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« La crise sanitaire a permis de franchir un cap »

Fondatrice de 4 You Consulting, Cathy Van Liempt est une spécialiste des expériences d’apprentissage innovantes, notamment en matière de digital learning. Elle partage une vue hélicoptère sur la façon dont les organisations ont adapté leurs approches de la formation en réponse aux contraintes de la crise sanitaire.

Où en étaient les entreprises en matière de formation à distance avant que ne soit décrété le confinement ?

Cathy Van Liempt : « Quand je posais la question de la digitalisation de la formation avant la crise, j’avais comme réponse: ‘Oui, peut-être. On va y penser. Il faudra un jour qu’on le fasse’. Aujourd’hui, la réponse est : ‘Oui, oui, vite, allons-y !’ Il y a eu comme un électrochoc. Le Covid-19 a permis de franchir un cap. Certaines entreprises avaient déjà une longueur d’avance, mais c’était loin d’être la norme. On restait souvent dans un schéma présentiel avec, à côté, du digital de façon assez cloisonnée. Le confinement a été l’occasion de déployer des nouveautés que les départements formation n’avaient pas encore eu l’occasion de lancer. Il faut préciser que cette faculté a été plus marquée au sein des entreprises que chez les prestataires. L’association Epsilon a ainsi mené une enquête auprès de responsables Learning & Development et de fournisseurs pour voir comment ils vivaient la crise. Les résultats ont été diamétralement opposés. Les premiers la vivaient comme une opportunité d’aller plus loin dans des projets qu’ils avaient en tête, alors que les seconds la voyaient plutôt comme une menace. »

Cathy Van Liempt, 4 You Consulting
« La crise sanitaire a fait qu’on a osé des choses qu’on n’aurait pas osées autrement. Présentiel et digital seront plus intégrés à l’avenir pour ouvrir de nouvelles pratiques au bénéfice de l’apprenant. »
© D.R.

En quoi cette situation particulière a-t-elle fait évoluer les pratiques ?

Cathy Van Liempt : « Il y a eu, dans les entreprises, à la fois un sentiment d’urgence et beaucoup de bienveillance. On a vu se former de véritables duos entre des responsables Learning & Development et des fournisseurs externes pour explorer des territoires inconnus. La philosophie a été d’y aller ensemble, d’essayer, de tester, de corriger en chemin s’il faut. On a osé des choses qu’on n’aurait pas osées autrement. Le climat était porteur, avec un droit reconnu à l’erreur. Il faut dire aussi qu’il y avait une carte à jouer face aux enjeux d’apprentissage amenés par un télétravail généralisé, par un management à distance, etc. Ce qu’on a beaucoup vu, ce sont les webinaires qui ont connu le succès et ont été appréciés. Ce format a désormais sa place en entreprise. Sur le podium également, la classe virtuelle s’est démarquée par son format rassurant et permettant un contact plus direct. Le présentiel aussi va évoluer car les formateurs ont été forcés de s’adapter au digital, voire y ont pris goût pour ce qu’il permet, comme le quizz en ligne. Présentiel et digital seront plus intégrés à l’avenir pour ouvrir de nouvelles pratiques au bénéfice de l’apprenant. »

Quelle stratégie envisager aujourd’hui, tant sur l’axe internalisation/externalisation que sur l’axe présentiel/distanciel ?

Cathy Van Liempt : « Ce qui importe, c’est le bon sens. Beaucoup dépend du sujet traité et de la valeur ajoutée de développer du contenu en interne, compte tenu des investissements requis et des messages clés à faire passer. Prenons un exemple : qu’on apprenne à faire un tableau croisé dynamique à Liège, Bruxelles ou Namur, ce sera pareil. Par contre, si on aborde une thématique ancrée dans l’ADN de l’entreprise, la développer en interne vaut la peine, en intégrant des experts de l’entreprise car cela crée un engagement. Sur le thème de la cybersécurité, si Hervé, responsable sécurité sur le site, explique le danger et comment y faire face, il aura plus d’impact que Brian, consultant dans une tour de bureau à San Francisco qui l’explique en anglais sous-titré français/néerlandais. La formation a aussi vocation d’être un levier de changement. Un même bon sens doit s’appliquer sur l’axe présentiel/distanciel. Pousser l’apprentissage via le mobile, c’est bien, mais tout le monde dispose-t-il d’un smartphone ? Le forfait mobile est-il suffisant pour permettre cet apprentissage dans de bonnes conditions ? Il ne faut pas recourir à une technologie parce qu’elle est à la mode, mais parce qu’elle a une valeur ajoutée et qu’elle permet de répondre à un objectif pédagogique. »

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