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Emmanuelle Léon (ESCP Business School): « Le travail hybride n'est ni vertueux, ni problématique »

L'important est de recentrer la discussion autour du « travail », souligne Emmanuelle Léon, professeure de GRH à ESCP Business School. « Le travail hybride joue le rôle d'une caisse de résonance. Il amplifie les déficiences structurelles des organisations et catalyse les frustrations des collaborateurs lorsqu'elles doivent s'exprimer. Le travail hybride est aussi une opportunité pour toutes les organisations d'améliorer leurs processus internes, leurs outils de collaboration et de s'en servir comme d'un levier de croissance. »

La professeure en est convaincue: c'est la manière dont l'employeur organise le management, la production, la collaboration et les flux de communication qui feront toute la différence. Dans un Livre blanc publié par ESCP Business School, Emmanuelle Léon, par ailleurs directrice de la Chaire Reinventing Work, répond à toute une série de questions que soulève le travail hybride: comment flexibiliser le travail sans le précariser? Comment l'adapter aux nouveaux enjeux de notre société? Comment accompagner les transformations digitales, humaines et organisationnelles et repenser parfois complètement l'entreprise? Un travail de fond qui vise à innover aussi en matière de fonctionnement, d'outils et de comportements individuels, sans oublier la gestion de la performance et les questions de management.

« Aujourd'hui, tout le monde tâtonne, observe-t-elle. Pour aider les chefs d'entreprise, mon conseil est de repenser les choses selon une grille d'analyse différente. La question n'est pas de savoir que faire des bureaux, mais de savoir quel est l'objectif de vos espaces de travail. » Elle en présente plusieurs dans le Livre blanc qui aborde également la question des risques liés au travail hybride. « Ils sont souvent plus difficiles à identifier qu'en présentiel, car certains sont invisibles », reconnaît Emmanuelle Léon qui cite l’isolement, le burn-out et les troubles musculo-squelettiques.

« La performance d'une organisation est par nature multidimensionnelle, conclut-elle. Ce n'est donc pas le travail hybride qui fait qu'une entreprise va échouer ou réussir. En revanche, il peut contribuer à faire changer de vieilles habitudes ou les perpétuer, à fédérer les équipes ou les diviser, à créer un collectif soudé ou favoriser le désengagement. N'oublions pas que toute pratique de management des ressources humaines repose sur les perceptions des dirigeants: le travail hybride ne fera pas exception à cette règle. »

Pour accéder au Livre blanc, suivez ce lien.

 

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