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Un Belge sur quatre veut changer d’emploi pour travailler plus près de chez lui

Le Belge consacre en moyenne 54 minutes par jour aux déplacements entre son domicile et son lieu de travail, révèle une analyse de Securex. Cette durée passe à plus d’une heure trente par jour si le travailleur utilise les transports en commun. Ce sont principalement les personnes qui travaillent en ville et prennent les transports en commun qui trouvent les trajets entre leur domicile et leur lieu de travail le plus pénible.

L’analyse a été effectuée sur un échantillon représentatif de 1.671 travailleurs salariés au printemps 2015. Il en ressort que près d’un travailleur sur quatre (23%) veut changer d’emploi pour pouvoir travailler plus près de chez lui. Il s’agit alors principalement de personnes travaillant à Bruxelles (1 sur 3). En Wallonie (1 sur 4) et en Flandre (1 sur 5), ces chiffres sont plus bas. Les travailleurs qui ont des enfants sont également enclins à changer plus rapidement d’emploi pour travailler plus près de chez eux (31%), tout comme les cadres et les employés (1 sur 4), les personnes hautement qualifiées (27%) et les travailleurs qui utilisent les transports en commun pour aller travailler (36%). Plus de la moitié (53%) des travailleurs qui trouvent les déplacements entre domicile et lieu de travail accablants veulent changer d’emploi. Ce taux n’est que de 9% chez les travailleurs pour qui les déplacements entre le domicile et le lieu de travail ne sont pas pénibles.

Les transports en commun ne sont pas (encore) le Saint Graal

En voiture, vous êtes sur la route presque une heure par jour. Si vous vous déplacez à pied ou à vélo, cette durée n’est plus que d’une demi-heure (29 minutes). C’est avec les transports en commun que vous êtes sur la route le plus longtemps: 96 minutes par jour. Les cadres et les employés passent respectivement 70 et 58 minutes sur la route (contre 43 minutes pour les ouvriers). Les personnes hautement qualifiées consacrent environ une heure à leurs déplacements domicile-lieu de travail (contre 48 minutes pour les personnes peu qualifiées).

Les travailleurs à Bruxelles passent le plus de temps sur la route

La durée des déplacements entre le domicile et le lieu de travail est particulièrement longue pour les personnes qui travaillent à Bruxelles. Elles passent pas moins de 95 minutes par jour sur la route pour se rendre au travail et en revenir (contre 49 minutes en Flandre et 51 en Wallonie). Plus de 60% des personnes qui travaillent à Bruxelles passent plus d’une heure sur la route tandis qu’en Flandre et en Wallonie ce pourcentage n'est que de 21%. Dans la ville belge « moyenne » (y compris Bruxelles), il faut, de fait, plus de 61 minutes à un travailleur pour rejoindre son lieu de travail, puis son domicile, soit presque un quart d’heure de plus que s’il travaillait en dehors de la ville.

« Il s’avère que déménager vers une ville, même celle de son employeur (un conseil souvent donné), n’offre aucune garantie d’amélioration des déplacements entre domicile et lieu de travail, observe Hermina Van Coillie, experte HR Research chez Securex. En effet, en travaillant dans une ville proche de son domicile, on parcourt peut-être moins de kilomètres, mais on ne perd pas forcément moins de temps. Les transports en commun n’offrent pas non plus de solution miracle à ce problème. En effet, travailler en ville et se rendre au travail avec les transports en commun implique un trajet de plus d’une heure et demie. »

Risques de départ avec des trajets de plus d’une heure

43% des personnes qui passent plus d’une heure sur la route pour se rendre au travail et en revenir veulent troquer leur lieu de travail pour un autre plus proche de leur domicile. Pour les travailleurs qui passent mois d’une heure sur la route, ce taux est de 17%. À l’avenir, cette différence constituera sans aucun doute un défi pour les employeurs difficilement accessibles. Actuellement, le temps de trajet moyen est déjà de 54 minutes. Or, la densité du trafic augmentera encore dans les années à venir. La vitesse de circulation va donc diminuer ce qui fera augmenter les temps de trajet. Peut-être que pour cette raison un nombre croissant de personnes va opter pour un autre emploi moins exigeant du point de vue des temps de trajet et qui offre plus de flexibilité. Alors que nous serons bientôt confrontés à une nouvelle « chasse au talent » (étant donné que l’économie repart et en raison de certains emplois pour lesquels il existe une pénurie de main-d'œuvre), cela donne matière à réfléchir à de nombreuses organisations qui sont pour l’instant installées en ville.

À l’heure actuelle, les déplacements entre le domicile et le lieu de travail sont surtout longs et pénibles pour les personnes qui travaillent à Bruxelles ou dans une autre ville, pour les cadres, et pour les personnes hautement qualifiées ou qui utilisent les transports en commun. Il est donc ici question d’un capital humain important. L’importance relative du temps de trajet dans l’intention de changer d’employeur (uniquement pour travailler plus près de chez soi) ne peut être sous-estimée pour cette frange de la population.

« Les déplacements entre le domicile et le lieu de travail constituent surtout une préoccupation pour les employeurs situés en ville et particulièrement à Bruxelles, relève Tim Blanckaert, Manager Utilities and Processes chez Securex. En sachant que la congestion du trafic va peut-être s’aggraver dans les années à venir, ça devient un défi pour les employeurs établis en ville d’attirer et de conserver de la main-d'œuvre. En effet, ces travailleurs passent beaucoup de temps sur la route et trouvent pénibles les déplacements entre leur domicile et leur lieu de travail. »

Le soutien et l’encouragement de la flexibilité du temps et du lieu de travail peuvent partiellement, en tant qu'élément d'un plan global de mobilité, résoudre la problématique relative aux déplacements entre le domicile et le lieu de travail. « À l’heure actuelle, seuls 30% des travailleurs choisissent où ils travaillent et 31% quand ils travaillent. À peine 17% peuvent déterminer à la fois quand et où ils travaillent. 56% des sondés disent ne pouvoir choisir aucun des deux. Il existe donc ici un potentiel de croissance. »

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