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Les baisses de salaire restent marginales pendant la crise du Covid-19

La crise du coronavirus n’a pas encore entraîné de nombreuses réductions de salaire à ce jour, observe Acerta sur base d’un échantillon représentatif de plus de 32.000 employeurs. Durant les 5 premiers mois de l’année, seuls 5 employés sur 1.000 ont restitué une partie de leur salaire. Acerta s’attend à ce que les baisses de salaire restent un phénomène marginal les prochains mois également.

Environ 0,5% de tous les employés a vu leur salaire mensuel théorique réduit entre janvier et mai. En moyenne, il s’agissait d’une réduction salariale de 11,29% pour ce groupe réduit. Si la diminution du salaire des travailleurs a été et est abordée dans le contexte de la crise du coronavirus, elle relève davantage de la théorie que de la pratique pour l’instant. Car l’introduction rapide du système de chômage temporaire, auquel peu de conditions sont liées, a donné aux entreprises l’opportunité de limiter facilement et efficacement les frais salariaux, de sorte qu’il ne devait pas être question de baisse de salaire.

« Ces derniers temps, les médias ont évoqué à plusieurs reprises des restrictions salariales, lorsque des footballeurs ou coureurs cyclistes étaient disposés à réduire leur salaire, par exemple, ou quand des pilotes étaient prêts à faire une croix sur près de la moitié de leur rémunération, commente Nathalie Florent, Senior Consultant chez Acerta. Mais nous ne pouvons pas oublier qu’une réduction du salaire ne peut faire l’objet d’une décision unilatérale. Elle doit être convenue dans une convention collective de travail conclue avec les syndicats ou dans une annexe individuelle au contrat de travail avec le travailleur concerné. Même si toute une série d’entreprises demandaient à leurs travailleurs de restituer une partie de leur salaire dans les prochains mois, la probabilité qu’un accord à ce sujet voie le jour est assez réduite. La diminution des salaires pour réduire les coûts ne constitue qu’une des options en situations de crise, et certainement pas la première. Les entreprises qui ont été citées ces derniers temps constituent donc des cas isolés. »

Ce n’est pas le premier choix!

Si des réductions des salaires entrent en jeu dans les entreprises, elles auront plutôt lieu l’année prochaine, estime Acerta. Comme le chômage temporaire lié au coronavirus sera prolongé à partir du 1er septembre (à des conditions plus strictes, certes), les entreprises disposent encore plus longtemps d’oxygène pour évaluer les actions à entreprendre à (moyen et) long terme. Cependant, il reste à savoir si davantage d’entreprises demanderont à leurs travailleurs de réduire leur salaire. En raison de la condition du « consentement mutuel » dans les baisses de salaire, avoir recours aux licenciements peut constituer une solution « plus facile » pour un employeur en vue de mieux coordonner le travail et les travailleurs par exemple.

« Les réductions des salaires resteront un phénomène marginal dans la foulée de la crise du coronavirus également, estime-t-elle. Ce qui est possible, c’est que cette baisse de salaire s’accompagne d’une diminution de la durée du travail, une mesure potentielle existante que le Kern a récemment décidé de renforcer. Durant l’après-crise du coronavirus, la demande en collaborateurs et même la pénurie sur le marché de l’emploi pourrait rapidement redevenir une réalité. Si tout le monde recherche du personnel approprié, l’addition peut être salée pour les employeurs qui pourraient manquer leur redémarrage s'ils ne disposent pas des bons collaborateurs ou ne les trouvent pas. C’est pourquoi plusieurs interventions plus durables, comme le partage de travailleurs, le travail à temps partiel (temporaire) ou une réduction (temporaire) du temps de travail avec perte de salaire sont des mesures qui s'inscrivent mieux dans un plan de relance équilibré. »

Des hausses salariales en temps de crise aussi

Étonnamment, les calculs salariaux analysés par Acerta indiquent aussi que près de la moitié des employés (48,86%) ont bénéficié d'une augmentation de salaire durant la période janvier-mai 2020. Et Nathalie Florent de conclure: « Ces chiffres peuvent s’expliquer de différentes manières. Pour commencer, les mois de janvier et février précédaient encore la crise. De plus, même une crise ne peut pas défaire des accords précédemment conclus. L’indexation et les augmentations barémiques à la suite de l’ancienneté ne disparaissent pas en raison de la crise. Ainsi, le groupe étendu des employés de la commission paritaire 200 a reçu son indexation annuelle en janvier et le secteur non marchand a bénéficié en février d’une indexation de 2 % liée à l’indice-pivot. »

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