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Un travailleur sur trois est dérangé ou supposé travailler pendant ses congés

C’est ce que laisse apparaître une enquête menée à la demande de Delta Lloyd Life sur le thème de ‘La Santé Mentale au Travail’. Une même proportion affirme que l’employeur attend qu’ils décrochent leur GSM ou qu’ils répondent à leurs e-mails en dehors des heures de travail.

Pas de très bon augure, à la veille des grandes vacances … Il est en tout cas manifeste que la charge de travail sur les salariés croît sans cesse, indiquent les auteurs. Et les employeurs ont tout intérêt à se soucier préventivement du bien-être mental de leurs collaborateurs.

L’enquête fait apparaître que, si plus de la moitié des travailleurs belges (55%) aiment leur travail, 40% d’entre eux sont constamment sous pression. Pour 23% des travailleurs, les semaines de 50 heures sont la règle plutôt que l’exception. Un quart (25%) des travailleurs déclarent devoir répondre quasi instantanément aux e-mails de leur employeur. 46% ont le sentiment que leur employeur s’attache plus à la quantité et à la fréquence de leur travail qu’au résultat de celui-ci.

Plaidoyer pour une entreprise centrée sur l’humain

Les résultats de cette enquête confirment que ‘Le Nouveau Monde du Travail’ relève actuellement plus de l’utopie que de la réalité. Une situation indésirable qu’employeur et dirigeants peuvent inverser, pour peu qu’ils consentent les efforts nécessaires. Diriger de façon plus humaine permettrait d’économiser des milliards, c’est ce qu’affime Rebekka Rogiest dans son livre paru récemment ‘Ze maken ons kapot, meneer’. Les chiffres sans cesse croissants de l’absentéisme au travail pour cause de maladie mettent un fois de plus le doigt sur la plaie. Le coût de l’absentéisme de longue durée atteindrait 6,5 milliards d’euros par année[2], plus que les allocations de chômage.

Les chiffres de l’INAMI indiquent que l’an passé, 346.971 Belges ont été absents plus d’un an pour cause de maladie, parmi lesquels 122.825 pour ‘affections psychosociales’. À cet égard, Paul Tousseyn, directeur général du service d’inspection en charge du Contrôle du Bien-Être au travail, est revenu sur le sujet au début du mois. Il a annoncé que ses services vont contrôler si les employeurs prennent suffisamment de mesures pour protéger leurs travailleurs contre le burn-out, obligation qui leur est d’ailleurs déjà imposée depuis septembre 2014, quelle que soit la taille de l’entreprise.

La prévention et la responsabilisation avant tout

Delta Lloyd Life est persuadée de l’importance de la prévention. L’assureur incite activement ses clients et leur entourage, mais aussi ses propres collaborateurs, à mener une vie aussi saine que possible. L’alimentation et l’exercice sont des facteurs importants, mais aussi la tranquillité d’esprit. Annelore Van Herreweghe, porte-parole de l’assureur vie: « Chez Delta Lloyd Life, nous accordons beaucoup d’importance au bonheur et à la santé de nos collaborateurs. Nous souhaitons leur faciliter la tâche en toute liberté. En matière de santé physique et nutritionnelle, c’est assez facile, par exemple en stimulant une alimentation saine et en organisant des cours de sport à l’heure de midi. L’aspect mental quant à lui est moins évident, car on est moins enclin à partager ses soucis. C’est pourquoi nous nous concentrons principalement sur la prévention. Notamment en organisant des séances d’information avec des orateurs internes et externes. Par ailleurs, nous encourageons un nouveau type de leadership, qui laisse plus de place à l’initiative et à l’innovation personnelle. »

Avoir ‘des travailleurs heureux’?

