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Vincent de Gaulejac: « Repartons des nécessités du terrain pour retrouver du sens »

Les méthodes de management contemporain et les outils de gestion associés confrontent les travailleurs à des injonctions paradoxales permanentes, jusqu’à perdre le sens de ce qu’ils font. C’est la thèse que développe le sociologue français Vincent de Gaulejac dans Le capitalisme paradoxant (co-écrit avec Fabienne Hanique). Un système « qui rend fou », selon lui, et auquel participent les DRH. Entretien exclusif à lire dans HR Square.

Parmi la vingtaine d’ouvrages que Vincent de Gaulejac a publiés, il y a Le coût de l’excellence, La société malade de la gestion ou encore Travail, les raisons de la colère. À lire son dernier livre, ça ne semble pas s’arranger dans les entreprises… « Ça ne s’arrange pas en effet, nous explique-t-il. Au contraire. Les témoignages d’un mal-être profond détectés dans le monde du travail ne font que s’accentuer: stress, pertes de sens, pertes de repères, dépressions, burn out, suicides, occupations, séquestrations,… Autant de symptômes témoignant du fait que les travailleurs sont de plus en plus mis sous pression, pris par des injonctions paradoxales permanentes. »

Exemples: ‘Il faut faire plus avec moins’, ‘Il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions’, ‘Je traite de plus en plus de travail hors de mon travail, et inversement’, ‘Plus on gagne du temps, moins on en a’… « Ces quelques formules que l’on peut entendre dans l’entreprise illustrent parfaitement l’inflation du paradoxal, et celui-ci culmine dans les nouveaux environnements de travail. D’un côté, la personne n’est plus attachée à la chaîne, contrainte de venir au bureau, contrôlée par la pointeuse, obligée de se rendre au travail. La mobilité et la flexibilité sont la nouvelle norme. Mais la frontière entre le travail et le ‘hors-travail’ tend en conséquence à s’estomper. La connexion est devenue permanente. La surveillance n’est plus physique, mais électronique. Chacun est libre de se connecter comme il veut, mais les temps de connexion et de déconnexion peuvent être mesurés, enregistrés, analysés. Le sentiment d’une liberté totale peut émerger, mais il s’agit d’une liberté surveillée. Surveillance virtuelle, rarement effective, mais bien réelle. On perçoit combien cette liberté est paradoxale. »

Lisez l’entretien au complet dans l’édition n°9 de HR Square (mars-avril 2016). Demandez un numéro d’essai gratuit à Jens Ottoy ou prenez contact par téléphone au 02/515.07.60. Pour devenir membre du réseau HR Square et ne manquer aucune de nos éditions, contactez Nathalie Dierickx. L’adhésion à HR Square vous permet de bénéficier de l’accès à l’intégralité du contenu en ligne.

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