tout le potentiel du travail hybride, nous devrons jeter un nouveau regard sur de nombreux processus. Le fait est que les premiers pas ont maintenant été franchis. »

 

Sur le même sujet

Soyez le premier à réagir à cet article

Pour pouvoir réagir, vous devez vous connecter
< Retour au sommaire

Vous cherchez, vous trouvez!

HR Square | Revue, Infolettre, Réseau, Site web, Séminaires,...

Devenez membre maintenant!
Bénéficiez des avantages