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Comment s’inscrire dans la numérisation et la digitalisation de notre économie ?

Faut-il voir dans la numérisation et la robotisation une menace ou une opportunité en termes d’emploi ? Les avis sont partagés. Une certitude : d’autres compétences seront nécessaires. Les employeurs ont tout intérêt à mieux identifier les talents sous-exploités dont ils disposent et à les mobiliser. Un cadre réglementaire adapté devrait aussi pouvoir faciliter les réponses à donner dans un monde qui change. Une contribution rédactionelle de Benoît Caufriez, Business Manager chez Acerta Consult.

La numérisation et la robotisation devraient offrir la possibilité d’engager de nouveaux travailleurs. C’est ce que disent 79% des 469 CEO et membres de la direction interrogés par Acerta. En parallèle, huit répondants sur dix affirment que la numérisation va les obliger à licencier plus de 5% de leur personnel, alors que moins de six sur dix tablent sur plus de 5% de nouveaux engagements. Globalement, des emplois seront donc perdus. « Mais un certain nombre d’opportunités ressortent également, note Benoît Caufriez. À chaque révolution industrielle, des craintes pour l’emploi se sont exprimées, sans pour autant qu’elles ne se matérialisent avec l’intensité estimée. En réalité, il n’y a pas de fatalité. La plupart des employeurs sont d’ailleurs déjà en train de se préparer à la digitalisation, dont ils estiment les impacts à court ou moyen terme. Les défis actuels, qui sont nombreux, sont aussi l’occasion pour les entreprise de se repositionner. »

L’étude montre que des embauches seront nécessaires car la production augmente (28% sont de cet avis) et le contenu des emplois change, ce qui exige d’engager des travailleurs ayant d’autres compétences (51%). « Au vu de la pénurie actuelle de talents et de la demande croissante de flexibilité, les employeurs gagneront à chercher une partie des nouvelles capacités auprès des collaborateurs dont ils disposent déjà, ajoute-t-il. Les formations joueront un rôle crucial, mais il importe également de s’ouvrir au potentiel inexploité qui réside dans chaque collaborateur et qui peut être mobilisé pour répondre à des réalités changeantes. »

Benoît Caufriez se refuse au pessimisme. « Ces 20 dernières années, nos pays ont perdu pas mal de leurs unités de production, notamment au profit des pays d’Europe de l’Est en raison d’une main d’œuvre moins chère, illustre-t-il. La numérisation et la robotisation vont tendre à réduire l’avantage concurrentiel que représente le coût du travail, ce qui peut avoir pour effet de relocaliser chez nous certaines productions. D’autant plus que les enjeux de mobilité grandissent et rendent les déplacements plus difficiles et plus coûteux. Le monde est plus ouvert qu’on ne le pense. »

Comment les entreprises peuvent-elles identifier les talents sous-exploités ? « Nous avons différents outils y contribuant comme l’Analyse des Talents et Motivations (TMA), une méthode qui permet de répertorier, de façon rapide, détaillée et scientifique, les motivations et les talents des collaborateurs. Quelqu’un qui travaille dans ses talents mobilise de l’énergie et se motive lui-même, là où celui qui travaille en dehors de ses talents en dépense beaucoup et a besoin d’être motivé et davantage coaché. Un tel outil permet de détecter ce qui motive les gens, mais aussi ce qu’ils savent et aiment faire et qui est parfois inconnu de l’employeur. »

Benoît Caufriez l’illustre d’un exemple. « Un travailleur actif dans la vente de services peut être épanoui dans son job. En parallèle, dans sa vie privée, il se peut qu’il adore comparer, analyser la qualité des produits, chercher la meilleure offre. Il se documente et arrive au magasin en connaissant mieux les spécificités techniques des produits que les vendeurs. Au point que sa famille et ses amis le sollicitent lorsqu’ils ont un achat à faire. Ce travailleur pourrait donc aussi exceller dans une fonction d’acheteur, mais son employeur ne le sait pas… Ce genre d’outils peut permettre de le détecter. »

Le nouveau paysage amené par la numérisation et la robotisation demande enfin la mise à jour en profondeur du cadre législatif relatif au travail, conclut-il. « Les mesures prises dans le cadre de la Loi sur le Travail faisable et maniable représente un pas dans la bonne direction, mais ne sont pas assez élaborées pour combler les nouveaux besoins auxquels les entreprises devront satisfaire. Prenez l’e-commerce : le cadre légal a été implémenté trop tard, ce qui a mené certaines entreprises à partir aux Pays-Bas. Le co-sourcing offre de nombreuses opportunités, en particulier aux PME, mais n’est pas assez encouragé chez nous. Une adaptation du cadre réglementaire est nécessaire pour que les employeurs puissent affronter plus rapidement à ce nouvel environnement. »


Benoît Caufriez

Business Manager
Acerta Consult

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