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Les travailleurs ne pouvant pas télétravailler autant qu’ils le souhaitent plus à risques de burn-out

Les personnes autorisées à télétravailler moins qu’ils ne le souhaitent courraient un risque plus élevé de burn-out, à en croire une enquête menée par Securex auprès d’un échantillon représentatif de 1.512 travailleurs. Le risque de burn-out est 44% plus élevé pour ceux qui sont autorisés à faire moins de télétravail que souhaité. En 2019, le risque de burn-out chez les travailleurs était en moyenne de 8%. Chez ceux qui ne peuvent pas télétravailler autant qu’ils le souhaitent, ce risque est désormais de 12%.

Pour de nombreux travailleurs, le déploiement rapide du travail à domicile flexible a été une bénédiction, mais pour d'autres, une malédiction. Une enquête menée par Securex révèle que les personnes autorisées à télétravailler moins qu’elles ne le souhaitent courent un risque plus élevé (+44%) de burn-out. Lors du premier trimestre 2021, le télétravail était obligatoire pour tous ceux qui pouvaient en faire. Au cours de cette période, les salariés - dont l'emploi permet le télétravail - ont travaillé en moyenne 65% (3,3 jours) de leur temps de travail depuis leur domicile. Plus de la moitié des travailleurs (53%) ont travaillé à domicile quatre jours sur cinq ou plus. S’ils étaient libres de choisir, les collaborateurs interrogés souhaiteraient, en temps normal, travailler en moyenne 48% de leur temps à domicile (2,4 jours par semaine).

Liens entre le télétravail et le burn-out

Il n'y a pas de relation entre la quantité de télétravail et le risque de burn-out. Toutefois, les travailleurs n’étant pas autorisés à télétravailler autant qu'ils le souhaitent courent un risque de burn-out plus élevé. En 2019, les salariés couraient en moyenne un risque de burn-out de 8%. Pour ceux dont, au début de l'année 2021, le nombre de jours de télétravail effectifs a été équivalent au nombre de jours souhaités, ce risque est resté à peu près le même. Ceux qui étaient autorisés à télétravailler moins qu'ils ne l'auraient souhaité couraient néanmoins un risque de moitié plus élevé (12%, soit 44% de plus que le risque moyen) de burn-out. Plus l'écart entre la quantité souhaitée et la quantité réelle de télétravail est important, plus le risque est élevé.

« Ce n'est donc pas la quantité de télétravail qui a un impact sur le risque de burn-out, mais la correspondance entre la quantité souhaitée et la quantité réelle de télétravail, explique Heidi Verlinden, Research Project Manager chez Securex. Nous constatons très clairement que les travailleurs accordent une grande importance à l'autonomie: ceux qui sont autorisés à télétravailler moins que souhaité éprouvent un sentiment d'autonomie moindre et, en conséquence de cette frustration de leur autonomie, sont plus exposés au risque de burn-out. »

« La différence d'autonomie peut être due uniquement à la manière de travailler sur le lieu de travail, c'est-à-dire à la maison ou au bureau, mais aussi à la frustration de ne pas pouvoir faire face à des exigences professionnelles élevées en évitant les trajets domicile-travail et en travaillant à la maison durant ces heures libérées », ajoute Hans De Witte, professeur en psychologie du travail à la KU Leuven.

Au cours de la période durant laquelle nous avons mené l’enquête auprès des travailleurs, notamment entre le 1er janvier et le 1er avril 2021, le télétravail était obligatoire pour tous ceux qui pouvaient en faire. 25% ont ensuite travaillé à domicile autant qu'ils le souhaitaient, et 17% ont télétravaillé moins qu'ils ne le souhaitaient. Ce dernier groupe courait donc un risque plus élevé de burn-out. Au cours de la même période, 58% des travailleurs ont télétravaillé plus qu'ils ne l'auraient souhaité: étonnamment, ceux-ci couraient un risque plus faible (-36%) de burn-out.

Politique de télétravail flexible

« Le fait que les personnes qui travaillaient à domicile plus souvent qu'elles ne le souhaitaient soient moins à risque est surprenant, mais s'explique: les travailleurs savaient qu'il s'agissait d'une situation temporaire, que c'était la même chose pour tout le monde et que c'était justifié, commente Frank Vander Sijpe, Director HR Trends & Insights chez Securex. On peut aussi supposer que beaucoup d’entre eux travaillent pour des entreprises qui se soucient de la santé de leurs salariés, ce qui a toujours réduit le risque de burn-out, et qu’elles maximisent désormais le télétravail pour éviter les infections, ou dans des entreprises qui privilégient la confiance plutôt que le contrôle, et pour qui le fait que leurs salariés travaillent à distance ne pose pas de problème. »

« Les employeurs doivent avoir une politique de télétravail flexible qui laisse de la place à chaque salarié et à l'équipe, conclut Anja Van den Broeck, professeur en motivation et de gestion à la KU Leuven. En tant qu'employeur, vous souhaitez que vos salariés viennent au bureau lorsque les mesures le permettent? Ne leur imposez pas cela comme une obligation générale. Donnez la parole à vos salariés et expliquez-leur la valeur ajoutée de leur présence sur leur lieu de travail. Veillez également à ce que cela soit clair: une personne qui vient au bureau pour discuter en ligne toute la journée et/ou qui ne peut pas discuter avec ses collègues sera peu motivée pour venir au bureau. Cela ressemble alors à une obligation et le risque de burn-out augmente. »

 

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