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Les servitudes du bien-être au travail

Auteur:Sophie Le Garrec (dir.)
Editeur:Éditions érès, 296 pages.
ISBN:978-2-7492-6872-9
Prix:€25
Les injonctions à être heureux au travail caractérisant le nouveau management engendrent paradoxalement une fragilisation physique et psychique des travailleurs, qui ne parviennent pas à cet objectif illusoire, observe Sophie Le Garrec dans cet ouvrage réunissant plusieurs spécialistes des sciences humaines et sociales. Leur analyse des transformations du monde du travail et de leurs effets sur la santé interpelle.

Alors que le bonheur de travailler — ou cette quête contrainte d’être impérativement heureux au travail — n’a jamais été autant proclamé, c’est le mal-être et la souffrance qui s’accroissent statistiquement dans la réalité des entreprises, mais aussi des services publics, observe Sophie Le Garrec, sociologue et maître d’enseignement et de recherche à l’université de Fribourg (chaire francophone de travail social et politiques sociales).

Ne pas atteindre cet objectif de « bonheur au travail », ou ne pas réussir à tenir ce paraître émotionnel sur la durée, deviendrait même une non-compétence, un stigmate de faillibilité personnelle. « Selon les rhétoriques managériales, la solution repose sur le seul individu auquel il s’agit de fournir des outils d’autodiagnostic, d’autothérapie ‘clés en main’ à travers une litanie de bons-mots-bien-dits-bien-faisants qui modifie en profondeur nos rapports au travail avec une focale exclusive: celle de l’individualisation responsabilisante. »

Pour ces spécialistes issus de différentes disciplines des sciences humaines et sociales — dont Danièle Linhart, Dominique Lhuilier ou encore Yves Clot —, si le mal-être et la souffrance s’accroissent statistiquement dans la réalité des entreprises, mais aussi des services publics, c’est probablement parce que « le bonheur prescrit n’est qu’une coquille vide masquant un délitement des conditions, une perte de sens de son travail, l’invisibilité progressive de ce qui constitue le cœur de son métier. La perte de sens de son travail, l’invisibilité progressive de ce qui constitue le cœur de son métier reviennent comme des arguments forts dans la quasi-totalité des études en sciences sociales sur les liens entre santé et travail. »

La dernière partie du livre appelle un renouveau des approches en santé au travail, dans une logique de performance soutenable.

 

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