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Comment réussir le retour au travail après une pathologie chronique sévère ?

Le nombre de personnes en incapacité de travail a augmenté ces dernières années au point que le budget consacré par l’État aux indemnités d’incapacité et d'invalidité est désormais supérieur à celui du chômage. Face à l’enjeu du retour au travail après absence de longue durée pour une cause de maladie grave, les employeurs restent pourtant démunis. D’où l’intérêt d’investir dans le disability management.

« La majorité des personnes qui ont été absentes de longue durée à cause d’une maladie chronique ou d’une invalidité ne demandent généralement qu’une chose : se réinsérer professionnellement, confie Catherine Choque, Project Manager responsable du projet SenseCare. Mais plus l’absence a été longue, plus un retour au travail est compliqué, voire improbable. Et les travailleurs ne sont pas seuls à se sentir démunis en la matière. Les départements RH le sont tout autant, conscients du fait que des choses doivent être mises en place, mais sans forcément savoir lesquelles, ni comment. »

C’est dans cette optique que SenseCare étend son offre d’accompagnement relative au burn-out pour offrir une approche globale et intégrée au niveau individuel, collectif et organisationnel permettant un retour au travail après une absence de longue durée de tout travailleur qui aurait connu une maladie chronique ou une invalidité. Pour ce faire, l’équipe s’associe à Magali Mertens de Wilmars qui, après avoir elle-même vécu la maladie, a fondé voici quelques années l’a.s.b.l. Travail & Cancer. « Face au constat d’un réel manque pour accompagner le retour au travail après un cancer, l’idée était de structurer un trajet et de travailler à la compréhension des enjeux sous-jacents, pour éviter que la personne ne revienne au travail insuffisamment préparée et/ou que son environnement ne soit pas adapté, avec le risque de foncer dans le mur. »

Car un retour au travail s’anticipe, se prépare, s’accompagne sur le moment, et exige aussi un suivi dans la durée. Outre l’accompagnement de la personne, l’entreprise a tout intérêt à informer, à former et à coacher ses équipes RH et la ligne hiérarchique afin de se donner toutes les chances de succès. Car l’équation peut être gagnante pour toutes les parties. « Le patient va se réintégrer dans la société, récupère un revenu, regagne de la confiance et revient au travail en ayant appris beaucoup de choses sur lui-même, ajoute-t-elle. L’employeur, de son côté, préserve le savoir-faire dont il dispose, montre qu’il se soucie des collaborateurs aussi quand ils vont moins bien et peut même valoriser les compétences nouvelles que la personne a développées face à la maladie. En gérant bien le retour, on peut éviter les situations d’échec où la personne retombe en absence, voire connaît le burn-out, ce qui constitue une perte pour tout le monde. »

Si le burn-out est une priorité du fédéral depuis plusieurs années, l’employeur ne peut agir uniquement sur ce front ou celui du cancer, mais doit prendre en considération l’ensemble des pathologies. « Or, les différentes maladies ont leurs spécificités, souligne Catherine Choque. Il y a en outre nécessité de s’adapter à la réalité vécue par chacun et à ses besoins. D’où l’idée de développer une approche large et inclusive de disability management. Une partie du trajet peut être commune à toutes les pathologies, l’autre partie devant s’adapter aux enjeux spécifiques que posent, par exemple, le burn-out, le cancer et les autres maladies chroniques. »

Le rôle du disability manager n’est absolument pas d’avoir toutes les réponses, reprend Magali Mertens de Wilmars. « L’idée est au contraire de mettre les différents acteurs en jeu autour de la table et, grâce à un framework établi et validé au plan international, d’écouter les besoins et les enjeux pour aboutir à des solutions co-construites. » Une constante : que ce soit après un burn-out, un cancer ou d’autres maladies, se pose la question du sens. « Les gens se disent : ‘Si ma vie devait finir demain, qu’est-ce que je ferais aujourd’hui ?’ Certains répondront qu’ils quittent tout pour voyager, mais je vois énormément de personnes pour qui leur métier est extrêmement important et reste leur priorité, mais souvent avec la volonté de l’exercer autrement. »

La crise sanitaire est encore venue accélérer cette prise de conscience. « L’anxiété et la peur de la mort dont on parle beaucoup plus librement changent l’échelle des valeurs, conclut Catherine Choque. Il sera important aussi de réfléchir à la réintégration après absence pour cause de Covid. Que ce soit parce qu’on a contracté la maladie, mais aussi si on a dû longuement arrêter le travail pour cause de chômage temporaire, ou même si on a vécu une forme d’isolement en télétravail forcé. On peut avoir été ‘malade’ de cette crise sanitaire sans avoir contracté le virus ! »

Catherine Choque
Project Manager
SenseCare (Groupe CESI)

Magali Mertens de Wilmars
Secrétaire générale
Travail & Cancer

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