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Le paradis du consommateur est devenu l’enfer du travailleur

Auteur:Denis Pennel
Editeur:Éditions du Panthéon, 303 pages.
ISBN:978-2-7547-5226-8 

Prix:€20,90
Le paradis du consommateur est devenu l’enfer du travailleur, nous dit très justement Denis Pennel dans son dernier livre. L’individu se retrouve pris dans une tenaille schizophrénique entre, d’une part, sa volonté de consommer toujours plus et, d’autre part, le risque majeur de perdre son emploi à cause de l’automatisation ou d’une externalisation de sa fonction. Car qui dit économie à la demande, dit travail à la demande!

L’entrée dans le XXIe siècle a consacré une révolution de notre modèle économique: le passage d’une économie de masse à une économie dictée par la demande. Une soif de consommation effrénée et immédiate de produits personnalisés, fabriqués à la demande, s’est généralisée. Une nouvelle ère où le consommateur, devenu roi, impose aux entreprises de se réorganiser pour devenir plus agiles, et ce, au détriment des travailleurs, explique Denis Pennel, influenceur, conférencier et auteur de plusieurs livres à succès — dont Travail, la soif de liberté (2017) et Travailler pour soi (2013). « La forme d’emploi prédominante au XIXe siècle — le salariat à temps plein — ne convient plus pour servir ces nouveaux consommateurs toujours désireux d’acheter plus vite, de façon impulsive et quasi instantanée. Pas étonnant donc que le travail à la demande, c’est-à-dire payé uniquement quand le travailleur est actif, se développe. Seul le travail productif est alors rémunéré ! »

L’auteur dépeint une société de surabondance, caractérisée par le gaspillage des ressources, une hausse des inégalités, et une course folle vers le « toujours plus ». Mais la crise du Covid-19 lance comme un signal d’alerte : « Elle a exacerbé le fait que notre dogme productiviste, fondé sur quatre logiques — extraire, produire, consommer, jeter — ne pouvait plus durer. Cette crise doit nous amener à nous poser les bonnes questions lorsque nous reprendrons nos vies normales. De quoi avons-nous réellement manqué ? Qu’est-ce qui, au contraire, nous a enrichis au cours de ces jours passés chez nous, au sein de notre famille rapprochée. Sommes-nous prêts à revoir nos modes de consommation, à payer plus cher des produits de qualité fabriqués localement, à ne pas céder à la pulsion d’acheter pour le simple désir de dépenser ? »

Plus fondamentalement : comment repenser notre système capitaliste pour qu’il devienne plus inclusif et équitable, et que chacun trouve sa part et sa juste place ? Quel rôle tient l’État dans ce nouveau paradigme, notamment en ce qui concerne la refonte de nos systèmes de protection sociale ? Face à ces questions, Denis Pennel prône la nécessité de nouer un nouveau contrat social : consommer moins mais mieux, recréer du lien et du dialogue entre les citoyens, combattre la marchandisation du travail, mettre en place un capitalisme au service de l’humain.

Plusieurs chapitres interpellent directement les directeurs des ressources humaines et leurs équipes. Que ce soit dans la partie du « constat » — l’entreprise éclate et sort de ses murs, le travail devient protéiforme et liquide —, que dans celle des « maux » — vers une (re)marchandisation du travail, et si l’entreprise se « consumérisait » elle aussi ? — et, bien entendu, dans les « remèdes » — pour un travail plus humain avec, notamment, l’appel à une écologie humaine du travail. « À elle seule, la crise du Covid-19 n’a pas le pouvoir de changer structurellement nos habitudes et nos comportements néfastes. Mais elle va servir de révélateur, de catalyseur, d’accélérateur, conclut-il. La tâche est immense et il faudra plus qu’un lifting de surface… »

 

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