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En avril, le nombre de chômeurs temporaires a augmenté de 50%

En avril, plus de 34% de l’ensemble des travailleurs ont été mis au chômage temporaire en raison du Covid-19, soit une augmentation de 50% par rapport à la fin du mois de mars. Plus de 11% des travailleurs ont connu au moins 20 jours de chômage temporaire en avril. Un chômeur temporaire sur cinq a bénéficié d’un complément de salaire octroyé par son employeur.

Plus d’un employé sur trois et plus de la moitié des ouvriers ont été mis au chômage temporaire et contraints de rester chez eux durant au moins un jour le mois dernier. Le secteur des services, le commerce (horeca compris) et l’industrie manufacturière ont été les plus touchés. Le chômage temporaire a représenté 23% des jours ouvrables qui auraient pu être prestés par les travailleurs du secteur privé. C’est ce qu’il ressort d’une analyse d’Acerta sur la base des données salariales d’un échantillon de plus de 32.000 employeurs. Un employé sur trois a été mis au chômage temporaire au moins un jour en avril, ce qui représente une augmentation de 40% par rapport aux dernières semaines de mars (semaines 12 et 13).

« Le système de chômage temporaire a dans l’intervalle été prolongé jusqu’à fin juin et la ministre Muylle souhaite même l’étendre jusqu’au 1er septembre, commente Amandine Boseret, conseillère juridique chez Acerta. Nous soutenons cette décision, car elle permet aux entreprises de garder leurs travailleurs en service et de les occuper à nouveau au sein de leur organisation à mesure que la demande de travail reprend. Cela évite que les employeurs soient contraints de licencier des travailleurs dont ils auront absolument besoin plus tard lorsque la demande aura suffisamment augmenté. Les chiffres de licenciement que nous avons recueillis montrent également que ce système fonctionne : ils sont en légère hausse par rapport à la période précédant la crise du coronavirus. Au cours des prochains mois et semaines, nous nous attendons en outre à ce que les entreprises aient de moins en moins recours au chômage temporaire, en nombre de jours et de travailleurs concernés. Quoi qu’il en soit, les employeurs se préparent à plusieurs scénarios : nous recevons autant de questions sur l’extension du système de chômage temporaire que sur les licenciements (collectifs). »

Si l’on compare le chômage temporaire au nombre de jours que les travailleurs devaient théoriquement prester sur la base de leur régime de travail, on obtient un taux de chômage temporaire global de 23% pour les travailleurs ayant un emploi. « Cela signifie que près d’un quart du temps de travail n’a pas été presté en raison de la pandémie de coronavirus. Il s’agit certes d’un pourcentage très élevé, mais pas si inattendu. Fort heureusement, la reprise des entreprises et la réouverture des commerces au mois de mai réduiront considérablement ce chiffre. Toutefois, on peut également s’attendre à ce qu’une grande partie des jours de travail de mai ne soient pas non plus prestés en raison du coronavirus. Il n’est par ailleurs pas surprenant que le pourcentage soit particulièrement élevé dans le secteur des “services” puisqu’ils reprennent également les établissements de l’horeca et les parcs d’attractions. Le commerce représente tant le commerce de gros que le commerce de détail et comprend aussi bien les magasins d’alimentation que tous les autres commerces qui étaient contraints de fermer leurs portes jusqu’au 10 mai. »

Complément de salaire octroyé par l’employeur

En avril, un cinquième des travailleurs concernés a reçu un petit complément de salaire de leur employeur (hors fonds sociaux), soit deux fois plus comparé à fin mars, lorsque le système de chômage temporaire venait d’être introduit. À l’époque, seul un chômeur temporaire sur dix recevait un complément, comme le révèle une analyse précédente d’Acerta. « Lors des premières semaines de ‘chômage temporaire pour cause de force majeure’, personne ne savait réellement combien de temps cette situation allait durer, précise-t-elle. Tout le monde a été surpris par l’impact (économique) rapide du coronavirus. En avril, il était déjà clair pour de nombreux employeurs que la crise serait plus longue et plus dure financièrement que prévu. Bon nombre d’employeurs ont alors réagi en octroyant à leur personnel un complément à l’allocation de chômage temporaire. »

Hausse fulgurante dans le secteur financier

Si tous les secteurs ont été touchés par une hausse du nombre de chômeurs temporaires le mois dernier, ils ne l’ont pas tous été de la même façon. Les ouvriers, et en particulier les ouvriers du secteur des services, détiennent le pourcentage le plus élevé de travailleurs au chômage temporaire: 73% d’entre eux y ont été confrontés en avril. Quant aux employés, ce sont surtout les personnes actives dans le commerce et l’industrie manufacturière qui ont été mises au chômage temporaire durant au moins un jour. Le secteur financier enregistre l’augmentation la plus fulgurante de chômage temporaire, bien que la part reste relativement faible.

L’ancienneté n’est pas un facteur déterminant pour le chômage temporaire, au contraire de la taille de l’entreprise. Les détails de l’analyse sur le chômage temporaire ne montrent aucune corrélation entre le chômage temporaire et l’ancienneté: que vous soyez en service depuis longtemps ou depuis peu ne fait donc aucune différence. En revanche, la taille de l’entreprise semble être déterminante : plus l’entreprise est grande, moins elle a recours au chômage temporaire pour ses employés, tant en nombre de jours qu’en nombre d’employés concernés.

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