< Retour au sommaire

Les départs volontaires diminuent pour la première fois depuis 5 ans

Les départs volontaires des travailleurs sous contrat à durée indéterminée ont diminué de 18% par rapport à 2019. À l’inverse, les départs involontaires ont augmenté de 16% en 2020, notamment en raison d’une hausse importante du nombre de faillites et de départs en (pré)pension qui ont atteint leur taux le plus élevé depuis 2015. Dans le cas des départs involontaires, les employés sont plus impactés que les ouvriers.

Malgré les nombreuses personnes qui ont profité de la Covid-19 pour remettre en question leur vie professionnelle et trouver un sens à leur travail, la réalité est toute autre. En effet, le nombre de travailleurs sous CDI qui ont décidé de quitter leur entreprise de leur propre chef a diminué de 18% par rapport à 2019, et ce après une croissance moyenne de 6% par an entre 2015 et 2019. Alors que ce chiffre ne cessait d’augmenter depuis 2015 pour atteindre 6,22% de départs volontaires en 2019, le taux est redescendu à 5,05% en 2020. « Cela s’explique principalement par le fait que les opportunités d’emploi sont plus faibles en raison de la crise et les travailleurs, malgré la remise en question de leur rôle au sein de leur entreprise, préfèrent jouer la carte de la sécurité, commente Guillaume Bosmans, expert en études RH chez Securex. Lorsque la crise sera passée, nous devrions nous attendre à une reprise plus dynamique du marché du travail avec des départs volontaires plus nombreux, à condition bien sûr qu’il y ait plus de postes vacants. »

Ces tendances restent uniformes dans l’entièreté du pays, que ce soit par taille d’entreprise ou par Région, avec un taux de départ volontaire légèrement plus élevé en Flandre (5,3% contre 4,44% en Wallonie et 4,84% à Bruxelles). « L’effet de la crise sur notre marché du travail n’est plus à prouver, ajoute Paul Verschueren, Directeur régional de Federgon, la fédération des opérateurs privés du marché du travail et des prestataires de services RH. L'emploi a été protégé au maximum grâce au chômage temporaire pour les salariés et au droit passerelle pour les indépendants. Ces mesures, qui sont normalement destinées à être utilisées de façon temporaire, ont pris un caractère quasi structurel et ont provoqué un effet de "rétention de la main-d'œuvre" sans précédent. Le résultat est que nous avons une épée de Damoclès, pour ainsi dire, au-dessus de la tête du marché de l'emploi. Les indicateurs traditionnels masquent, pour l'instant, la gravité de la crise. »

Alors que les secteurs les plus touchés par la crise du coronavirus sont notamment l’horeca et l’événementiel, autrement dit des secteurs comportant de nombreux ouvriers, ce sont les employés qui sont le plus touchés par les départs involontaires (3,8% pour les ouvriers contre 5,25% chez les employés). Cela s’explique par le fait que les secteurs primaires et essentiels, celui de l’agriculture par exemple, ne connaissent pas la crise et sont généralement représentés par des ouvriers. En revanche, le secteur tertiaire a été plus touché par la crise et compte plus d’employés.

Risques sur le front des faillites

En ce qui concerne les départs involontaires, les fins de contrat pour cause de faillite et de (pré)pension connaissent leur taux le plus élevé depuis 2015. Alors qu’en 2019, le nombre de fins de contrat pour cause de faillite atteignait 0,23%, ce chiffre est monté à 0,80% en 2020, son taux le plus élevé depuis 2015. Securex s’attend à ce que ce chiffre continue d’augmenter en raison de la crise. Les mesures prises dans le cadre de la crise du coronavirus ont notamment permis le gel partiel des faillites visant à protéger les entreprises qui souffrent gravement de la crise et qui risquaient le défaut de paiement. Il faut donc s’attendre à un nombre plus élevé de faillites une fois que ce gel ne sera plus en vigueur.

Toujours en matière de départ involontaire, Securex a également constaté que le taux de départ à la retraite, anticipée ou non, était passé de 0,39% en 2019 à 0,6% en 2020. « Cette observation s’explique par deux raisons, note Guillaume Bosmans. La première est, sans surprise, le vieillissement de la population. Deuxièmement, certaines entreprises ont offert des packages de départ en pension ou prépension afin d’alléger leurs coûts salariaux pendant la crise. On peut donc s’attendre à ce que ce chiffre ne descende pas dans les prochaines années. »

Ces chiffres de 2020 laissent présager une année 2021 similaire ou plus difficile, toujours dépendante de la durée de la crise du coronavirus. « La principale chose que l'on retiendra de 2020 est qu'un certain nombre de faiblesses structurelles de notre marché du travail ont été mises à nu. Le moteur de l'inactivité a continué à tourner à plein régime, le temps de travail libéré n'a guère été utilisé pour le renforcement des compétences et la mobilité traditionnellement faible de la main-d'œuvre s'est confirmée et accentue le caractère plutôt fermé de notre marché du travail », conclut Paul Verschueren.

À propos de l’étude

L’échantillon de cette étude se compose de 42.477 travailleurs, dont 18.797 ouvriers et 23.680 employés. Il est issu des données du portefeuille-client de Securex, comprenant 294.476 travailleurs. Ces données ont été retravaillées afin d’être représentatives du marché belge pour le sexe, le statut, l’âge, la taille de l’entreprise, le régime de travail et la Région où le travailleur est occupé.

 

Sur le même sujet

Soyez le premier à réagir à cet article

Pour pouvoir réagir, vous devez vous connecter
< Retour au sommaire

Vous cherchez, vous trouvez!

HR Square | Revue, Infolettre, Réseau, Site web, Séminaires,...

Devenez membre maintenant!
Bénéficiez des avantages