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La diversité au top? Les investisseurs ne tiennent pas leurs promesses!

Les entreprises qui nomment des femmes à leur conseil d’administration sont sanctionnées en Bourse: leur valeur de marché par rapport à la valeur des actifs physiques de l’entreprise s’en trouve réduite si on la compare à la situation où un homme est nommé, et cet effet ne se dissipe qu’au bout de deux ans, révèle une étude de l’INSEAD! La sanction n’est en rien liée aux performances réelles du conseil, mais bien à l’image que s’en font les investisseurs.

S'appuyant sur 14 années de données pour un panel de 1.644 entreprises américaines cotées en Bourse, les auteurs de l'étude, Kaisa Snellman, professeur en comportement organisationnel, et Isabelle Solal, boursière post-doctorale en économie, ont constaté qu'il n'y avait aucune preuve ou suggestion que les entreprises étaient moins rentables après la nomination d'une femme à leur conseil d’administration.

Pourtant, le marché réagit plus négativement à la nomination d'une femme qu'à celle d'un homme dans cette instance. Pour chaque femme ajoutée au conseil d'administration, l'entreprise perd en moyenne 2,3% de sa valeur boursière. Pour les entreprises qui poursuivent explicitement une politique de diversité, cette perte s'élève même à 6%. Il faut deux ans pour que cet effet disparaisse.

La maximisation des profits prévaut

Une explication possible, selon Snellman et Solal, c’est que les actionnaires évaluent l'entreprise différemment si une femme devient membre du conseil d'administration, en particulier si l'entreprise s'inscrit dans une politique de diversité. Pour les investisseurs, cela indique que la maximisation des profits n'est pas une priorité pour l'entreprise, mais qu’elle privilégie la poursuite d'objectifs sociaux. En conséquence, ces entreprises deviennent moins populaires auprès des investisseurs et leur valeur de marché diminue donc.

Les chercheurs ont ensuite testé cette hypothèse sur base d'une étude expérimentale auprès de 193 anciens élèves d'une école de commerce. Ceux-ci ont reçu deux versions d'un communiqué de presse concernant la nomination d'un nouveau membre du conseil d'administration. Dans un communiqué de presse, il s'agissait d'une femme; dans l'autre, d'un homme. Pour le reste, le CV du nouveau membre du conseil d'administration était le même.

Les sujets du test ont associé la nomination d'une femme au conseil d'administration à une préférence de l'entreprise en question pour donner plus de priorité aux objectifs sociaux plutôt qu'à la maximisation du profit. De plus, les chercheuses ont constaté que lorsque les entreprises mettent l’accent sur la nouvelle nomination comme exemple de l’engagement de l’entreprise envers la diversité, cela diminue la perception des observateurs quant à la compétence de la personne nommée.

Le conseil des chercheurs? Lors de la nomination des femmes au conseil d’administration, il convient de se concentrer sur les compétences et les mérites du nouveau membre, et moins sur son sexe. L’enjeu sera de rassurer les investisseurs qu’une telle nomination ne change pas la stratégie et/ou les objectifs de l'entreprise. Cette étude montre à quel point les écarts entre ce que les investisseurs disent — ces dernières années, ils sont devenus de fervents défenseurs de conseils d'administration mixtes — et ce qu’ils font réellement…

Les résultats de l’étude ont été publiés sous le titre 'Women Don't Mean Business? La pénalité de genre dans la composition du conseil d'administration' dans la revue Organization Science

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