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Pourquoi le travail hybride exige plus que des règles sur le nombre de jours de travail à domicile ?

Alors qu’un employé sur quatre préfèrerait venir travailler au bureau tous les jours, un peu plus d’un sur dix choisiraient de travailler tout le temps à domicile. La crise de la Covid-19 a donné un sérieux coup d’accélérateur au télétravail, et il revient maintenant aux organisations de mettre en œuvre le travail hybride de l’après crise au moyen d’une politique bien réfléchie.

Le télétravail a progressé de 53% au cours des deux dernières années, mais 39% des Belges qui travaillent ne considèrent toujours pas le télétravail comme une option. Une étude d’Acerta montre en outre que la plupart des collaborateurs souhaitent travailler à domicile deux à trois jours par semaine. Mais il y en a qui se montrent plus radicaux dans leurs préférences : 24% des sondés préfèreraient venir travailler au bureau tous les jours ouvrables, tandis que 12% souhaiteraient travailler à la maison tous les jours.

Ces différences dans les souhaits et besoins exprimés peuvent s’expliquer en prêtant attention aux diverses situations que vivent les gens. Les employés plus âgés souhaitent généralement moins travailler à domicile que les plus jeunes, par exemple. Et ceux qui ne disposent pas d’un espace de travail adéquat à domicile préfèrent venir au bureau, tout comme les personnes qui ont des difficultés à séparer leur travail et leur vie privée lorsqu’ils travaillent à domicile. Une leçon importante de ces observations, mais aussi de nos contacts avec les organisations, c’est qu’après cette crise sanitaire, nous évoluerons vers de nouveaux arrangements de travail hybride.

Toutes ces attentes et ces besoins — de part et d’autre — rendent nécessaires la mise en place d’un cadre dans lequel les managers peuvent passer des accords avec les employés de leur équipe. Il est important que ce cadre ne détermine pas seulement le nombre de jours pendant lesquels on travaille ici ou là. Car, au final, ce n'est pas vraiment la question qui se pose. Il est beaucoup plus important que vous formuliez clairement les objectifs et les valeurs de l’entreprise à l’intention des collaborateurs, d'une part, et que vous concluiez des accords clairs en consultation avec eux, d’autre part. La mise en commun des deux démarches constitue le début d’une véritable solution hybride avec des accords sur mesure.

Commencer maintenant

Ce qui est frappant, c'est que les organisations pensent qu’elles sont en mesure de mettre rapidement en place un régime de travail à domicile. Nous savons cependant par expérience qu’une politique de travail hybride, solide et bien construite, nécessite du temps. Pour que des accords clairs sur l’organisation du travail hybride soient mis en place après l’été — en supposant que les mesures gouvernementales obligatoires sur le travail à domicile seront derrière nous à ce moment là —, les entreprises doivent se mettre au travail dès maintenant.

De nombreux facteurs sont à prendre en considération. Nous savons par expérience que la cohésion et la connexion des uns aux autres représentent un défi. Des réunions d’équipe régulières, physiquement au bureau, constituent une réponse importante en la matière. En même temps, il importe de continuer à offrir une certaine flexibilité aux collaborateurs, et donc de laisser la place à une solution provisoire au cas où l’un d’entre eux ne pourrait pas être au bureau ce jour-là, en lui permettant de participer par liaison vidéo, par exemple. Il convient donc de façonner ces nouveaux modes de travail avec les collaborateurs et de leur fournir les outils et compétences numériques nécessaires pour rester en contact.

Une autre problématique à laquelle les organisations sont confrontées est celle relative aux emplois qui rendent le travail à domicile impossible — ou, du moins, c’est ce que les gens en pensent. Il en existe bien sûr quelques-uns pour lesquels c’est le cas, même si nous constatons souvent qu’une analyse approfondie des tâches révèle qu’il existe alors des possibilités de télétravail auxquelles on n’avait pas pensé. Il existe ainsi des entreprises qui réussissent à offrir aux assistants de laboratoire la possibilité de travailler en partie à domicile pour la partie administrative de leur travail.

Les organisations qui s’en donnent les moyens et prennent le temps de développer une réelle politique de travail hybride en récolteront les fruits, en ayant des collaborateurs plus satisfaits, plus engagés et plus productifs, tout en rendant leur image d’employeur plus attractive — autant d’atouts sur un marché du travail qui connaît encore à l’heure actuelle d’importantes pénuries…

Benoît Caufriez
Director
Acerta Consult

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