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Le Covid-19 tire les salaires vers le bas, aussi en Europe

Les salaires mensuels ont baissé ou ont progressé de manière plus lente au premier semestre 2020 en raison de la pandémie de Covid-19 dans deux tiers des pays pour lesquels l’OIT dispose de chiffres officiels. Le rapport que l’Organisation internationale du Travail vient de publier indique également qu’à brève échéance, la crise devrait faire subir aux salaires une très forte pression vers le bas.

Alors que, dans un tiers des pays pour lesquels des chiffres ont été publiés, les salaires moyens ont semblé augmenter, il ne s’agit en réalité, en grande partie, que de la conséquence du fait qu’un nombre substantiel de travailleurs faiblement rémunérés ont perdu leur emploi, ce qui fausse la courbe moyenne puisqu’ils n’apparaissent plus dans les statistiques concernant les salariés.

Dans les pays dans lesquels des mesures radicales ont été prises pour préserver le marché du travail, les effets de la crise se sont fait sentir principalement par des baisses de salaires plutôt que par des suppressions massives d’emplois. A travers un échantillon de 28 pays européens, les pertes les plus importantes de la masse salariale - plus de 10% - ont été estimées en Irlande, au Portugal et en Espagne. C'est en Croatie, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suède que les travailleurs ont subi les plus faibles pertes salariales, soit moins de 3%.

Le Rapport mondial sur les salaires 2020-2 souligne également que tous les travailleurs n’ont pas été touchés par la crise de manière égale. Les conséquences sur les femmes ont été bien plus graves que sur les hommes. Selon une estimation basée sur un échantillon de 28 pays européens, on constate que, sans les subventions salariales, les femmes auraient perdu 8,1% de leur salaire au deuxième trimestre 2020, en comparaison à 5,4% pour les hommes. Les différences les plus importantes entre les femmes et les hommes sont observées en Belgique, en France, en Allemagne, au Portugal, en Slovaquie et au Royaume-Uni.

La crise a également impacté sévèrement les travailleurs faiblement rémunérés. Ainsi, ceux qui ont un métier peu qualifié ont perdu un nombre d’heures travaillées beaucoup plus important que ceux qui exercent des métiers d’encadrement et qui disposent d’emplois qualifiés mieux rémunérés, et cela a accru l'inégalité des revenus. En se basant sur les chiffres de cet échantillon de 28 pays européens, les auteurs du rapport ont calculé que, sans les subventions salariales, la moitié des travailleurs les moins bien rémunérés auraient perdu environ 17,3% de leur salaire. Sans les subventions, la baisse du montant moyen perdu sur les salaires pour l’ensemble des travailleurs aurait été de 6,5%. Toutefois, les subventions salariales ont permis d’en compenser 40%.

Salaire mininum

Le rapport analyse aussi les systèmes de salaire minimum, qui pourraient jouer un rôle important pour bâtir une relance économique durable et équitable. Lorsque les salaires minimums sont fixés à un niveau adéquat et qu'ils sont appliqués, ils ont également le potentiel de réduire l'écart salarial entre les sexes. Il existe un salaire minimum, sous une forme ou sous une autre, dans 90 pour cent des Etats Membres de l’OIT. Mais avant même le début de la pandémie de COVID-19, le rapport signale que, de manière globale, 266 millions de personnes – 15 pour cent des salariés à travers le monde – étaient payées à un niveau inférieur au salaire horaire minimum, soit parce que la législation n’était pas appliquée, soit parce qu’elles en étaient exclues. De même, les femmes sont surreprésentées au sein des personnes payées à un niveau égal ou inférieur au salaire minimum.

Dans l'UE-27, on estime que 26,5 millions de salariés sont payés au salaire minimum ou en dessous, ce qui représente 15 pour cent de l'ensemble des salariés. La majorité de ces travailleurs - 57 % - sont des femmes. Les salaires minimums les plus élevés de l'UE se trouvent au Luxembourg, en Irlande et en Allemagne; les plus bas en Bulgarie, en Lettonie et en Estonie.

Le Rapport mondial sur les salaires 2020-21 passe également en revue les tendances salariales dans 136 pays dans les quatre années précédant la pandémie. Il souligne que la croissance des salaires réels au niveau mondial a fluctué entre 1,6 et 2,2 pour cent. L’augmentation la plus rapide des salaires réels a été enregistrée en Asie-Pacifique et en Europe de l’Est, tandis qu’elle a été beaucoup plus lente en Amérique du Nord ainsi qu’en Europe du Nord, en Europe du Sud et en Europe de l’Ouest.

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