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Comment (bien) décider en situation de crise ?

Bien décider n’est jamais simple, a fortiori en situation de crise majeure, comme celle que nous fait vivre aujourd’hui le Covid-19. L’occasion de réfléchir ensemble aux moyens de prendre les meilleures décisions possibles, malgré tout.

Une décision… c’est toujours difficile à prendre ?

Oui, toujours, puisqu’il y a toujours un pari à la clé, une part d’incertitude et même de mystère. On ne sait jamais par avance ce qui va se passer ensuite, d’autant que nous vivons dans un monde en mouvement permanent, et que d’autres prennent en parallèle d’autres décisions qui vont affecter aussi le résultat. Mais, dans tous les cas, même si c’est difficile, je crois qu’il est toujours important d’oser décider. Mieux vaut une déception qu’un regret !

Qu’est-ce qui rend la question plus délicate encore en période de crise ?

La pression qui va avec ! Et qui pèse sur le dirigeant plus que d’habitude. On lui demande de savoir pour nous, on attend de lui qu’il nous donne de la visibilité. Là, tout de suite, pour nous rassurer. Les biais d’autorité ont ainsi tendance à s’accentuer, on attend plus du « chef » et sous la pression, le risque d’erreur est plus élevé… Il faut savoir résister, prendre le temps, garder son sang-froid…

 
Comment faire alors pour aborder au mieux les décisions à prendre ?

D’abord en sachant créer de nouveaux éclairages, notamment pour répondre à un biais naturel de confirmation, accentuée par l’inquiétude née de la crise. C’est au contraire l’occasion — dans une situation par nature inédite — d’aller chercher de nouvelles informations, auprès de nouvelles sources, en veillant à leur pertinence et à leur fraîcheur. D’où l’intérêt aussi de développer une pensée divergente…

Qu’entendez-vous ici par « pensée divergente » ?

Je crois qu’il est d’autant plus important — en situation de crise — de sortir de ses schémas de pensée habituels. Car il y a un risque majeur sinon de conformisme, le groupe se rassurant autour de ses positions connues. Or, qui dit crise, dit aussi nouveauté. Pourquoi ne pas aller chercher ainsi du « conflit cognitif » ? Créer des échanges et du débat avec des gens différents, qui ne pensent pas comme nous ? A l’intérieur ou à l’extérieur de l’entreprise ? Pour imaginer ainsi des solutions nouvelles…

Mais une fois la décision posée ?

La décision doit être pensée aussi par rapport à son portage. Il va être essentiel en effet de pouvoir rendre explicite à tous l’ensemble du processus, c’est-à-dire aussi bien les logiques d’analyse sous-jacentes que les dispositifs de mise en œuvre et le story-telling positif associé. D’accord ou pas, chacun des interlocuteurs concernés doit comprendre ainsi clairement ce dont il est question, comment et pourquoi le dirigeant a pris cette position, et quel sens elle fait.

Et si vous aviez un dernier conseil ?

Je proposerais volontiers, en situation crise, de tout faire pour réduire la complexité. Car il y a déjà beaucoup d’incertitude autour de nous, ce n’est donc pas le moment d’en rajouter. Faire bien, c’est aussi savoir faire simple, revenir aux fondamentaux, simplifier les processus. Les crises nous ramènent souvent à l’essentiel.

Dominique Duquesnoy
Directeur général
PerformanSe

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