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Près de 9 travailleurs sur 10 seraient prêts à se lancer vers les emplois ‘nouvelle génération’

Les emplois dits ‘nouvelle génération’ recouvrent l'intérim, le travail free-lance et sous statut d’indépendant, le travail via les plateformes ou encore le cumul de plusieurs jobs (« slashers »). 87% des travailleurs seraient prêts à considérer ces nouvelles formes d’emploi pour la suite de leur carrière, d’après une enquête menée auprès de 9.500 travailleurs dans 12 pays. La Belgique ne fait malheureusement pas partie des pays sondés, mais les enseignements de l’enquête n’éclairent pas moins une tendance émergente chez nous également.

Allons-nous travailler autrement alors qu’on assiste aujourd’hui à une profonde mutation des modes d’organisation du travail et que de nouvelles formes d’emploi apparaissent sur le marché du travail? Comment répondre aux nouvelles aspirations des travailleurs pour plus d’autonomie et de liberté? Quelle formes de flexibilité s’offrent aux entreprises aujourd’hui pour améliorer leur flexibilité et leur rentabilité? ManpowerGroup a analysé ces tendances et a interrogé plus de 9.500 travailleurs dans 12 pays à travers le monde. Il en ressort que les ‘emplois nouvelle génération ‘NextGen Work’ (intérim, freelance, indépendant, temps partiels, ‘platform worker’, ‘slasher’, etc.) ne sont plus un tabou pour les travailleurs aujourd’hui. Bien au contraire, ces nouvelles manières d’exercer son activité professionnelle sont devenues une option valable pour 87% d’entre eux.

Un phénomène en croissance

Aujourd’hui, à l’ère de l’économie digitale, les entreprises ont modifié leurs modes de production et de gestion sous la poussée des besoins des consommateurs, de la globalisation et des innovations technologiques. Les ressources humaines ont suivi cette tendance et on observe aujourd’hui une multiplication des contrats de travail et des manières d’exercer son activité professionnelle. Ce sont les emplois ‘nouvelle génération’ (‘NextGen Work’). Ils prennent les formes les plus diverses : intérim, contrats à durée déterminée, temps partiels, indépendant, freelance, slasher (multi-salariat ou multi-activités), plaform-workers (via des applications comme Uber ou Deliveroo). Rien qu’en Belgique, le nombre d’intérimaires s’est accru de 16% au cours des cinq dernières années pour atteindre 652.000 travailleurs en 2016. Notre pays n’a jamais connu autant de travailleurs indépendants, 1.057.393 fin 2016, un chiffre qui a gonflé de 2.000 unités par mois. Parallèlement aux entreprises, les travailleurs sont aussi demandeurs de changement. Ils veulent bâtir une carrière qui corresponde à leurs priorités individuelles. Le modèle ‘one-size-fits-all’( la même chose pour tout le monde) a cédé la place au ‘one-size-fits one’ (une carrière à la carte).

Ouverture envers les nouveaux modes de travail

L’enquête révèle que ces nouvelles formes de travail sont plus populaires dans les pays où l’on recense une plus grande proportion de Millennials (18-24 ans) et où la législation sur le marché du travail est moins rigide. C’est le cas de l’Inde (97%) ou du Mexique (97%), des Etats-Unis (94%) ou du Royaume Uni (90%). Cependant, les pays plus réglementés comme la France (81%), l’Allemagne (77%), les Pays-Bas (77%) et le Japon (73%) se montrent moins ouverts, même si les scores restent très favorables. « La Belgique ne faisait pas partie des pays sondés, observe Philippe Lacroix, Managing Director de ManpowerGroup BeLux. Chez nous, le contrat à durée indéterminée reste bien entendu encore la référence sur le marché de travail. Travailler sous ce statut reste l’objectif d’une très grande majorité des demandeurs d’emploi en raison de la stabilité et des avantages qu’il procure. Cependant, face à lui, les nouvelles formes d’emploi ne sont plus un tabou. Faire de l’intérim, travailler comme freelance ou offrir ses services à une plateforme sont devenus des options valables pour un nombre croissant de candidats. On constate que l’employabilité, plus que le statut ou le contrat spécifique, devient la priorité principale dans la gestion de carrières toujours moins linéaires. » Autre fait marquant: ces contrats ont des adeptes parmi toutes les générations. Sans surprise, les Millennials se montrent les enthousiastes (95%) – y voyant une façon de toucher leurs premiers salaires, souvent comme jobistes, mais aussi de s’intégrer sur le marché du travail – tandis que les travailleurs de plus de 50 ans sont loin d’être réticents (80%) – y trouvant un moyen d’organiser leur fin de carrière en y incluant une liberté accrue.

Revenus, employabilité et liberté

Alors que les carrières s’allongent et que les évolutions technologiques mettent les compétences sous pression, les nouvelles formes de contrats rendent les travailleurs davantage acteurs de leur propre carrière. A la question de savoir ce qui les pousseraient à privilégier des formes de travail non traditionnel, ils mettent d’abord en avant l’aspect financier. En effet, à toutes les étapes de la carrière, ces contrats offrent la possibilité d’acquérir un revenu supplémentaire (38%) – que ce soit en exercant un job complémentaire ou en valorisant ses compétences très recherchées en travaillant comme freelance en mode ‘projet’. La possibilité de développer ses compétences et de renforcer son expérience et son employabilité arrive en seconde position (33%). Ce n’est pas étonnant quand sait que les nouvelles d’emploi permettent de changer fréquemment d’environnement et de secteurs. 80% des travailleurs interrogés actifs sous ces statuts ont d’ailleurs affirmé que cette façon de travailler leur permettait d’apprendre en permanence. Enfin, travailler autrement leur permet de satisfaire une aspiration encore plus profonde : le besoin liberté (32%) et la possibilité de profiter d’une plus grande flexibilité pour bâtir une meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. Face à cette tendance, les employeurs ont également dû aménager les modalités de l’exercice du contrat à durée indéterminée, en offrant davantage de liberté aux salariés via le télétravail, les horaires flexibles ou un style de management privilégiant l’autonomie.

Vers une ubérisation et une dérégulation du marché du travail?

Au cœur de cette ‘gig economy’, on assiste partout dans le monde à une floraison de nouvelles plateformes – Uber, Deliveroo, Lyft, Upwork et bien d’autres – qui transforment en profondeur la façon dont les gens travaillent. En Belgique et dans nos régions aussi. Mais deviendront-elles la norme pour l’emploi de demain ? Selon ManpowerGroup, le développement des nouvelles formes de travail constitue un momentum à ne pas manquer. Philippe Lacroix, Managing Director de ManpowerGroup explique: « Il est illusoire de penser pouvoir arrêter ou freiner ce mouvement et ces tendances que nous observons. Le défi consiste à réconcilier la flexibilité des nouveaux modèles de travail avec la sécurité et la protection du travail traditionnel. C’est une responsabilité de tous les acteurs sur le marché du travail: entreprises, travailleurs et politiques. »

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