Le Vlaams Instituut voor Gezondheidspromotie en Ziektepreventie (VIGeZ) est un organisme expert dans la promotion de la santé et la prévention de la maladie. Selon Els Wouters, responsable chez VIGeZ de la ‘Promotion de la Santé au Travail’, les employeurs et les travailleurs sont tous deux responsables du bien-être mental des travailleurs: « Quand on voit les chiffres du burn-out et des affections psychosociales et liées au stress, il est impératif que chaque entreprise s’attaque au problème activement, voire même proactivement. Elles peuvent notamment le faire en améliorant l’organisation du travail et le style de leadership, en fonction du bien-être mental de chaque travailleur. Et ce souci de bien-être mental est une responsabilité partagée des travailleurs et des employeurs. Cela signifie que les travailleurs eux-mêmes doivent être encouragés à renforcer leur propre réactivité. Pour les y aider, nous avons développé chez VIGeZ une plateforme de coaching en ligne : www.fitinjehoofd.be. Plus tard en cours d’année, nous élargirons notre offre aux employeurs, en développant une nouvelle méthode qui leur permettra de faire du bien-être mental de leurs travailleurs une composante à part entière de leur politique d’entreprise. »

Se préoccuper du bien-être mental n’est pas l’apanage des multinationales. Luc De Jonge, gérant de la SPRL Luc De Jonge, une entreprise d’une trentaine de collaborateurs, en est la preuve. Pour lui, une bonne organisation et une communication transparente sont essentielles. Comme il l’explique : « Nous suivons en permanence nos collaborateurs. Nous tentons au quotidien d’évacuer les éventuels soucis en discutant et en prenant des mesures. Nous voulons à tout prix éviter toute rancœur chez nos collaborateurs, susceptible de dégénérer en stress. Par ailleurs, nous avons des entretiens de fonctionnement bisannuels où nous abordons les « problèmes de la vie » en général et où nous examinons comment nous pouvons aider nos collaborateurs à réaliser leurs projets de vie. Ce que nous ne pouvons pas résoudre nous-mêmes lors des entretiens, nous l’abordons ensuite dans des entretiens spécifiques de coaching pour lesquels nous faisons appel à des spécialistes externes. Et en tant que dirigeant de l’entreprise, j’accorde une grande importance à la bonne organisation de la société et à une communication ouverte envers tous mes collaborateurs. Pour moi, ça reste la meilleure façon d’avoir des collaborateurs qui prennent plaisir à travailler, et d’éviter le burn-out en ces temps difficiles. Mais bien sûr, nous ne pouvons obliger personne à profiter des mesures que nous mettons en place au sein de l’entreprise. »

Laisser le droit à l’erreur

Pour Thierry Brynaert, CEO de MEC Belgium, agence média de 45 collaborateurs, privilégier le bien-être au travail est une évidence, particulièrement pour son équipe qui jongle au quotidien avec la pression des prix et les deadlines. Thierry a la volonté féroce de bousculer les traditions en matière de gestion du personnel. Au-delà de l’amélioration des résultats de son entreprise, c’est surtout des sourires sur les visages de ses collaborateurs qu’il souhaite voir fleurir au quotidien. Il a à cet effet initié de nombreuses démarches allant du télétravail à l’utilisation d’une plateforme de coaching en passant par différents projets pour constamment améliorer le bien-être mental et physique de ses collaborateurs. Il accorde notamment beaucoup d’importance à ce que chacun puisse être soi-même au travail, dans les bons jours comme dans les mauvais jours. Chaque individu est écouté et encadré, élément non négligeable lorsqu’on sait qu’il s’agit d’un des facteurs qui peut pousser au burn out si il n’est pas appliqué au sein de l’entreprise.

« Dès ma mise en fonction en tant que CEO il y a deux ans, j’avais une vision sur le long terme. Je souhaitais plus que tout permettre à chacune de ces personnes de s ‘épanouir pleinement chez nous. J’essaie de leur transmettre ma philosophie de vie. Pour moi, la vie est un jeu : parfois on gagne, parfois on perd. Les deux options sont non seulement autorisées mais ont aussi chacune leurs avantages. Nous avons notamment mis en place un prix : le « So you think you can fail ». Chaque collaborateur présente à tous ses collègues un projet qui, pour diverses raisons, n’a pas fonctionné. Non seulement, cela leur permet de se comprendre mieux entre eux mais ça les pousse aussi à grandir à partir de ces différentes expériences partagées et de chercher ensemble des solutions. Je tiens à ce que mes collaborateurs sachent que même dans l’échec, leurs collègues et moi-même les soutenons. »

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