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Le « Future of Work » inquiète quant au devenir des relations humaines

C’est ce qui ressort d’une étude réalisée en France par Deloitte et Cadremploi auprès de plus de mille personnes. L’inquiétude porte essentiellement sur le devenir des relations humaines dans les organisations transformées: 67% des répondants pensent qu'elles sont amenées à se dégrader. Pour 76%, le dialogue social est voué à se détériorer, tout comme les interactions humaines (67%). Dans le même temps, 69% estiment que la pression quotidienne va augmenter.

Globalisation, transformation technologique et attentes sociales plus affirmées bousculent les organisations à tous niveaux et redessinent le monde du travail. La IVème Révolution Industrielle emporte avec elle les modèles socio-économiques existants. Au-delà des enjeux financiers et technologiques, les questions sur l’impact humain sont ainsi également au cœur des débats. Sous l’impulsion du digital et de la robotisation, toutes les dimensions du Future of Work se voient bouleversées: évolution de la structure et de la nature de l’emploi et des compétences, transformation des organisations de travail…

Pour une large majorité des répondants (76%), la transformation en cours concerne toutes les organisations. Pour 47% celle-ci a d’ores et déjà commencé, quand près d’un tiers l’envisage à court terme. Cette dynamique se traduit pour 52% des cadres et 41% des non-cadres par une modification profonde des modes de travail et d’organisation, mais également par un monde de plus en plus connecté.

Face à l’ampleur de ces bouleversements, Deloitte brosse le portrait de Français qui, dans leur ensemble, partagent un sentiment de curiosité (22%). Néanmoins des contrastes de perception existent. Si le futur inquiète 21% des non-cadres, l’étude note à contrario un certain enthousiasme et optimisme chez les cadres dirigeants. Pour autant, l’espoir ressort comme le 3e sentiment partagé par tous.

Une vision contrastée sur l’avenir des métiers

L’étude révèle que le futur du monde du travail ne fait pas nécessairement planer une menace sur le marché de l’emploi en captant des métiers qui pourraient être exécutés par des machines. En effet, la robotisation est autant perçue comme moteur de nouvelles opportunités que comme facteur de destruction d’emplois. Mais l’étude souligne également que la plupart des répondants pensent que ce sont surtout les autres qui seront impactés, dont 66% pour les non-cadres. En effet les Français envisagent leur avenir professionnel sous un angle plutôt optimiste. Seuls 28% pensent que leur métier va disparaître contre 90% qui considèrent au contraire que celui-ci connaitra une évolution.

En premier lieu, une majorité des Français interrogés estiment que les robots et autres machines cognitives remplaceront surtout les humains dans les travaux pénibles, prenant en charge des actions répétitives et monotones. De ce fait, la production et la logistique sont perçus comme les deux domaines particulièrement soumis à ces transformations du fait de leur automatisation (respectivement 26% et 23%). En revanche, en ce qui concerne la finance, le résultat est assez marginal avec seulement 14% des répondants qui estiment qu’un changement significatif est à prévoir. L’étude souligne également que, pour 23% des personnes interrogées, les robots pourraient se substituer à l’homme et 22% estiment qu’ils pourraient permettre d’inventer de nouveaux métiers.

L’étude révèle que les deux principales compétences humaines jugées comme différenciantes sont avant tout des compétences sociales et la faculté à résoudre des problèmes complexes. Les compétences techniques ne ressortent qu’en 3e position avec un écart significatif par rapport aux premières.

Inquiétudes et espoirs

L’étude relève encore un paradoxe qui tend à dessiner aussi les contours d’un monde plus agile et flexible. En effet, si les Français craignent une déshumanisation et la dégradation des relations, plus de la moitié (52%) estime que la collaboration ira, elle, en s’améliorant. En ce sens, les répondants voient dans cette transformation digitale, l’émergence et la démocratisation de nouveaux modes et lieux de travail plus souples. Ainsi, l’ère est au changement des méthodes de travail et le coworking, ainsi que la généralisation du télétravail, apparaissent comme les deux principaux vecteurs d’évolution, à respectivement 86% et 80%. Ces modèles moins « processés » et plus diversifiés s’intègrent à un environnement de travail repensé dans lequel l’augmentation de l’utilisation des nouvelles technologies de l’information apparaît, pour 98% des répondants, comme le premier marqueur de cette transformation.

Ce regard porté sur ces systèmes organisationnels destinés à changer éclaire également le cadre législatif du travail sous un jour nouveau. Ainsi, pour 32% des répondants les formes classiques de contrats (CDD, CDI, etc.) sont appelées à disparaître au profit du statut d’indépendant pour 24%. Dans ce contexte, l’étude met en lumière une différence singulière dans les réponses selon les différences d’âge des répondants. Ainsi, un tiers des personnes de moins de 40 ans pense que la transformation n’aura pas d’impacts sur le futur du travail, les plus réalistes ou les plus novateurs se révèlent être les plus âgés.

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