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Deux Belges sur trois disposés à travailler temporairement ailleurs en raison de la crise sanitaire

Deux Belges sur trois déclarent qu’ils aimeraient travailler temporairement ailleurs si le besoin s’en faisait sentir. Par exemple, pour donner un coup de pouce dans le secteur des soins, où l’on manque actuellement de mains, ou dans les entreprises qui, en dépit ou précisément à cause du coronavirus, ont beaucoup de travail supplémentaire.

C'est ce qui ressort d’une enquête menée par Acerta auprès de 2.000 Belges actifs. Le Belge ne veut en revanche pas renoncer à ses acquis actuels (salaire et conditions de travail) et attend la certitude de pouvoir retourner à terme chez le premier employeur. « Ces chiffres montrent l’énorme potentiel du partage de travailleurs entre des entreprises et des secteurs, commente Kathelijne Verboomen, directrice du Centre de connaissances Acerta Consult. C'est une possibilité à laquelle presque personne ne pensait avant la crise du coronavirus. Les travailleurs dans des entreprises en difficulté pourraient travailler auprès d’autres entreprises qui ont précisément besoin de main-d’œuvre supplémentaire actuellement, par exemple parce qu’elles fabriquent de nouveaux produits ou se situent tout simplement dans un secteur où la demande a fortement augmenté en raison du coronavirus. Prenez les soins de santé, par exemple: il y a un très grand potentiel dans ce secteur par les temps qui courent. Les employeurs sont également ouverts à la possibilité d’échanger des travailleurs pour une période déterminée. Environ 40% y sont favorables, tant que les seuils pratiques et administratifs sont bien abordés au préalable. »

L’enthousiasme des travailleurs belges à passer temporairement à une autre entreprise se fait toutefois un peu moindre lorsque le besoin est moins élevé – comprenez: lorsque leur travail n’est pas en jeu en raison de difficultés financières ou de réorganisations. Mais il y a aussi d’autres motivations: 63% sont disposés à travailler temporairement ailleurs pour apprendre de nouvelles choses. Et pour éviter le risque de bore out aussi, 62% veulent chercher temporairement d’autres horizons.

Ouverture supérieure dans certains secteurs

Les travailleurs dans des secteurs actuellement en difficulté sont les plus ouverts à être employés ailleurs. En particulier dans les télécommunications (83%), dans le secteur publicitaire et événementiel, dans l’horeca (73%) et dans le secteur du tourisme (69%), on observe une volonté qui dépasse la moyenne. « C’est précisément dans les secteurs les plus touchés par la crise du coronavirus que les travailleurs sont actuellement disposés à travailler temporairement dans une autre entreprise, ajoute-t-elle. De nombreux travailleurs de l’horeca, du tourisme ainsi que du secteur de la communication et de l’événementiel sont ou ont longtemps été au chômage temporaire. Ils veulent continuer à travailler et sont par conséquent ouverts à un passage vers un autre secteur. En effet, il faut oser penser suffisamment large. Nous remarquons que le réflexe des fédérations et des secteurs est parfois plus conservateur que le réflexe des collaborateurs eux-mêmes. Acerta a par conséquent, en pleine crise du coronavirus, mis sur pied une plateforme de partage spéciale dédiée aux travailleurs, que nous avons baptisée ‘Bridge’. Nous voulons ainsi créer un lien entre les entreprises et les organisations pour échanger des travailleurs facilement et d’une manière juridiquement imparable. En effet, permettre à un maximum de personnes de rester sur le marché du travail est dans l’intérêt de notre économie. » 

Les collaborateurs ont tous – indépendamment donc du statut, de l’âge, du sexe, du niveau – à peu près la même volonté d’être partagés avec un autre employeur. Le management supérieur y est cependant un peu plus ouvert que, par exemple, le personnel de soutien administratif.

Travailler temporairement ailleurs procure de la sérénité

« 73% des collaborateurs qui étaient des semaines entières au chômage temporaire en période de coronavirus n’ont pas effectué un autre travail rémunéré, précise encore Kathelijne Verboomen. Si le chômage temporaire est effectivement temporaire, se déconnecter du travail peut faire du bien. Cela peut offrir une bouffée d’oxygène. Mais il est très important pour le bien-être mental d’avoir une perspective. Si le chômage temporaire menace de durer trop longtemps ou si sa durée est imprévisible, il peut être précisément réconfortant de savoir que travailler temporairement ailleurs est aussi une option. »

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