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À peine trois organisations sur dix disposent d'une politique à part entière en matière d’absentéisme

La majorité des entreprises estiment que leur politique en matière d’absences au travail a un impact sur leurs chiffres d'absentéisme. Toutefois, seules trois organisations sur dix joignent le geste à la parole en adoptant dans ce domaine une politique détaillée qui est suivie et communiquée en interne.

« De nombreuses organisations s’égarent, avec des actions isolées et des bonnes intentions, analyse Bart Teuwen, spécialiste de l’absentéisme au sein du groupe Mensura. Elles n'ont pas les ressources, le savoir-faire ou le temps nécessaires pour élaborer progressivement une politique qui favorise le bien-être et l'employabilité. » L’enquête réalisée par Mensura et Certimed auprès de plus de 500 employeurs montre que huit employeurs sur dix sont conscients que la politique de l'organisation a un impact sur l'absentéisme des salariés. Toutefois, cette prise de conscience ne se traduit pas nécessairement dans la pratique. Quatre organisations sur dix gèrent l'absentéisme de manière purement administrative. Aucune politique n'a été élaborée et les chiffres de l'absentéisme ne sont pas suivis.

« La santé mentale de nombreux travailleurs est actuellement sous pression, ajoute-t-il. Il suffit de penser à ceux qui travaillent dans les soins ou à domicile. Si aucune attention structurelle n’est portée à cette question dans le cadre d'une culture et d'une politique, le risque de rater des signaux et un décrochage potentiel grimpe en flèche. »

Procédures et dispositions

Un peu moins de 30% d'entre eux indiquent qu'il existe des dispositions et des procédures claires en matière d’absentéisme et que le respect de ces procédures par tous fait l’objet d'un suivi. Par ailleurs, près d'une organisation sur trois (30%) applique une politique en matière d'employabilité, laquelle est plus ou moins coordonnée avec la politique de bien-être, voire intégrée à celle-ci. Une attention structurelle est portée aux actions préventives et réactives, au rapport entre la charge de travail et la capacité à l’assumer et à la réinsertion des malades de longue durée.

« Une politique d'absentéisme claire, adaptée à l'organisation, a une incidence importante et positive sur les absences et la réintégration des collaborateurs, relève Bart Teuwen. En plus de procédures et de dispositions précises en matière d'absentéisme, un dialogue professionnel chaleureux est indispensable à une politique d'absentéisme positive. Ce faisant, le manager et le salarié chercheront activement et en concertation des solutions permettant à ce dernier de rester (partiellement) employable.

Des chiffres souvent drapés de mystère

Le suivi structurel des chiffres de l'absentéisme est un facteur essentiel pour réduire ce dernier. Toutefois, près du quart des employeurs affirment ne pas le faire. Ils indiquent, parmi les principales raisons, ne pas en voir l'utilité ou tout simplement ne pas disposer des bons outils. 44% des organisations examinent les chiffres des absences, mais ne parviennent pas à le faire de manière régulière ou structurée.

« Le fait que près de 70 % des organisations belges indiquent qu'elles n’assurent pas un suivi structurel des chiffres de l’absentéisme, ou que leur suivi est tout simplement inexistant, est relativement problématique, indique-t-il. Elles naviguent largement à l'aveugle dans la lutte contre ce phénomène. Les chiffres de l'absentéisme fournissent des informations importantes, non pas pour surveiller et réprimander un collègue absent, mais pour détecter et prévenir tout problème ou difficulté à un stade précoce. Lorsqu'un collaborateur a plusieurs absences de courte durée, c'est souvent le signe avant-coureur d'un problème plus grave. Par exemple un burn out ou d'autres failles mentales. En les détectant à temps, on peut éviter les défaillances de longue durée. »

La balle dans le camp de l'employeur

L'annonce selon laquelle les salariés des grandes entreprises pourront bientôt compter trois absences d'un jour par an pour cause de maladie, sans remettre de certificat, ne fait que renforcer la nécessité d'un suivi approfondi. « Le suivi dépend beaucoup plus de l'entreprise proprement dite, et plus particulièrement du manager. Il ou elle devra s'entretenir avec le collègue absent. Nos recherches montrent que des améliorations sont encore possibles dans ce domaine. Moins de la moitié des employeurs (42%) proposent aux managers une formation sur la manière de mener un entretien sur l'absentéisme. »

Certaines organisations craignent que la suppression partielle du certificat médical n'ouvre la porte à une multiplication des absences de courte durée. À tort, selon Bart Teuwen: « À condition qu’il existe une politique claire, que les procédures soient connues de tous et que les managers sachent comment aborder le sujet. Si ces éléments sont en place, cette suppression n'entraînera pas une progression de l’absentéisme, mais encouragera justement une approche plus proactive et plus préventive. »

 

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