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Votre perception du « plan cafétéria » est-elle la bonne ?

La faisabilité d’un plan cafétéria est envisagée de façon nettement plus positive par les employeurs que par le passé, mais ces derniers n’ont pas encore pris la mesure de la demande chez leurs collaborateurs. Ils ont en outre une perception tronquée des avantages que ceux-ci plébiscitent. Plus que jamais, l’outil se révèle intéressant pour attirer et fidéliser les talents, y compris à l’échelle de PME.

S’il n’existe toujours pas de cadre juridique relatif au plan cafétéria, les mentalités des employeurs ont fortement évolué ces dernières années à son égard. « Permettre au travailleur de composer lui-même une partie de son package salarial a toujours suscité de l’intérêt, mais l’idée avait mauvaise presse du fait de l’incertitude juridique associée et d’une méconnaissance des possibilités réelles si l’entreprise est bien accompagnée, reconnaît Catherine Langenaeken, Senior Consultant Legal & Reward chez Acerta. La norme salariale rendant depuis plusieurs années les marges de manoeuvre pour attirer et fidéliser les talents particulièrement étroites, les employeurs y voient aujourd’hui une manière d’être créatifs et modernes sans augmenter les coûts. Et le fait que de tels plans se répandent incite les plus hésitants, y compris les PME, à se lancer. »

C’est ce que confirme une récente enquête d’Acerta : 10% d’employeurs en moins que par le passé indiquent les obstacles liés à la législation et à l’organisation du travail comme étant une entrave. Pour autant, beaucoup sous-estiment encore la demande de rémunération flexible. Ainsi, 43% des employeurs donnent la priorité à un plan cafétéria, tandis que 70% des travailleurs déclarent l’attendre. Mais ce n’est pas le seul aspect sur lequel les perceptions divergent. La priorité donnée aux divers éléments composant le « menu » varie également de part et d’autre.

De l’épargne pension, des jours de vacances supplémentaires et la voiture de société ressortent comme étant les principaux éléments d’un plan cafétéria, du moins aux yeux des employeurs. « Cependant, les vacances pèsent le plus lourd dans la balance en ce qui concerne les travailleurs, tandis que l’employeur pense marquer des points avec des éléments matériels — voiture, smartphone, tablette —, note Catherine Langenaeken. Le travailleur ne place la voiture de société qu’en quatrième position et celle-ci obtient un score nettement plus bas (17%) que le top 3 : 31% des travailleurs sont favorables à l’échange de jours de congé (extralégaux) contre des espèces et, à l’inverse, 26% en faveur d’un échange de salaire contre des jours de vacances supplémentaires. 25% veulent investir dans leur retraite. »

Autrement dit : les employeurs ont encore de la marge pour se montrer créatifs, et en particulier par rapport aux vacances. « Acheter ou vendre des jours de congé constitue une option rendant une solution cafétéria possible, même dans les entreprises où la rémunération est en grande partie déterminée par des barèmes. Pensez par exemple au non-marchand ou aux organismes publics. Attention, cette possibilité concerne les jours de vacances supplémentaires, pas les jours de vacances légaux. La mise en place doit systématiquement suivre les règles sectorielles. »

La formation est un autre aspect pour lequel les employeurs voient davantage d’intérêt que les travailleurs en tant qu’ingrédient entrant dans un plan cafétéria. En 2018, seuls 7% de ces derniers ont soulevé cette option comme intéressante à leurs yeux, là où 16% des employeurs pensent que leurs travailleurs voudraient l’avoir dans un plan reprenant uniquement trois avantages. 19% envisageraient même de la proposer à leurs travailleurs comme une des trois possibilités de choix. « Les collaborateurs jugent sans doute que c’est à leur employeur de payer pour leur formation, note-t-elle. On voit que quand la possibilité existe dans un plan, le travailleur ne la saisit que rarement. »

Si les possibilités en termes d’avantages à offrir ne sont pas infinies, elles sont souvent plus nombreuses que ne le pensent les entreprises, conclut Catherine Langenaeken. « Il importe que celles choisies soient adaptées à la philosophie, aux valeurs et à la stratégie de l’entreprise. Autre conseil : ne vous montrez pas hyper-ambitieux au début et ciblez les avantages offerts sur base d’une petite enquête auprès du personnel pour cerner les attentes. Une telle enquête mérite d’être menée après un ou deux ans, car l’avantage du plan cafétéria est par ailleurs de ne pas être figé : il peut évoluer en fonction de la maturité des usages qui en sont faits ou de l’évolution de votre population. »

Catherine Langenaeken
Senior Consultant Legal & Reward
Acerta

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