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Vos travailleurs s'ennuient-ils parfois au travail?

C'est le cas d'une personne sur cinq (21%), d'après la dernière étude publiée par Securex, qui porte sur 1.552 salariés. 8% des travailleurs belges s'ennuient même régulièrement. 10% qualifient leur travail de monotone et 8% trouvent leur activité professionnelle inutile. 19% trouvent que leurs tâches quotidiennes présentent trop peu de défis.

Selon les chercheurs, celles et ceux qui s'ennuient au travail, trouvent leurs tâches monotones ou peu utiles et n’y voient aucun défi à relever, ont plus de risque de présenter ce syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui (aussi qualifié de ‘bore-out’). Pour Securex, il en est question lorsqu'une personne affiche un score supérieur à la moyenne pour ces 4 aspects: ennui, travail monotone, travail inutile et peu de défis. Les chiffres montrent que 5,6% des travailleurs belges en souffrent. Ces données confirment une étude antérieure de Hans De Witte, professeur en psychologie du travail à la KU Leuven et membre du groupe de recherche sur la psychologie du travail, des entreprises et du personnel.

« Un bore-out est avant tout un problème de motivation, commente Hermina Van Coillie, HR Research Expert de Securex. Les travailleurs en bore-out indiquent qu'ils ne sont pas ‘autorisés’ à travailler, tandis que les personnes en burn-out estiment qu'elles n'en sont plus ‘capables’. Le burn-out est la conséquence d’une surcharge chronique de travail, le bore-out d’un manque chronique de sollicitations et d’une sous-stimulation. Les travailleurs présentant un risque de bore-out indiquent même que leur travail a un impact négatif sur leur santé. Ils peuvent même subir plus de stress qu'une personne qui ne s'ennuie pas ou qui ne trouve pas son travail monotone. »

Ne pas confondre burn-out et bore-out

Nous pouvons faire la distinction entre les travailleurs en bore-out, en burn-out et les travailleurs assidus. Les travailleurs atteints de bore-out ont peu de choses à faire, peu de pression au travail et aussi peu d'autonomie et d'occasions d'exploiter leurs compétences. En d'autres termes, leur travail est trop simple et pas assez stimulant. En revanche, les travailleurs en burn-out ont tout aussi peu de possibilités de gérer le stress, mais éprouvent bien trop de stress au travail. Les employés dévoués ont quant à eux un travail stimulant. Ils éprouvent également beaucoup de stress au travail, mais ont suffisamment d'autonomie pour y faire face.

« En dépit de leur chevauchement partiel, burn-out et bore-out sont bel et bien différents, explique Hans De Witte. Le burn-out fait référence à un épuisement extrême alors que le bore-out se caractérise plutôt par de la léthargie et de l’apathie. Tous deux partagent un haut degré de distanciation et de cynisme. Dans les deux cas, les femmes et les hommes veulent prendre leurs distances par rapport à l'emploi perçu comme problématique ».

Les conséquences peuvent être graves

Toute personne souffrant d’un bore-out peut subir de graves conséquences en termes de santé et de leur bien-être personnel. Les personnes présentant un risque élevé de bore-out sont en moyenne plus souvent et plus longtemps absentes que celles qui ne présentent aucun risque.

Les travailleurs des grandes entreprises (c’est-à-dire celles de plus de 1.000 travailleurs) courent le plus grand risque de subir un bore-out, alors que salariés qui travaillent dans des entreprises de taille moyenne (de 100 à 999 travailleurs) y sont les moins exposées (8% contre 4%). Le risque est plus élevé pour les jeunes travailleurs que pour les travailleurs âgés: 7% contre 2%. Si vous avez plus de 50 ans, vous courez moins de risques. Plus le collaborateur est âgé, plus le risque est faible. Les « exécutants » courent également un risque plus élevé que les dirigeants (6% contre 4%).

Comment l’éviter?

Un bon contenu de la fonction, qui permet aux travailleurs d’éprouver une autonomie suffisante et d’exploiter pleinement leurs compétences, est crucial. La prévention s’appuie sur trois piliers: autonomie, solidarité et compétence. Ceux qui ressentent beaucoup d'autonomie (3% contre 15%), de solidarité (3% contre 12%) ou qui se sentent compétents (5% ou 17%) courent moins de risques de bore-out que ceux qui les ressentent moins.

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