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« L’augmentation de la participation des femmes au marché du travail est un enjeu crucial pour la Belgique »

Dans l’étude annuelle Women in Work Index, PwC combine cinq indicateurs clés de l’émancipation économique des femmes. La Belgique maintient sa 10e place parmi les pays de l’OCDE. L’écart salarial entre les sexes (4,8%) est le troisième meilleur de l’OCDE. Mais les performances de la Belgique continuent d’être freinées par le faible taux d’activité des femmes (64,9%, 27e) par rapport aux autres pays de l’OCDE.

Les cinq indicateurs analysés sont la parité des salaires masculins et féminins, la proportion de femmes actives sur le marché du travail (en termes absolus et par rapport aux hommes), le taux de chômage féminin et le pourcentage de femmes travaillant à temps plein. La Belgique maintient sa 10e place dans le classement. L’Islande et la Suède conservent les deux premières places pour la sixième année consécutive et la Nouvelle-Zélande occupe la troisième. Les Pays-Bas montent de deux places entre 2018 et 2019, passant de la 19e à la 17e place. Il s’agit de l’un des rares pays de l’OCDE à enregistrer des améliorations pour l’ensemble des cinq indicateurs du marché du travail, la plupart de ces améliorations étant importantes par rapport à celles observées ailleurs dans l’OCDE.

Les performances de la Belgique en 2019

Bien que la Belgique soit historiquement le troisième pays à avoir fait le plus de progrès dans l’indice Women in Work Index (passant de la 20e place en 2000 à la 10e en 2019), peu de progrès ont été réalisés en 2019. Le taux d’emploi à temps plein des femmes enregistre un statu quo, à 72%, même si le taux d’activité des femmes s’est amélioré, passant de 64,3% à 64,9% en 2019. L’écart salarial entre les hommes et les femmes en Belgique (défini comme la différence de salaire médian entre les hommes et les femmes) s’est encore réduit, passant de 5,8% à 4,8% en 2019, ce qui place le pays au troisième rang de l’OCDE, en bien meilleure place que la moyenne de 15% de l’OCDE.
 
L’un des principaux freins aux progrès belges est la participation des femmes au marché du travail. En effet, la Belgique se classe 27e sur les 33 pays de l’OCDE sondés à cet égard. À peine 64,9% des femmes en Belgique sont actives sur le marché belge du travail et seulement 72% d’entre elles travaillent à temps plein, alors que les moyennes de l’OCDE sont respectivement de 70% et 76%. En comparaison, l’Islande a un taux de participation des femmes au marché du travail de 84,4%, ce qui en fait le pays présentant la plus forte proportion de femmes actives sur le marché du travail.
 
« Il est positif de constater que la Belgique se distingue en termes d’écart de rémunération entre les hommes et les femmes et que nous sommes passés de la 8e à la 7e place au sein de l’OCDE en termes de représentation féminine dans les conseils d’administration, avec 36,7%, se réjouit Griet Helsen, associée chez PwC Belgique. Toutefois, dans le contexte d’une population vieillissante qui exerce une pression à la baisse sur le marché du travail, il est crucial de nous concentrer sur l’augmentation de la participation des femmes au marché du travail. À cet égard, il est essentiel qu’elles disposent des compétences techniques adéquates pour tirer parti des opportunités offertes par la quatrième révolution industrielle ».

Impact de la pandémie de COVID-19

La COVID-19 menace aujourd’hui de remettre en question certains des progrès réalisés au cours de la dernière décennie. Des signaux issus du monde entier indiquent que les femmes ressentent de manière disproportionnée les dommages causés par la COVID-19. En effet, les femmes sont davantage employées que les hommes dans les secteurs les plus touchés (tels que les services de restauration, l’hébergement, l’immobilier, la vente au détail, les arts, les divertissements et les loisirs). Les pertes d’emplois des femmes ont dépassé celles des hommes en 2020 dans l’ensemble de l’OCDE. Dans un contexte où divers programmes de soutien continuent de masquer les effets des retombées économiques sur l’emploi, le pire est probablement à venir pour les femmes.
 
Dans certains pays, il est démontré que les femmes réduisent leur participation à la population active en raison de la COVID-19. Elles sont aussi beaucoup plus nombreuses à envisager de quitter leur emploi et/ou à réduire leur temps de travail en cas d’aggravation de la situation. Ce phénomène est dû à la charge inégale des soins non rémunérés et du travail domestique que les femmes assument partout dans le monde. Avant la pandémie, les femmes consacraient déjà trois fois plus de temps que les hommes aux tâches ménagères, à la garde des enfants et aux soins aux personnes âgées qui leur sont chères. Après 9 ans d’évolution positive de l’indice Women in Work Index vers la parité entre les sexes sur le lieu de travail, notre étude montre aujourd’hui que nous devons nous attendre à ce que la situation s’inverse au cours des deux prochaines années. L’indice devrait retomber aux niveaux de 2017 d’ici 2021. Dans l’hypothèse d’un retour au même taux de croissance historique à partir de 2021, à mesure que le marché du travail se redressera, l’indice ne retrouvera sa valeur de 2019 qu’en 2023.
 
« La vraie source d’inquiétude est que les dégâts causés par la crise pourraient être durables, explique Griet Helsen. Sans une action directe des gouvernements, des organisations et de la société afin de permettre aux femmes de participer au marché du travail, nous ne reviendrons pas à notre trajectoire de croissance pré-pandémique vers l’égalité des sexes. Progresser sur ce point et sur celui de la représentation des femmes sur le lieu de travail, combler l’écart salarial entre les sexes, recycler et requalifier les femmes afin qu’elles puissent accéder à l’emploi dans les secteurs à forte croissance sont autant d’efforts concertés nécessaires pour compenser l’impact de la crise et nous remettre sur la bonne voie. »
 
Les avantages économiques potentiels d’un renforcement de l’émancipation économique des femmes
Notre analyse fournit, pour chaque pays, une estimation des gains potentiels si le taux d’emploi des femmes atteignait le même niveau que celui de la Suède, qui figure systématiquement sur le podium avec un taux d’emploi des femmes de 81,1 %. Pour l’ensemble de l’OCDE, les gains économiques potentiels à long terme résultant d’une augmentation du taux d’emploi des femmes pour arriver à celui de la Suède représenteraient une augmentation du PIB de plus de 6 000 milliards USD. La réduction complète de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes pourrait entraîner une hausse du PIB de l’OCDE de 2.000 milliards USD. L’avantage économique pour la Belgique serait une augmentation de 13 % du PIB par an, estimée à 83 milliards USD.

 

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