< Retour au sommaire

Un salarié sur trois se dit heureux au travail, mais la tendance est à la baisse

Le salarié belge s'attribue un score moyen de 6,5 sur 10 sur l'échelle du bonheur au travail, un score en recul d’après Tempo-Team. La baisse la plus sensible est enregistrée dans les entreprises qui éprouvent des difficultés à pourvoir les postes vacants. Inversement, les salariés les plus heureux œuvrent dans des sociétés qui appliquent les « principes RH scandinaves », comme l'encadrement et la planification des carrières, la recherche d'un bon équilibre entre travail et vie privée, l'esprit d'équipe et les perspectives de progression internes.

Un tiers des salariés sont aujourd'hui heureux sur leur lieu de travail et s'attribuent un résultat de 8 sur 10 sur l'échelle du bonheur. À l'opposé, un quart s'accordent moins de 6 sur 10. La sensation de bonheur a régressé ces dernières années: elle était encore en moyenne de 7,2 sur 10 en 2015, mais elle a pratiquement baissé d'un point (6,5 sur 10) en 4 ans.

Les salariés néerlandophones se disent sensiblement plus heureux au travail que leurs confrères francophones (respectivement 6,7 et 6,3 sur 10). De même, ceux de moins de 35 ans le sont davantage que ceux âgés de 35 à 50 ans (6,8 contre 6,3 sur 10). Quiconque est heureux dans son travail est plus productif, s'engage davantage (79% contre 40%), se sent en meilleure santé (86% contre 49%), qualifie plus souvent le travail de passionnant (81% contre 25%) et son salaire de satisfaisant (62% contre 39%) que le salarié qui se déclare moins heureux.

La pénurie entrave le bonheur

La pénurie sur le marché du travail, à laquelle près de la moitié des entreprises sont confrontées depuis quelques années, a aussi un impact sur le bonheur ressenti en milieu professionnel: les salariés moins heureux indiquent plus souvent que leur entreprise ne parvient pas à attirer les bonnes personnes (43% contre 15%) ni à retenir efficacement les collaborateurs talentueux (55% contre 31%).

Recette scandinave

L’enquête de Tempo-Team menée auprès d'un échantillon représentatif de 2.100 travailleurs et employeurs révèle que c'est surtout la philosophie de travail scandinave, basée sur un travail d'équipe solide, le bien-être en milieu professionnel et l'attention portée à l'épanouissement individuel, qui rend le plus heureux. De fait, les salariés heureux accordent à leurs collègues et à l'esprit d'équipe un score de satisfaction moyen significativement plus élevé que ceux qui se disent moins heureux (respectivement 8,1 contre 5,7 sur 10 et 8 contre 4,8 sur 10). Les employeurs de salariés heureux investissent de leur côté davantage dans le bien-être du personnel. 4 travailleurs heureux sur 10 déclarent que leur entreprise accorde plus d'attention à la forme physique et à une alimentation saine, entre autres en organisant des initiatives sportives (29%), en aménageant des postes de travail ergonomiques (26%) et en distribuant moins de snacks et de boissons sucrées (20%). Or seul un quart des salariés moins heureux affirment que leur employeur y a aussi accordé de l'attention. Qui se sent satisfait au travail l'est également davantage dans l'équilibre avec la vie privée (7,7 contre 5,4 sur 10) et travaille souvent pour une société qui prend des initiatives afin de mieux harmoniser travail et famille (39% contre 6%).

Contrairement à leurs collègues moins heureux, les travailleurs heureux dans leur emploi affirment nettement plus souvent que leur employeur a plus investi ces dernières années dans l'encadrement des carrières (26% contre 18%) et qu'ils entrevoient davantage de chances de promotion (6,3 contre 3,3 sur 10). Les formations jouent également un rôle important, car les travailleurs heureux sont plus souvent satisfaits du panel de formations proposées en entreprise (61% contre 24%).

La pénurie de talents a clairement un impact négatif sur les facteurs qui rendent heureux au travail. Les salariés dont la société est confrontée à la pénurie reconnaissent plus souvent qu'elle a, ces dernières années, investi moins dans l'encadrement des carrières (33 % contre 18 %) et dans la santé de son personnel (33 % contre 21 %). En outre, leurs chances de promotion semblent moindres que chez les travailleurs heureux (respectivement 6,5 contre 7 sur 10 et 4,7 contre 5,3 sur 10).

Plus de fika suédoise

Mais le bonheur ressenti au travail tient parfois à de petites choses. Les pauses-café y contribuent, comme la traditionnelle fika suédoise, par laquelle tous les collègues se retrouvent à intervalles réguliers pour boire un café ensemble, sans parler boulot. Les salariés heureux dans leur travail reconnaissent en effet prendre des pauses en suffisance durant leur journée d'activité professionnelle (80 % contre 58 %). Or même les employeurs sont des adeptes de ces petites interruptions : près de 2 sur 3 croient qu'elles augmentent l'efficience professionnelle et génèrent un gain de temps parce que le personnel se repose mieux. Ils sont autant à penser que les pauses prises collectivement entre collègues renforcent l'ambiance au sein du groupe. 4 patrons sur 10 encouragent les travailleurs à les prendre ensemble et plus de 1 sur 3 aménage même un coin café, un jardin ou une terrasse à cet effet.

Sur le même sujet

Soyez le premier à réagir à cet article

Pour pouvoir réagir, vous devez vous connecter
< Retour au sommaire

Vous cherchez, vous trouvez!

HR Square | Revue, Infolettre, Réseau, Site web, Séminaires,...

Devenez membre maintenant!
Bénéficiez des avantages