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Semaine de la mobilité: « Tous les voyants sont au rouge », estime la FEB

Tant les employeurs que les travailleurs se plaignent d'un manque d’intégration des offres des transports publics et privés, montre notamment une enquête réalisée par iVOX. Chaque année, les automobilistes perdent environ 44 heures dans les embouteillages. On ne peut même pas parler de statu quo en termes de congestion, puisque même en heures creuses les embouteillages s'intensifient, dénonce la FEB qui rappelle ses propositions à l’occasion de la Semaine de la mobilité.

En mars 2016, à la suite d’une concertation intense avec tous ses secteurs, la FEB a développé et remis aux responsables politiques une vision globale de la mobilité. « Quelques mesures sont prises par-ci par-là mais, en matière de mobilité, une hirondelle ne fait pas le printemps, analyse la FEB. Un ensemble de mesures, bien réfléchies et ambitieuses, est la seule façon de sortir durablement le Belge des embouteillages. »

Les résultats de l'enquête confortent la FEB dans l'idée que des mesures à court terme s'imposent.

Mobilité intelligente

La vision de la mobilité développée par la FEB précise clairement que l’infrastructure et les services existants doivent être utilisés de manière plus efficace et plus intelligente. Cela signifie tout d’abord que l’offre de transports privés et publics doit être organisée de manière optimale et le plus intégrée possible. Or, 46% des travailleurs et 55% des employeurs du secteur privé estiment ne pas disposer de suffisamment d'informations en temps réel fiables sur les transports publics. Une petite majorité de travailleurs (54%) et d'employeurs (57%) du secteur privé jugent que les transports publics n'offrent pas assez d'équipements pour travailler à bord. Enfin, une grande majorité de travailleurs (75%) et d'employeurs (86%) sont convaincus du manque d’intégration des offres des transports publics et privés.

Outre les transports publics, d'autres facteurs influencent également le concept de mobilité intelligente. La très grande majorité des travailleurs (85%) et des employeurs (91%) du secteur privé estiment que les livraisons silencieuses en soirée et de nuit devraient être possibles afin de réduire les embarras de circulation en journée. 60% des travailleurs et environ 80% des employeurs du secteur privé indiquent que la gestion de la circulation (par exemple, vagues vertes ou limitations de vitesse dynamiques) sur les (auto)routes n'est pas efficace.

Mobilité partagée

Les employeurs croient davantage que les travailleurs dans l'expansion rapide de la 'mobilité partagée', à savoir le partage des moyens de transport. Les travailleurs ne conçoivent pas d'abandonner l'usage de leur propre voiture : à peine 14% d'entre eux envisagent de le réduire au cours des cinq prochaines années. Les employeurs sont légèrement plus optimistes. La moitié d'entre eux (40 à 50%) pensent que le recours au carpooling et au carsharing va s'intensifier à l'avenir. Par ailleurs, deux tiers des employeurs sont d'avis que, dans un avenir proche, les travailleurs opteront plus souvent pour le vélo ou les transports publics. « Ces résultats prouvent que la mobilité partagée a un avenir, mais en combinaison avec la voiture. Nous devons en effet évoluer vers un système de transport multimodal dans lequel les gens peuvent combiner différentes solutions de mobilité », souligne la FEB.

Responsabilité partagée

La mobilité ne peut être durable que si les employeurs et les travailleurs prennent leurs responsabilités, pointe encore la fédération patronale. La majorité des travailleurs (60%) attendent toutefois surtout que les employeurs prennent des mesures pour organiser plus durablement les déplacements domicile-travail, mais un tiers seulement des employeurs approuvent cette attitude. En ce qui concerne la taxe kilométrique intelligente, elle est surtout prônée par les employeurs (53%), alors que 57% des travailleurs s'y opposent.

Et maintenant?

« Les résultats prouvent que les solutions concrètes susceptibles de dénouer le nœud de la mobilité bénéficient d’un soutien dans la société. Depuis un certain temps déjà, la FEB est favorable à un pacte de mobilité global et, via une concertation intense avec ses secteurs, elle a élaboré une liste de cinquante mesures. Trois d'entre elles peuvent être adoptées à court terme.

  1. Afin de mieux nous faire réfléchir à la manière dont nous nous déplaçons, il serait préférable d'introduire une taxe kilométrique 'intelligente' pour tous les véhicules circulant sur la route, qui dépend de l'utilisation plutôt que de la possession d'un véhicule. Cette taxe varierait en fonction du lieu, du moment et de la pollution. La taxe de mise en circulation et la taxe de circulation seraient dès lors supprimées.
  2. La FEB veut optimaliser l'accès à la ville en permettant les livraisons silencieuses en soirée ou de nuit. C’est autour et à l’intérieur des villes que les déplacements sont les plus nombreux et aussi les plus problématiques. Dès lors, un cadre législatif s'impose à ce sujet.
  3. Le budget mobilité tel qu'élaboré par les partenaires sociaux constitue pour sa part une alternative à la voiture de société à laquelle les travailleurs peuvent prétendre. ll n'y aura pas d'obligation. Il appartiendra donc exclusivement à l'employeur de décider s'il propose un budget mobilité au travailleur. Si celui-ci accepte, il pourra soit remplacer totalement son véhicule de société par des modes et services de transport durables ou opter pour un véhicule moins onéreux et le combiner avec d’autres modes et services de transports durables (tels que le bus, le tram, le métro, ...). Un solde limité non affecté à la mobilité en fin d'année pourra être versé au travailleur.

« Pour 2017, la FEB avait avancé trois priorités en vue de renforcer les fondements de notre économie: une baisse de l'impôt des sociétés, des perspectives dans le dossier énergétique et une approche du problème de la mobilité, conclut Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB. Dans ce dernier dossier, nous observons à ce stade peu de progrès vers une solution durable, alors que les embouteillages ne cessent d’augmenter. L’image de notre pays est en jeu. Il est grand temps de réagir. »

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