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Pourquoi oser parler de vulnérabilité en entreprise ?

Généralement, le mot « vulnérabilité » se voit directement affublé du label « soft ». Il s’agit en tout cas d’un concept qui semble se situer à mille lieues — voir davantage — du monde de l’entreprise, de la rentabilité et de la croissance du chiffre d’affaires au point de n’être pas digne d’intérêt. Mais est-on vraiment dans le bon ?

Il faut du courage en tant qu’organisation active dans le conseil pour mettre à l’avant-plan le thème de la vulnérabilité. Pourtant, c’est ce que nous faisons. Car nous en avons plus que jamais la ferme conviction : c’est précisément un des leviers à activer dans les années à venir. Autoriser la vulnérabilité et l’intégrer à notre façon de penser et d’agir , c’est sortir de la superficialité et de la volatilité. Et toute forme d’idéalisme — ce à quoi tient le thème de la vulnérabilité — peut toujours être contrée.

Qu’on le veuille ou non, la vulnérabilité existe chez les gens. Au cours d’un coaching ou d’un accompagnement de carrière, nous pouvons observer des travailleurs en situation de vulnérabilité. Dans ces moments — la plupart du temps vécus avec une personne étrangère, inconnue —, il est plus facile de l’accepter, et on la trouve pour ainsi dire presque normale. Montrer de la vulnérabilité à l’occasion de réunions d’équipe est moins fréquent et, quand se tient un conseil d’administration ou une séance du comité de direction, on y parle alors de choses vraiment sérieuses, non ?

Hors du catalogue des compétences

Lors d’assessment centers, ou dans le cadre de trajets de développement du leadership, nous voyons souvent des collaborateurs aux prises avec la « vulnérabilité ». Les participants — souvent de futurs managers — veulent faire leurs preuves, démontrer à quel point ils sont bons et aussi se montrer forts. Parler de ses faiblesses, s’attarder sur ses peurs et parler de qui on est vraiment ou qui on souhaiterait être apparaît comme une étape à ne surtout pas franchir.

Des activités telles que les assessments centers et les formations représentent souvent un maillon dans un processus et une culture où « performer » est encore trop souvent synonyme de produire des résultats, scorer, avoir de l’impact,… et moins lié à l’être-même des personnes. La mission que reçoivent ces prestataires est aussi d’évaluer des compétences et de venir avec une évaluation et/ou un développement objectifs.

Dans la plupart des entreprises, le mot « vulnérabilité » n’appartient pas encore au vocabulaire normal. Reprendre la vulnérabilité dans la liste des compétences serait-il la solution ? Non, car la vulnérabilité est présente, et chez tout le monde. C’est surtout la manière de traiter la question en tant qu’organisation qui va faire la différence. L e fait de supprimer toute vulnérabilité cause énormément de pression chez les gens et entrave l’idéalisme.

Considérer la vulnérabilité d’un autre œil semble donc être un premier pas dans la bonne direction. Trop souvent, en effet, elle est perçue comme une faiblesse. Pourtant, elle n’en est pas une. La faiblesse est un statut, un diagnostic, une norme. Par contre, la vulnérabilité implique un processus, le fait d’y travailler et est loin d’être définitive. La vulnérabilité fait appel à la relation et crée du lien.

Objectif : accroître les capacités d’apprentissage et de résilience

Pour Securex, la mission est d’amener les entreprises dans la perspective de créer une culture faisant une place à la vulnérabilité. Encourager un leadership où la vulnérabilité peut être un sujet représenterait un choix courageux. Il rend justice à l’autre et est basé sur le respect. Il permet l’imperfection et aurait dès lors un impact direct sur l’apprentissage et sur le développement des collaborateurs. Vous sentir tout de même en sécurité et compris, à un moment où vous « désapprenez » et où vous vous mettez parfois, de façon figurée, à nu, vous donnerait la force de continuer et de vous armer pour l’avenir.

Pouvoir travailler dans une équipe où de la vulnérabilité peut être montrée augmentera indubitablement les capacités d’apprentissage et de résilience des collaborateurs et, avec le temps, réduira les nombreuses affections psychologiques. Nos rencontres avec des managers, des équipes et des individus, où j'ai eu moi-même la chance de pouvoir travailler à ce niveau, se sont inscrites dans la durée. Et nous sommes convaincus que ce n’est pas le cas uniquement chez nous…

Jan Devolder
Managing Consultant
Securex

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