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Les travailleurs continuent à travailler pendant un tiers de leurs jours de maladie

Le présentéisme est le phénomène par lequel les travailleurs malades ne fournissent pas de certificat médical, mais choisissent tout de même d’aller travailler ou de faire du télétravail. En 2019, le travailleur belge a continué à travailler pendant un tiers de ses jours de maladie. C’est une forte diminution comparé à 2014 (46%).

Ces chiffres sont issus d’une étude sur le présentéisme, réalisée par Securex auprès de 1.500 travailleurs en Belgique. « Il semble que les travailleurs optent de plus en plus pour leur propre santé, commente Heidi Verlinden, HR Research Expert chez Securex. C’est une bonne nouvelle, mais le fait de continuer à travailler en cas de maladie n’est ni bon ni mauvais. Tant le repos que le travail peuvent contribuer à un rétablissement rapide, en fonction de la situation médicale et professionnelle concrète. Les employeurs peuvent aider le travailleur à faire le bon choix en parlant de la santé et en cherchant ensemble des solutions sur mesure. C’est encore souvent un tabou. »

Quelque 77% des travailleurs malades continuant à travailler l’on fait pendant 1 à 10 jours en 2019, près de 15% pendant 11 à 20 jours et 8% même pendant plus de 20 jours. Ces derniers ont continué à travailler pendant 1 à 3 mois en dépit de leurs problèmes de santé, et dans un cas exceptionnel même pendant plus de 6 mois. Parmi les travailleurs belges, 36% n’ont jamais été malades au cours des 12 mois précédant l’étude; 64% ont été malades ou blessé suite à un accident domestique pendant au moins 1 jour. De tous les travailleurs belges qui ont été malades au moins 1 jour au cours des 12 mois précédents, un peu plus de 4 sur 10 (43%) n’ont jamais continué à travailler ce(s) jour(s)-là. 1 sur 10 (10%) a continué à travailler pendant tous ses jours de maladie et près de la moitié (47%) ont combiné le travail et le repos.

Securex constate également une évolution significative depuis 2014 dans l’arrêt ou la poursuite systématique du travail. Le nombre de travailleurs malades qui ont toujours continué à travailler a été réduit de moitié, passant de 20% en 2014 à 10% en 2019. Le nombre de travailleurs qui, pour leur part, n’ont jamais continué à travailler pendant leurs jours de maladie a par contre augmenté de près de la moitié durant la même période, passant en l’occurrence de 29% en 2014 à 43% en 2019. Le pourcentage de travailleurs qui ont combiné travail et repos pendant leurs jours de maladie a fluctué au fil des ans et se situait en 2019 à un niveau équivalent à 2014, à savoir 47%.

Un travailleur belge sur dix continue invariablement à travailler pendant sa maladie. Il s’agit principalement d’universitaires et de personnes hautement qualifiées, de travailleurs de moins de 45 ans, de travailleurs d’entreprises employant jusqu’à 250 personnes, de travailleurs ayant de 1 à 3 ans d’ancienneté et de travailleurs dont le partenaire a un emploi à temps plein. En 2019, plus aucune diminution du nombre de jours pendant lesquels un travailleur continue à travailler en cas de maladie n’a été constatée par rapport à 2018. Il ressort de l’étude de Securex que les travailleurs malades qui continuent malgré tout à travailler le font surtout 1) parce qu’ils se sentent capables de travailler (30%), 2) parce qu’ils ne veulent pas surcharger leurs collègues (19%) et 3) parce qu’ils sont motivés (12%).

Conséquences négatives à long terme

Securex conseille de rester vigilant face au présentéisme structurel. L’étude fait apparaître que dans 1 cas sur 3 (34%), le travailleur ressent des conséquences négatives quant à la poursuite du travail en cas de maladie. Elle est chez la plupart d’entre eux la cause d’un rétablissement difficile ou d’un allongement de la période de maladie (64%). 1 travailleur sur 5 (20%) éprouve des conséquences mentales sous la forme de fatigue, de stress, d’angoisse, de dépression ou de burn-out. 16% observent des conséquences au travail, comme un surcroît de travail, un travail plus lourd, des difficultés dans l’exécution du travail et l’incompréhension de la part des supérieurs ou des collègues. Ceci peut conduire à une plus grande rotation du personnel. Les travailleurs qui ont continué au moins une fois à travailler en cas de maladie cherchent plus souvent du travail ailleurs que leurs collègues qui n’ont jamais continué à travailler en cas de maladie (38% vs. 27%).

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