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Seriez-vous prêt.e à démissionner en cas d’inégalités salariales femmes-hommes avérées au sein de votre entreprise?

C’est ce que seraient prêts à faire près de deux travailleurs européens sur trois! Du moins, c’est ce qu’ils affirment, alors que les inégalités salariales sont avérées dans le monde du travail. Plus d’un répondant sur quatre estime qu’un signalement des écarts de rémunération devrait être mis en place au sein de leur organisation.

Ces constats ressortent de l’étude annuelle « The Workforce View in Europe 2019 » publiée par ADP (Automatic Data Processing), dans le cadre de laquelle 10.585 salariés ont été interrogés en Europe sur leur sentiment à l’égard de leur environnement professionnel.

L’inégalité salariale, une thématique à l’honneur depuis quelques années, demeure un problème sérieux sur l’ensemble du continent, où les femmes perçoivent en moyenne un salaire inférieur de 16% à celui des hommes. Le signalement des différences de rémunération entre les sexes est d’ores et déjà une pratique actée au Royaume-Uni et en France, où un index de l’égalité professionnelle a été mis en œuvre depuis le 1er mars 2019 pour les entreprises de plus de 1.000 collaborateurs. Mais la lutte contre ces inégalités de rémunérations persistantes a encore du mal à s’imposer dans certains pays européens.

D’après l’étude, la dénonciation des inégalités salariales entre hommes et femmes fait l’objet d’un soutien croissant en Europe. Plus d’un quart des salariés (27%) estime qu’un signalement des écarts de rémunération devrait être mis en place au sein de leur organisation, soit une hausse de cinq points par rapport à l’année précédente.

La possibilité de signaler les écarts salariaux soulève le plus d’enthousiasme en Espagne (34%), en Suisse (34%) et en Italie (30%), mais ne convainc que 11% des salariés néerlandais. En France, 29% des salariés encouragent un tel signalement, avec sans surprise une plus grande demande chez les femmes (34%) que chez les hommes (25%).

Dénonciation croissante

Cette étude révèle en outre que la tolérance des salariés européens à l’égard des inégalités salariales de genre tend à se réduire: près des deux tiers (60%) affirment qu’ils envisageraient de rechercher un emploi ailleurs s’ils avaient connaissance de ce type de pratique inégalitaire au sein de leur entreprise.

Parmi les quatre générations représentées sur le marché du travail, les Millenials (natifs des décennies 1980-1990) se montrent les plus hostiles aux écarts de salaires hommes/femmes. C’est notamment le cas chez les travailleurs français âgés de 25 à 34 ans: ils sont plus d’un tiers (34%) à juger nécessaire la dénonciation de ces inégalités au sein de leur organisation, trois quarts (67%) d’entre eux allant même jusqu’à se déclarer prêts à changer d’entreprise s’ils découvraient l’existence d’une telle discrimination de la part de leur employeur.

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