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Une formation universitaire a des retombées importantes, mais diverses selon les domaines d’études

Le taux d’inscription dans l’enseignement supérieur augmente rapidement, mais les universités ne proposent pas toujours les domaines d’études qui offrent les meilleurs débouchés professionnels. Les individus eux-mêmes ne choisissent pas toujours les filières les plus prometteuses. C’est ce que met en évidence un rapport de l’OCDE.

L’édition 2017 de Regards sur l'éducation comprend pour la première fois une analyse approfondie des matières que les étudiants choisissent dans l’enseignement professionnel et supérieur. Le commerce, l’administration et le droit sont les filières les plus prisées dans les pays considérés, attirant près d’un étudiant sur quatre, alors que celles de l’ingénierie, de la construction et des industries de transformation ne séduisent que 16% des étudiants et les technologies de l’information et de la communication (TIC) moins de 5%. Les diplômés des TIC affichent pourtant les taux d’emploi les plus élevés en moyenne dans les pays de l’OCDE, avec plus de 90% dans un tiers d’entre eux environ.

Le retour sur investissement des adultes diplômés du supérieur est important: ces derniers sont en effet davantage susceptibles d’occuper un emploi (+10 points de pourcentage), et ils gagneront 56% de plus en moyenne que les diplômés du deuxième cycle du secondaire. Ils sont également moins susceptibles de souffrir de dépression que les personnes moins instruites. Par comparaison avec les diplômés du deuxième cycle du secondaire, les personnes dont le niveau de formation est inférieur gagnent en moyenne 22% de moins.

« L’enseignement supérieur promet des retombées considérables pour les individus, mais les systèmes éducatifs doivent faire mieux pour expliquer aux jeunes quelles filières offrent les meilleurs débouchés, analyse Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE. Un système éducatif équitable et de qualité favorise l’épanouissement personnel et stimule la croissance économique. Les pays doivent intensifier leurs efforts pour s’assurer que l’éducation répond aux besoins des enfants d’aujourd'hui et éclaire leurs aspirations pour l’avenir. »

Si les perspectives des individus les plus instruits s’améliorent, les autres paient leur retard de plus en plus cher, en termes de détérioration de l’emploi et de bas salaires. Dans les pays considérés, 43% des 25-34 ans étaient titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur en 2016, contre 26% en 2000. En outre, la part des 25-34 ans n’ayant pas de formation secondaire du deuxième cycle a reculé, passant de 25% en 2000 à 16% en 2016.

Bien que les adultes soient plus nombreux à atteindre le deuxième cycle du secondaire, l’achèvement des études continue de poser problème. Dans les pays pour lesquels des données sont disponibles, un étudiant inscrit sur quatre environ n’avait pas obtenu son diplôme deux ans après la fin théorique du programme, et, dans ce groupe, quatre étudiants sur cinq avaient abandonné leurs études. Il s’agit d’une perte importante puisque le taux de chômage des 25-34 ans n’ayant pas achevé le deuxième cycle du secondaire avoisine les 17% dans les pays considérés, contre 9% pour les titulaires d’un diplôme de fin d’études secondaires.

D’après les tendances actuelles, l’OCDE estime qu’en moyenne dans les pays de l’OCDE, 80% des jeunes d’aujourd'hui obtiendront un diplôme de fin d’études secondaires avant l’âge de 25 ans et que 49% devraient décrocher un diplôme de l’enseignement supérieur au moins une fois dans leur vie.

Dépenses d’éducation

Depuis 2010, les dépenses ont augmenté plus rapidement que les taux d’inscription à tous les niveaux, et notamment dans l’enseignement supérieur. Les pays de l’OCDE dépensent en moyenne 10.759 USD par an et par enfant au titre des établissements, depuis l’enseignement primaire jusqu’à l’enseignement supérieur: 8.733 USD par élève au primaire, 10.235 USD par élève dans le premier cycle du secondaire, 10.182 USD par élève dans le deuxième cycle du secondaire et 16.143 USD par étudiant dans l’enseignement supérieur.

Les dépenses au titre des établissements d’enseignement, depuis l’école primaire jusqu’à l’université, en part du PIB, ont atteint 6% ou plus au Canada, en Corée, au Danemark, aux États-Unis, en Islande, en Norvège, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni. À l’autre extrémité se trouvent la Fédération de Russie, la Hongrie, l’Indonésie, le Luxembourg, la République slovaque et la République tchèque, qui ont consacré moins de 4% de leur PIB à l’éducation.

Dans les pays de l’OCDE, les dépenses publiques consacrées à l’enseignement, depuis le primaire jusqu’à l’enseignement supérieur, s’élèvent en moyenne à 11,3% du total des dépenses publiques, allant dans les pays membres et les pays partenaires de l’OCDE de moins de 8% en Fédération de Russie, en Hongrie, en Italie et en République tchèque à moins de 16% en Afrique du Sud, au Brésil, au Costa Rica, en Indonésie, au Mexique et en Nouvelle-Zélande.

Autre indicateur intéressant: les salaires des enseignants sont faibles par rapport à ceux d’autres travailleurs à temps plein ayant le même niveau d’instruction ; ils se situent en effet entre 78% et 94% des salaires des travailleurs à temps plein diplômés du supérieur.

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