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Comment cibler la formation sur les besoins en qualifications de demain?


« Avec nos formations, votre avenir prend forme ! » Ce slogan rythme la nouvelle campagne du Forem qui vise à donner plus de visibilité aux formations proposées par le service public de l’emploi en Wallonie. L’objectif est notamment de pouvoir mieux répondre aux besoins des entreprises dans les métiers d’avenir et en pénurie.

En 2017, la production de formations du Forem a enregistré un déclin de 400.000 heures, le volume dispensé étant passé de 7 millions d’heures en 2016 à 6,6 millions d’heures l’an dernier. Le nombre de bénéficiaires a aussi connu une diminution, passant de 35.000 demandeurs d’emploi à 33.500. Un paradoxe, note Marie-Kristine Vanbockestal, dès lors que la reprise économique et la digitalisation accroissent les besoins en qualifications. L’administratrice générale du Forem a donc demandé un audit pour identifier les causes de cette perte d’intérêt, aussi constatée dans d’autres pays européens, et y réagir.

Premier constat : ceux qui frappent à la porte du service public de l’emploi sont d’abord les jeunes. Plus d’un demandeur d’emploi sur quatre est âgé de moins de 25 ans. « Or, au terme de l’école ou après s’être trouvé en situation de décrochage, on n’a pas envie de repartir dans ce qui ressemble à l’école, dit-elle. D’où l’importance de développer des formules alternatives, par exemple la formation en alternance, moins rébarbative pour le jeune. » Autre problème : nombres de jeunes n’ont pas les bases pour entamer une formation. « Les évolutions digitales ont haussé les seuils d’accès, déjà pénalisant pour ceux qui n’ont pas la maîtrise des connaissances générales de base, notamment en français et arithmétique. Enfin, il y a carence dans les compétences comportementales : compréhension des instructions, décodage d’un mode d’emploi, capacité à travailler en autonomie mais aussi en équipe, prise d’initiative, etc. Dès lors, nous allons proposer des modules de remédiation afin de rendre les formations accessibles aux jeunes qui ne réussissent pas les tests d’entrée. »

Sur le long terme

Une nouvelle campagne du Forem va mettre davantage en vitrine l’offre existante, pour le moins vaste et diversifiée, mais pas assez connue. Le Forem, ce sont 57 centres de formation, dont 25 centres de compétences créés en partenariat avec les secteurs. Il existe ainsi 250 filières qui soit préparent à un métier, soit permettent à la personne de se perfectionner (langues, IT, etc.). « Toutes nos formations visent à conduire à l’emploi, précise-t-elle. Nous avons un taux d’insertion moyen à un an de 68%, avec des pics de 100% dans certaines filières comme la délégation commerciale. »

Sous l’impulsion de la nouvelle tutelle gouvernementale, priorité est donnée à renforcer la formation aux métiers en pénurie. « Il s’agit d’une problématique qui n’a pas une cause unique, mais le Forem doit prendre en charge sa part : le déficit de qualifications, souligne Marie-Kristine Vanbockestal. Nous avons réorienté notre offre et développé les capacités d’accueil dans les filières conduisant à ces métiers. Le Ministre de l'Emploi et de la Formation a par ailleurs annoncé son intention de créer une prime pour les demandeurs d’emploi qui auront suivi et réussi une formation à un métier en pénurie. »

L’administratrice générale du Forem exhorte par ailleurs à se projeter sur le long terme. « Nous disposons d’outils prospectifs nous permettant d’identifier les métiers porteurs à 5 ou 7 ans ainsi que les compétences nécessaires pour les exercer. Il importe donc qu’on prenne cette connaissance, en particulier dans les écoles, afin de configurer les filières d’éducation et de faire en sorte que les métiers auxquels nous préparons aujourd’hui ne soient plus en pénurie demain. » Les employeurs ont aussi leur rôle à jouer. « Plutôt que d’attendre la dernière minute pour recruter, travaillons à une gestion prévisionnelles des besoins en compétences, en partenariat avec les acteurs de la formation. Trop souvent, le Forem n’est perçu que pour opérer la rencontre entre l’offre et la demande, mais nous faisons bien plus : cette démarche de prospective sur les métiers de demain, par exemple, mais aussi le conseil pour aider les entreprises à comprendre leurs besoins en compétences aujourd’hui et demain et travailler avec elles à y répondre. »

Marie-Kristine Vanbockestal
Administratrice générale
Le Forem

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