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Les attentes des milléniaux à l'égard du marché de l'emploi restent grandes, mais le Covid-19 tempère leur optimisme

Les attentes que nourrissent les étudiants de dernière année vis-à-vis de leur premier employeur restent élevées. Au sommet de leur liste de souhaits: une bonne communication entre collègues, une ambiance propice aux relations sociales et de nombreuses perspectives de formation. Ils s’attendent à travailler pour plusieurs entreprises au cours de leur carrière. La crise sanitaire fait toutefois qu’ils craignent de trouver moins d’offres d’emploi à la hauteur de leur diplôme et de leurs qualifications.

Le Centre for Excellence in Strategic Talent Management de la Vlerick Business School a organisé sa dixième enquête à grande échelle consacrée aux attentes des étudiants de dernière année à l’égard du marché de l’emploi et de leur carrière . Cette enquête a été menée auprès de 614 étudiants devant être diplômés en juin 2020, dont 294 étudiants en master et 320 en master de spécialisation. Elle se concentre, d’une part, sur les plans de carrière de cette génération Y et, d’autre part, sur ses attentes à l’égard du premier employeur. L’étude contient également de précieux enseignements pour les entreprises désireuses de recruter de jeunes diplômés. 

La barre est placée haut 

Celles et ceux qui font leurs premiers pas sur le marché de l’emploi recherchent un environnement de travail agréable, où ils pourront exploiter au mieux leurs talents et bénéficier d’intéressantes opportunités de développement professionnel. Au sommet de leur liste de souhaits: une bonne communication entre collègues, une ambiance propice aux relations sociales et des perspectives de formation. Les entreprises capables de répondre à leurs attentes seront mieux en mesure d’attirer ces jeunes diplômés et de les garder dans leurs rangs.

  • 92% des participants recherchent un environnement de travail agréable, propice à une collaboration positive. 
  • 88% espèrent une bonne communication entre collègues.
  • Les possibilités de formation (85%) et la diversité des tâches (80%) remportent également leurs suffrages.
  • Les attentes salariales moyennes pour ce qui est de leur premier emploi se situent à 2.022 euros net pour les titulaires d’un master et à 2.363 euros net pour les titulaires d’un master de spécialisation. Après cinq ans de travail, ces attentes grimpent à respectivement 2.937 euros et 4.226 euros. Elles sont fortement corrélées avec leurs espoirs en termes d’évolution de carrière et de développement professionnel.

La sécurité de carrière l’emporte sur la sécurité d’emploi 

Pour 90% des participants à l’enquête, attractivité de la carrière rime avec apprentissage permanent. Pour les milléniaux, élargir et maintenir à jour leurs compétences et connaissances est une absolue priorité. Pas étonnant dès lors que les étudiants interrogés préfèrent une mobilité de carrière verticale (76%) plutôt qu’horizontale (50%).

Ils ont clairement une vision cosmopolite de la carrière: 58% pensent qu’ils travailleront pour un large éventail d’entreprises au cours de leur vie active. À leurs yeux, leur premier emploi servira plutôt de marchepied vers une situation meilleure dans une autre entreprise et la relation avec leur premier employeur ne sera que temporaire. Près de 50 % n’envisagent pas de rester plus de 3 ans au service de leur premier employeur. La sécurité d’emploi à long terme n’est d’ailleurs pas une priorité pour eux : la promesse de la sécurité d’emploi n’est importante que pour 17 % des participants.

Autres constats:

  • L’équilibre entre vie privée et vie professionnelle gagne encore en importance (74% en 2020 contre 66% en 2017).
  • Les participants estiment capital que leur travail soit apprécié (76%). 
  • Enfin, 62% accordent de l’importance à un travail poursuivant un objectif clair, avec un impact social ou environnemental. 

« Face au départ des travailleurs plus âgés, la lutte pour attirer les meilleurs talents fait toujours rage, commente Dirk Buyens, professeur en ressources humaines à la Vlerick Business School. Attirer et retenir les milléniaux les plus brillants s’avère donc crucial pour l’avenir de chaque entreprise. D’où l’importance de comprendre leur vision de la carrière et du travail. De plus, l’enquête révèle que les milléniaux non seulement sont prêts à travailler dur et à redoubler d’efforts lorsque nécessaire, mais aussi qu’ils deviennent des ambassadeurs de choix de l’entreprise et de la marque s’ils sont satisfaits de leur travail. » 

Le Covid-19 tempère leur optimisme 

Au moment de la réalisation de l’enquête, 70% des participants affichaient un sentiment positif par rapport à leur future situation financière et au nombre d’emplois disponibles sur le marché du travail. Cependant, le Covid-19 est venu jouer les trouble-fête. Un nouveau sondage mené en juin auprès du groupe des étudiants en master de spécialisation révèle que l’optimisme à l’égard de la situation économique et du nombre d’emplois disponibles correspondant à leur diplôme et à leurs qualifications est en chute libre.

  • Ils ne sont plus que 30% à voir la situation économique post-corona en rose (contre 54% avant la crise). 
  • Seuls 6 étudiants sur 10 pensent qu’ils trouveront suffisamment d’offres d’emploi correspondant à leur profil. 
  • Par conséquent, l’importance accordée à la sécurité d’emploi à long terme a regagné du terrain par rapport à la situation d’avant-crise. 

Le professeur Dirk Buyens confirme que le marché de l’emploi pour les jeunes travailleurs a changé de visage: « De manière générale, nous remarquons que le processus décisionnel au sein des départements de recrutement et de sélection est plus lent. Il règne une grande incertitude et le réel impact de la crise n’est pas encore connu. Certains choisissent aujourd’hui de mettre un frein aux recrutements ou de rechercher les profils adéquats en interne. Autrement dit, les opportunités se font plus rares pour les jeunes diplômés. D’autre part, ces profils restent convoités sur le marché : la rapidité de la transition numérique stimule la demande pour ce groupe cible. Nous ne pouvons donc que recommander aux jeunes diplômés d’entamer sans tarder leur recherche d’emploi! »

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