< Retour au sommaire

Je suis un RH

Auteur:Kévyn Gagné
Editeur:Éditions du Panthéon, 192 pages.
ISBN:978-2-7547-5134-6
Prix:€17,90
Les RH n’ont pas toujours bonne réputation, et bon nombre de travailleurs n’hésitent pas à les qualifier un peu vite d’incompétents. Sous forme d’historiettes, le DRH québécois Kévyn Gagné raconte le monde du travail au travers de scènes quotidiennes et du vécu des collaborateurs et managers, le tout assaisonné d’un zeste d’humour. L’occasion, par le rire, de mettre accent sur ce que peut être une « bonne » gestion des ressources humaines.

Directeur des ressources humaines dans une PME familiale québécoise, Kévyn Gagné se décrit comme un protagoniste RH « qui préfère observer le monde plutôt que son nombril ». Il est aussi chargé de cours en relations industrielles à l’Université de Trois-Rivières et blogueur pour La Référence RH, un mensuel légal québécois abordant le droit du travail et les ressources humaines. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son regard sur le monde de l’entreprise est plutôt acéré et sans concession. Mais son ambition est positive: provoquer une réflexion, un temps d’arrêt et, si possible, l’identification de pistes d’amélioration continue.

Un des premiers chapitres pose la question sans fard: à quoi servent les RH? L’auteur se hasarde à un inventaire, avant de lâcher: « Pour bien des langues sales et des gens mal intentionnés, les RH ne servent à rien, spécialement s’ils n’en ont jamais côtoyés, mais surtout s’ils en côtoient présentement qui sont incompétents ou bien obscurs. Je dis obscurs car quelquefois, on ne les voit jamais… » Une façon de (bien) se positionner en tant que RH s’éclaire quelques chapitres plus loin, dans la mise en garde face aux « plus-méga-meilleures tendances RH »: « Les tendances ont la fâcheuse habitude de n’être qu’éphémères et s’apparentent beaucoup plus à une mode qu’à des pratiques bien établies. Quoi de mieux qu’internet et les réseaux sociaux pour penser à votre place? »

Kévyn Gagné dénonce la langue de bois, et son livre le met bien en application. « La plupart des entrevues sont de la foutaise. Pas le recruteur, pas le candidat, mais l’entrevue comme telle, indique-t-il. C’est un game, une mascarade, c’est une séduction, c’est faux, c’est une fausse relation entre deux individus qui ne se connaissent pas et qui se forcent à être polis et respectueux le temps de faire bonne impression. » D’autres propose prennent un ton plus grave, par exemple sur la conciliation travail-vie personnelle: « Divorcé car j’ai choisi mon travail ». Ou sur la gestion de l’absentéisme: « Gérer silencieusement l’invalidité… »

La crise sanitaire n’est pas oubliée: voilà peu « nous parlions de plein-emploi, de pénurie de main-d’œuvre et de main-d’œuvre spécialisée. Maintenant, oubliez ça, de la pénurie de main-d’œuvre, nous sommes en pénurie d’emploi. Tout comme nous sommes en pénurie de sourire, de bonheur, de soleil, d’espoir et de jours meilleurs. » Et vient la nouvelle religion: le télétravail. Or, « vous et moi connaissons des entreprises qui n’offraient pas le télétravail et qui existaient encore il y a trois mois; Tout comme nous connaissons de nouvelles entreprises qui offraient le télétravail et qui ont disparu de la carte… »

Sur le même sujet


< Retour au sommaire

Vous cherchez, vous trouvez!

HR Square | Revue, Infolettre, Réseau, Site web, Séminaires,...

Devenez membre maintenant!
Bénéficiez des avantages