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Le Covid-19 provoque un pic d’absentéisme à court terme sans précédent

Au cours des trois premiers mois de 2020, 4,5% des jours de travail sur notre marché du travail belge n’ont pas été prestés en raison de l’absentéisme de courte durée. En mars, lorsque le coronavirus s’est rapidement propagé dans notre pays, l’absentéisme à court terme a même atteint un pic de 5,8%, soit une augmentation de pas moins de 70% par rapport à la même période l’année dernière.

L’analyse d’Acerta d’où ressortent ces chiffres se concentre uniquement sur les absences de 30 jours ou moins, au cours desquelles les travailleurs continuent de percevoir leur salaire, avec ou sans supplément de l’INAMI. L’impact du coronavirus sur les chiffres de l’absentéisme est d’autant plus évident cette année que, ces dernières années, une légère rechute était constatée au mois de mars par rapport à février. Cette année, une hausse de pas moins de 40% est cependant observée.
 
« Il est clair que le coronavirus a un impact sur les chiffres de l’absentéisme de courte durée, observe Laura Couchard, conseillère juridique chez Acerta. Les travailleurs présentant des symptômes du Covid-19 restent bien entendu immédiatement chez eux afin de combattre la propagation du virus. Toutefois, les travailleurs présentant d’autres symptômes de maladie sont peut-être restés chez eux aussi plus rapidement qu’ils ne l’auraient fait avant cette épidémie de coronavirus. L’époque où venir travailler coûte que coûte, qu’on soit malade ou non, était un signe de loyauté est révolue. Il est maintenant primordial d’éviter que les collègues tombent malades. »
 
Le fait que les travailleurs restent plus rapidement à la maison n’implique pas nécessairement une augmentation de l’absentéisme pour cause de maladie. « Le coronavirus nous a également appris que le travail à domicile peut constituer une solution provisoire, notamment comme mesure de quarantaine pour éviter la contamination. Nous prévoyons donc que l’absentéisme à court terme a atteint son pic en mars et qu’il diminuera quelque peu dans les semaines et les mois à venir si nous ne connaissons pas de seconde vague de contaminations au coronavirus. Il est également important de noter que la hausse de l’absentéisme de courte durée est certes importante, mais ne représente quasiment rien par rapport à l’augmentation du nombre de travailleurs en chômage temporaire. »

Plus élevé dans les grandes entreprises et chez les ouvriers

Les chiffres en matière de maladie ne sont pas les mêmes partout. Un exemple classique: l’absentéisme est plus important dans les grandes entreprises que dans les petites. Le mois de mars 2020 ne fait pas exception à la règle. Les grandes entreprises (> 100 travailleurs) enregistrent une perte de jours de travail d’environ 8% contre 2% pour les plus petites entreprises (< 5 travailleurs). L’absentéisme à court terme est généralement un peu plus élevé chez les ouvriers que chez les employés. L’absentéisme au mois de mars 2020 confirme cette tendance: 6 % chez les ouvriers contre 5,5% chez les employés.

Non-marchand: une perte de 10% des jours de travail

Les soins de santé sont un secteur qui ressent évidemment fortement l’impact du Covid-19 sur l’absentéisme. Les chiffres montrent des écarts plus importants par rapport aux périodes avant l’apparition du coronavirus. Le secteur du non-marchand au sens large a enregistré une perte de 10% des jours de travail en mars en raison de maladies de courte durée. Bien sûr, il y a des différences au sein de ce secteur. Le personnel hospitalier, par exemple, tient bon et se maintient à peu près au niveau de mars 2018, lorsque l’épidémie de grippe sévissait dans notre pays. Les maisons de repos et de soins constatent que leurs chiffres en matière d’absentéisme ont presque doublé par rapport au mois de mars de l’année dernière. Idem pour les soins infirmiers à domicile. Le pic le plus élevé d’absentéisme à court terme en mars a été enregistré dans le secteur des aides familiales et seniors.
 
« Le pic d’absentéisme à court terme que nous constatons partout en mars est le plus élevé dans le domaine des soins de santé, conclut Laura Couchard. Au moment même où un secteur a le plus besoin de ses travailleurs, il voit malheureusement ceux-ci être davantage absents. Le fait qu’une activité très importante et une pression professionnelle accrue entraînent plus de maladies n’est pas étrange en soi. De plus, au début, il n’y avait pas assez de matériel de protection pour le personnel soignant. Nous devons en tirer les leçons, car comment protéger les gens et comment s’armer contre la maladie, même lors des pics d’activité ? C’est précisément à ce moment-là, lors du pic de travail, que l’absentéisme ne devrait pas avoir lieu. »

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