< Retour au sommaire

Deux bougies pour un budget mobilité qui peine à décoller

Le système touche à peine 1,5 travailleur sur 1.000 qui prétendent à une voiture de société. Au début 2000, il en concernait un sur 10.000. Un manque d’alternatives écologiques abordables à la voiture de société classique et la complexité de l’administration, tant pour l’employeur que pour le travailleur, mettent des bâtons dans les roues du budget mobilité. Le vrai démarrage viendra-t-il cette année?

Le budget mobilité fête son deuxième anniversaire ce 1er mars. Il remplace le Cash for car, à titre de réponse plus ambitieuse aux problèmes de mobilité. Mais deux ans après l’introduction du budget mobilité, seul 0,15 % des travailleurs éligibles pour une voiture de société a opté pour cette alternative, soit 1,5 sur 1000.

« Bien entendu, 0,15% est un taux très limité, commente Catherine Langenaeken, Senior Consultant chez Acerta. Il semble qu’un grand nombre de travailleurs et d’employeurs ne connaissent pas encore bien le concept. La crise du coronavirus a clairement montré le besoin d’une nouvelle forme de mobilité, mais l’urgence de la situation actuelle accapare leur attention. Le sujet de la mobilité a donc été mis sur une voie de garage. Sur la base des nombreuses questions que nous recevons, nous observons toutefois un intérêt pour le budget mobilité. Tant les employeurs que les travailleurs ont l’impression que la méthode de travail a changé pour de bon. Seulement, ils attendent maintenant de voir quelle direction exacte prendra le “travail du futur”, ce qui est compréhensible. Nous nous attendons à ce que la politique en matière de mobilité, et plus précisément la voiture de société, compte parmi les sujets que les RH voudront aborder. »

Des obstacles pour les travailleurs

Le budget mobilité constitue un levier vers une mobilité plus écologique. Il s’agit d’abandonner la voiture de société comme seule option en faveur de plusieurs solutions de mobilité parmi lesquelles le travailleur peut faire le meilleur choix, sans rogner sur le budget. Cette optique permet de promouvoir les solutions écologiques, car elles sont les plus avantageuses sur le plan fiscal. « Le système se heurte encore à des obstacles pratiques, confirme-t-elle. Même si vous optez pour une voiture plus petite, à cause des normes d’émission strictes, il ne vous reste plus de budget pour un vélo pliant ou un abonnement de bus par exemple. Les entreprises investissent notamment dans des bornes de recharge, mais, maintenant que nous travaillons davantage à domicile, cela nous importe peu. L’offre de voitures ET de possibilités de recharge ne fait pas encore partie intégrante de l’ambition écologique. »

Paiement du crédit hypothécaire via le budget mobilité

Pour l’employeur aussi, il y a encore un grand pas vers une politique de mobilité comprenant le budget mobilité. Les RH doivent contacter des partenaires offrant des solutions de mobilité. Et le suivi n’est pas des plus simples non plus, puisque chaque collaborateur peut choisir la meilleure solution pour lui. « Nous constatons qu’il est question d’assouplissements du concept, conclut Catherine Langenaeken. C’est logique, car, entre-temps, nous vivons et travaillons dans une autre réalité. Le lieu de travail détermine les déplacements domicile-lieu de travail, mais qu’en est-il en cas de télétravail? Nombreux sont ceux qui ignorent encore que le budget mobilité peut être utilisé pour payer les intérêts de votre crédit hypothécaire ou votre loyer. À partir du moment où vous travaillez à 60% depuis votre domicile, vous pouvez consacrer votre budget au financement des frais de logement. Une possibilité qui fait du budget mobilité une solution nettement plus intéressante pour bon nombre de travailleurs. »

 

Soyez le premier à réagir à cet article

Pour pouvoir réagir, vous devez vous connecter
< Retour au sommaire

Vous cherchez, vous trouvez!

HR Square | Revue, Infolettre, Réseau, Site web, Séminaires,...

Devenez membre maintenant!
Bénéficiez des avantages