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Le coronavirus n’a pas (encore) d'impact sur les bonus

Que du contraire: cette année, près de 20% de travailleurs de plus ont bénéficié d’un bonus, selon les chiffres recueillis par Acerta auprès de 40.000 employeurs du secteur privé. L’explication? Les bonus alloués en 2020 reviennent principalement sur les prestations de l’entreprise durant une bonne année 2019. Pour 2021, Acerta se fait un oiseau de mauvais augure, car la crise du coronavirus y mettra probablement un holà dans de nombreuses entreprises.

Un employé sur quatre (25,2%) dans le secteur marchand a perçu un bonus en 2020. Cela représente une augmentation de 18% par rapport à 2019, lorsqu’un employé sur cinq (21,3%) était concerné. Autre élément frappant: le montant moyen du bonus augmente de 2966,13 euros pour l’année 2019 à 5019,51 euros pour l’année 2020. Il s’agit d’une croissance de 69 % en moyenne.

« Dans ce contexte, il est important de noter qu’une grande partie des bonus versés en 2020 se réfèrent à 2019 et aux objectifs déterminés pour cette année, indique Catherine Langenaeken, Senior Consultant Legal & Reward chez Acerta. Certains décomptes ne peuvent être effectués qu’une fois l’année terminée, ce qui explique le paiement l’année suivante. Étant donné que 2019 était une année prospère sur le plan économique et que la pénurie sur le marché de l’emploi se faisait sentir dans de nombreux secteurs, il est également logique que le montant moyen des bonus ait augmenté. Nous constatons en outre que les entreprises renoncent à une politique salariale traditionnelle et complètent maintenant le salaire fixe avec une partie variable – souvent sous la forme d’un bonus – généralement associée aux résultats. »

Acerta indique que pour connaître le plein effet du coronavirus sur les bonus, nous devrons attendre les chiffres du premier et du deuxième trimestres de 2021. Catherine Langenaeken précise: « Après le premier trimestre, nous pourrons estimer avec précision l’impact de la crise du coronavirus sur les résultats des entreprises. Toutefois, il est possible qu’un nombre moins élevé de bonus seront octroyés. Ce sont surtout les bonus collectifs associés aux bénéfices ou à l’augmentation du chiffre d’affaires de l’entreprise qui seront inférieurs ou disparaîtront dans de nombreuses entreprises l’année prochaine. Il existe néanmoins des bonus octroyés sur la base d’autres types de réalisations dans l’entreprise. Par exemple, certaines entreprises s’efforcent de réduire le nombre d’accidents de travail et associent un bonus à cet objectif. Ceux-ci continueront d’être alloués, du moins si l’entreprise parvient à ces fins. »

Le bonus non récurrent le plus populaire

Le bonus non récurrent est et reste celui qui a le plus la cote. 14,6% des employés ont perçu un tel bonus en 2020. Il s’agit d’un bonus collectif qui dépend des objectifs prédéterminés de l’entreprise. Ceux-ci sont souvent, mais pas forcément, les résultats de l’entreprise. Sa popularité s’explique par le fait qu’il soit le plus avantageux: l’effort brut de l’employeur fournit le rendement net le plus élevé pour le collaborateur. Les entreprises qui souhaitent octroyer un tel bonus à leur personnel doivent obligatoirement l’offrir à l’ensemble des collaborateurs (ou à un groupe homogène clairement défini). Ce bonus est en outre assorti d’un plafond, lequel s’élevait à 3.413 € brut en 2020.

Les warrants restent également populaires

Les restrictions sur le montant du bonus non récurrent font que d’autres bonus sont populaires: les warrants sont la deuxième forme la plus utilisée. En 2020, ils ont une nouvelle fois gagné en popularité par rapport à 2019. Environ 6,3% des employés ont bénéficié de ce système cette année (contre 5,9% l’an dernier). L’explication: ce bonus peut également être accordé individuellement, ce qui le rend plus flexible que le bonus non récurrent. Et le rapport brut-net reste intéressant pour les entreprises et les travailleurs. Le montant moyen des warrants octroyés en 2020 s’élève à 11.320 euros.

Le bonus salarial est le grand perdant

Enfin: ce système a été peu utilisé en 2020. Pour cette année, seulement 1,3% des employés (contre 2% en 2019) ont reçu un bonus salarial individuel. Le montant moyen en 2020 (3.750 euros) était aussi inférieur à celui de 2019 (4.500 euros) La raison? Il constitue l’option de bonus la moins intéressante sur le plan fiscal.

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