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Que pouvez-vous apprendre de l’évolution des pratiques RH des PME ?

En tant que DRH, il est utile d’avoir un œil sur la pratique RH des PME. Le baromètre de l’emploi des PME révèle ainsi qu’une sur trois veut donner un rôle plus important à la politique RH, que l’adéquation à la culture d’entreprise prend le pas sur la quête du candidat idéal et que le télétravail, le plan cafétéria ou le partage de travailleurs gagnent en intérêt. Si votre entreprise n’est pas bien positionnée sur tous ces sujets, vous prenez des risques dans la guerre des talents !

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Il serait présomptueux de croire que les grandes entreprises sont nécessairement à la pointe des thématiques RH. « Certaines PME, et notamment les start-up, peuvent avoir une belle imagination et des manières plus fraîches de concevoir le travail, et donc aussi des approches plus adaptées au marché du travail actuel », observe Michaël Zahlen, Senior Consultant chez Acerta. Bien sûr, on peut regarder le verre à moitié vide, en pointant les faiblesses des PME en matière RH : le premier baromètre semestriel de l’emploi des PME réalisé par Acerta et les organisations patronales ETION et VKW Limburg montre ainsi que deux PME sur trois peinent à trouver du personnel, qu’à peine 12% ont un responsable RH ou que seulement une sur deux mène systématiquement des entretiens d’évaluation avec leurs collaborateurs. Mais considérer le verre comme à moitié plein livre également quelques précieux enseignements aux DRH de plus grandes structures.

 

Michaël Zahlen (Acerta)

Sortir des sentiers battus

Aujourd’hui, pas moins de 20% des PME — soit une sur cinq — ont déjà une politique de travail à domicile structurel et 4% d’entre elles souhaitent même l’étendre davantage. De plus, 15% des PME prévoient d’introduire le télétravail structurel. « Ce qui signifie que plus d’une PME sur trois, suite à la crise du coronavirus, a compris qu’il s’agit d’une bonne manière de fonctionner. C’est assez impressionnant », indique Michaël Zahlen. Les PME qui ne pratiquent pas le télétravail et ne l’instaureront pas à l'avenir mentionnent comme raison principale que les fonctions des collaborateurs ne s’y prêtent pas (65%). « Il faut savoir que l’échantillon porte sur 690 entreprises de moins de 100 travailleurs, dont certaines peuvent être le boulanger du coin ou un salon de coiffure où il n’est bien sûr pas question de télétravail ! La pandémie a certainement été un coup de pouce pour sortir des sentiers battus, pour le travail à domicile ou pour d’autres nouveautés comme le partage de travailleurs. De nombreuses possibilités s’offrent encore aux PME, mais aussi aux plus grandes organisations, c’est certain. »

Temps d’adaptation

Autre enseignement interpellant : « Les PME considèrent désormais que l’adéquation avec la culture d’entreprise et l’esprit d’équipe prend le pas sur une correspondance parfaite avec le profil proposé », souligne encore Michaël Zahlen. Chez les employés et les ouvriers, l’adéquation avec la culture d’entreprise est (très) importante pour 95% (employés) et 84 % (ouvriers) des PME. L’adéquation avec l’esprit d’équipe est (très) importante pour 95% (employés) et 88% (ouvriers). Alors que trouver une personne qui correspond presque parfaitement au profil recherché n’est important que pour 68% (employés) et 59% (ouvriers) des PME. « Cette conviction que l’adéquation avec la culture d’entreprise est plus pertinente que la quête de la perle rare s’observait auparavant plutôt dans les grandes entreprises. Si l’apprentissage permanent et l’idée qu’il est plus facile d’ajuster les compétences et les connaissances que l’attitude se répandent dans les PME, nous avons parcouru du chemin. Même les PME semblent maintenant prêtes à consacrer un certain temps d’adaptation aux nouvelles recrues qui ne sont alors pas directement totalement opérationnelles. »

L’attitude des PME est probablement aussi en partie dictée par la prise de conscience des pénuries sur le marché de l’emploi. Après un an de coronavirus, 46% des PME déclarent ainsi qu'elles engageront dans les six mois, 17% attendent encore et 37% ne recruteront pas le prochain semestre. Les recrutements prévus sont durables : les PME envisagent principalement des contrats à durée indéterminée (cités par 78%) ; les contrats à durée déterminée et le travail intérimaire sont mentionnés aussi souvent l’un que l’autre (par 22%). À l’inverse, 49% des PME indiquent qu’elles ne licencieront pas de collaborateurs dans les six prochains mois, 35% estimant qu’il est trop tôt pour se prononcer. De plus, 8% pensent devoir résilier des contrats à durée indéterminée, 3% ne renouvelleront pas des contrats à durée déterminée et 2% envisagent de mettre fin au travail intérimaire. Cependant, les pensions et les stages temporaires amèneront aussi des travailleurs à quitter l’entreprise dans les six mois à venir…

Michaël Zahlen
Senior Consultant
Acerta

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