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Une grande majorité de travailleurs en faveur de l’épargne-carrière

Les travailleurs sont d’accord pour se montrer plus flexibles, mais attendent la même chose de la part de leur employeur: c’est ce que montre une enquête publiée par Acerta et portant sur 2.000 travailleurs. La grande majorité est prête à faire des heures supplémentaires sans percevoir de sursalaire au moment de la prestation, s’ils peuvent compenser ces heures plus tard dans leur carrière. Près de 70% voudraient travailler plus à certaines périodes de leur carrière afin de pouvoir lever le pied plus tard.

Si leur employeur le permet, 70% des travailleurs voudraient travailler plus au cours de certaines périodes de leur carrière afin d’utiliser ces heures supplémentaires pour travailler moins à un stade ultérieur de leur carrière. Le projet de loi de Kris Peeters ne détermine pas qui décide de travailler plus ou moins à certaines périodes. « C’est un problème majeur dans la proposition actuelle d’épargne-carrière, explique Philippe Depaepe, directeur Bruxelles-Wallonie chez Acerta. Un système solide permettant la concertation entre le travailleur et l’employeur doit être mis en place. C’est essentiel pour toutes les propositions de flexibilisation. Les résultats montrent en outre très clairement que les travailleurs veulent pouvoir faire des heures supplémentaires à certains moments sans recevoir de sursalaire s’ils peuvent utiliser ces heures pour travailler moins à d’autres moments. La proposition de loi prévoit actuellement que les heures supplémentaires prestées doivent être rémunérées par un sursalaire. Ces résultats donnent un nouveau regard sur la proposition actuelle. »

63% des sondés sont favorables à l’idée d’épargner leurs jours de vacances pour les utiliser plus tard dans leur carrière. Contrairement à la question des heures supplémentaires qui pourraient être prises plus tard, une nette différence se dessine ici entre hommes et femmes: 68 % des hommes actifs voudraient épargner des jours de vacances, contre 57% des femmes actives. « Les personnes qui préfèrent prendre leurs congés la même année ont besoin de ces jours. L’une des explications possible pourrait être que davantage de femmes pensent en termes de garde des enfants et c’est pourquoi elles ont dès lors besoin de ces jours de vacances. Si on regarde les tranches d’âges, on constate une différence logique entre les jeunes et les plus âgés. 69 % des moins de 30 ans feraient usage de cette possibilité. Les trentenaires suivent la moyenne. Chez les quinquagénaires, sexagénaires et plus, ‘seuls’ respectivement 60, 59 et 61% y auraient recours. »

Les avantages qu’offre une initiative moderne comme le compte-carrière sont nombreux: c’est au travailleur de définir les règles au sein du cadre et des limites imposés par l’employeur. « De cette façon, le travailleur a plus de pouvoir de décision et se voit offrir l’occasion de prendre les rênes, explique Philippe Depaepe. Cela augmente l’engagement des travailleurs, ce qui améliore leur employabilité durable. Bien qu’aujourd’hui il n’y ait pas de cadre légal existant pour l’épargne de carrière, au niveau de l’entreprise un employeur peut déjà procéder sur de nombreux sujets en concertation avec ses employés. »

La semaine de travail flexible de commun accord

Les travailleurs belges sont demandeurs d’une semaine de travail flexible avec épargne-carrière sans sursalaire pour heures supplémentaires prestées. 37 % seraient même prêts à travailler au sein d’un système où seul l’employeur déciderait de combien d’heures doivent être prestées quelle semaine. « On remarque que les travailleurs wallons et bruxellois sont nettement plus ouverts à entrer dans un tel système que leurs collègues flamands. En Wallonie, pas moins de 40% voient d’un bon œil une semaine de travail flexible déterminée par l’employeur, contre 39% à Bruxelles et 34% en Flandre », analyse-t-il. 30% des travailleurs en service depuis plus de 25 ans veulent, sous certaines conditions, effectuer des heures supplémentaires, qu'ils pourront récupérer par la suite.

Les pourcentages sont logiquement plus élevés si le travailleur peut décider lui-même de cette flexibilité. 71% des travailleurs belges sont prêts à travailler dans un tel système s’ils peuvent décider eux-mêmes du nombre d’heures qu’ils prestent telle ou telle semaine et peuvent récupérer les heures supplémentaires prestées plus tard dans leur carrière. Les chiffres sont équivalents pour les collaborateurs flamands, wallons et bruxellois. Avec plus de 72%, les femmes y sont encore plus favorables que leurs homologues masculins (70%). Si nous analysons les chiffres sur la base de l’ancienneté des travailleurs auprès d'un employeur, nous constatons que le pic se situe clairement auprès des collaborateurs en service depuis plus de 10 ans et moins de 20 ans. Pour les travailleurs en fonction depuis plus de 25 ans, 59% sont encore demandeurs d’un tel régime d’épargne-carrière.

L’intérêt est tout aussi grand si le travailleur doit se mettre d’accord avec ses collègues à propos du moment de prester les heures supplémentaires et de les récupérer. Près de 65% des travailleurs sont demandeurs d’un tel système. Hommes et femmes sont convaincus de trouver un arrangement avec leurs collègues en ce qui concerne la prestation et la récupération des heures supplémentaires. Il n’y a aucune différence à ce niveau entre les générations.

Prendre les rênes de son propre temps

Il ressort clairement des résultats de l’enquête que les travailleurs sont demandeurs de plus de flexibilité. Ils tiennent cependant à disposer d’une période étendue pour récupérer ces heures. Plus de 70 % de tous les travailleurs veulent au minimum un délai de 12 mois ou plus pour compenser les heures supplémentaires prestées. Aujourd’hui, la loi sur le travail prévoit que les heures supplémentaires prestées doivent en principe être récupérées endéans les 3 mois. 23% des sondés optent pour un délai de plus de deux ans. « Les travailleurs veulent pouvoir décider eux-mêmes de leur temps libre au fil des années, ce qui entre parfaitement dans le cadre de la proposition d’épargne-carrière. » En Flandre, 75% des travailleurs voudraient bénéficier d’un délai d’un an ou plus pour prendre leurs heures supplémentaires épargnées. Le pourcentage en faveur d’un long délai n’est que de 64% chez les travailleurs wallons et de 69% chez les Bruxellois.

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