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Jusqu’à 11% d’interruptions de carrière en plus dans les mois de congé parental corona

Ces derniers mois, le « congé parental corona » a entraîné une augmentation des interruptions de carrière pour les travailleurs du secteur privé. La hausse est montée à +11% en juin 2020. Dans le même temps, l’importance du congé parental ordinaire a diminué. Ce sont surtout les mères qui interrompent leur carrière pour les enfants.

Le pourcentage de collaborateurs à avoir eu recours à une interruption de carrière entre mai et août était plus élevé en 2020 qu’en 2019, d’après les chiffres publiés par Acerta. De mai à juin, l’écart était même plus élevé de 9,6% et 11% respectivement. L’augmentation lors de ces mois n’est pas une coïncidence: c’est alors qu’a été introduit le congé parental corona comme option supplémentaire pour prendre une interruption de carrière.

« Nous pouvons conclure de nos chiffres que les collaborateurs ont été heureux de faire appel à cette nouvelle option qu’est le congé parental corona, commente Amandine Boseret, conseillère juridique chez Acerta. Il en ressort aussi que les employeurs ont accédé à leur demande, car le congé parental corona n’était pas un droit. En septembre, le congé parental corona n’avait plus de raison d’être. En effet, une nouvelle année scolaire commençait avec la réouverture des écoles. En octobre, il est prévu qu’en cas de mesure de quarantaine dans une école, les parents puissent se rabattre sur le chômage temporaire, puisque le congé parental corona a été supprimé. »

Moins de congé parental ordinaire

Le congé parental corona n’a pas fait disparaître le congé parental ordinaire des chiffres des interruptions de carrière. Cela dit, sa part en 2020 est systématiquement en deçà de celle de 2019: en juin, elle était inférieure d’un quart à celle de l’année précédente.

Sur l’ensemble des interruptions de carrière, le congé parental ordinaire à temps partiel représentait encore 21,1% en mai 2020, soit plus que le congé parental corona avec 17,7%. En juin 2020, le rapport s’est inversé, le congé parental corona étant plus élevé, avec 23,2% contre 19% pour le congé parental ordinaire.

Sur l’ensemble des collaborateurs, 1,7% a pris un congé parental ordinaire en mai 2020, 1,4% un congé parental corona. En juin, ces chiffres s’élevaient respectivement à 1,5% et 1,9%.

« Le congé parental ordinaire est régi par d’autres modalités que le congé parental corona, précise-t-elle. Peut-être est-ce une raison de s’en tenir au congé parental ordinaire. De plus, les employeurs n’étaient pas obligés d’accepter le congé parental corona, ce qui aura contribué ici et là à maintenir l’attrait du congé parental classique. »

Les femmes plus que les hommes

L’une des grandes attentes à l’égard du congé parental corona était que les pères et les mères interrompent ou réduisent leur carrière en faveur des enfants. Cela ne s’est pas produit. Chaque mois, les mères prennent plus de congés parentaux, tant réguliers que corona. Sur l’ensemble des demandes de congé parental ordinaire, 60% émanaient de femmes. Pour le congé parental corona, sept demandes sur dix avaient été introduites par des mères et seulement trois sur dix par des pères.

60% des interruptions chez les plus de 50 ans

Les travailleurs belges du secteur privé peuvent interrompre leur carrière de différentes manières, que ce soit à temps partiel ou à temps plein: le congé parental, les soins palliatifs et l’assistance médicale relèvent des congés thématiques; le crédit-temps avec motif et le crédit-temps emploi de fin de carrière sont également des options, chacune avec ses conditions spécifiques. De mai à septembre, le congé parental corona a été introduit à la suite de la crise du coronavirus et est généralement à temps partiel.

Les catégories d’âge sont inégalement représentées chez les collaborateurs ayant interrompu leur carrière d’une manière ou d’une autre. Un quart ont entre 30 et 40 ans. L’interruption de carrière dans cette catégorie est principalement due à un congé parental (congé parental et, le cas échéant, crédit-temps avec motif). Mais la catégorie la mieux représentée, avec 60%, reste celle des plus de 50 ans.

« Il était possible jusqu’en 2015 d’opter pour un emploi de fin de carrière avec des allocations dès l’âge de 50 ans, conclut Amandine Boseret. À partir de 2015, la limite d’âge a été portée à 60 ans, ce qui signifie que les plus de 50 ans ont rapidement pris leur décision et commencé à utiliser un emploi de fin de carrière avant l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. Ce durcissement des règles en 2015 est toujours perceptible dans les chiffres. Aujourd’hui, nous constatons que 3% des collaborateurs âgés de 50 à 55 ans procèdent à une interruption de carrière; dans le groupe des 55 à 60 ans, c’est 13%. »

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