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On ne change pas les entreprises par décret

Auteur:François Dupuy
Editeur:Éditions du Seuil, 240 pages.
ISBN:978-2-02-134696-1
Prix:€19
Dans le monde de l’entreprise, chacun sait ce qu’il faudrait faire, mais personne ne sait comment s’y prendre. Après avoir montré ce qui n’allait pas (Lost in management 1), puis identifié les causes des errements (La Faillite de la pensée managériale, Lost in management 2), le sociologue François Dupuy s’attelle aux solutions concrètes dans ce ‘Lost in management 3’ et jette les bases d’une théorie de l’action managériale.

Loin des modes successives qui prétendent révolutionner le management, François Dupuy s’appuie sur le fonctionnement réel des organisations pour montrer qu’il est possible de travailler autrement. À condition de savoir cultiver la confiance et de développer l’intuition, les dirigeants peuvent éviter les faux remèdes qui ne font qu’aggraver le mal et accomplir la nécessaire transformation de leur entreprise, souligne celui qui a enseigné à l’INSEAD et dans plusieurs business schools à travers le monde. Il conseille de nombreux dirigeants en Europe. Le premier volume de Lost in management a reçu le Prix du meilleur ouvrage sur le monde du travail en 2012.

Après une longue — mais indispensable — première partie consacrée à la compréhension du problème et à l’importance de la connaissance, l’auteur entre dans l’action en examinant tout d’abord les leviers permettant une réelle transformation des comportements, donc des organisations, avant d’aborder la question de l’anticipation des effets induits. Il traite ensuite de la mise en œuvre, en partant des conditions permettant de créer la confiance et de la vertu de la complexité. La conclusion s’attache quant à elle à la question du rôle du dirigeant dans la mise en œuvre ainsi qu’à celle de l’importance de la formation pour parvenir à des organisations ouvertes.

« Le taylorisme comme mode de raisonnement, et par voie de conséquence comme mode d’organisation, connaît une forme d’apogée, observe-t-il dans ce troisième tome. La distance entre le discours dominant moderniste et la pratique dominante conservatrice ne cesse de croître. » François Dupuy pointe cependant deux « signaux faibles » qui indiqueraient un vrai changement de paradigme, et ceux-ci lui paraissent plein de promesses: « Un changement de paradigme s’esquisse discrètement autour de la gestion des communs’, d’une part, et, d’autre part, les discussions autour de la ‘raison d’être’ de l’entreprise. »

À noter que cet ouvrage qui a été terminé juste avant la crise sanitaire initiée en mars 2020 dans nos pays conserve toute son actualité. « Je n’en changerais pas un seul mot, nous avait confié François Dupuy à l’occasion de l’interview qu’il nous avait accordé voici quelques mois. Ce n’est pas un livre conjoncturel. Mais il est vrai que la crise a constitué un levier impressionnant de changement, à tout le moins en France. Notre pays est extraordinairement conservateur. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les Français font tant de révolutions. Elles sont la conséquence du conservatisme. Pour arriver à changer quelque chose chez nous, il faut une révolution. C’est pareil dans les entreprises: il faut des révolutions pour changer les modalités de travail. En ce sens, cette épidémie vaut mille livres dénonçant les dangers de ce modèle économique fait de taylorisme et de pesanteurs bureaucratiques encore ultra-dominant dans les sociétés. Mon espérance, c’est que si cette crise pouvait enfin mettre à mal les bureaucraties qui, avant la crise, étaient plus présentes dans les entreprises qu’elles ne l’ont jamais été, et en réduire l’impact, ce serait une excellente chose. Et on donnerait ainsi raison à l’adage: à quelque chose, malheur est bon… »

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